Sans information, pas de réconciliation

La semaine de la justice transitionnelle

©AFP PHOTO / ABD DOUMANYUn homme blessé à Douma
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Semaine plutôt calme pour la justice dans les pays en transition. Néanmoins, la justice britannique a ordonné la fin de la procédure menée à l’encontre du chef des services secrets rwandais Emmanuel Karenzi Karake, arrêté à Londres à la demande de l'Espagne. Les "accusations spécifiées dans le mandat d'arrêt" n'entraient pas dans le cadre des infractions couvertes par la procédure d'extradition britannique. Preuve que la compétence universelle souvent défendue par les croisés de la justice transitionnelle a ses limites.

L’arrestation de Karake sur la base d’un mandat datant de 2008 et l’accusant de “crimes de guerre” avait surpris. Karaké était venu plusieurs fois en Grande-Bretagne depuis cette date et les bases du mandat espagnol semblaient faibles selon les experts interrogés par Justiceinfo comme Phil Clark. Londres et les Etats-Unis voulaient-ils donner un signal à son patron Kagamé et le dissuader de briguer un troisième mandat, comme l’expliquait un autre expert interrogé par JI, Stephen Smith ?

En tout cas, Kagamé n’a pas été découragé et le Parlement rwandais quelques jours plus tard votait une loi afin de modifier la constitution rwandaise et de permettre au chef de l’Etat de se représenter. Selon une large enquête menée par le pouvoir, seuls dix Rwandais s’opposeraient dans tout le pays à cette volonté de Paul Kagamé qui comme tant d’autres chefs d’Etat africains ne sait pas quitter le pouvoir et s’accroche à son siège. On a vu les méfaits de ce mandat de trop avec le Burkinabé Blaise Compaoré, Kabila parait engagé dans le même processus réprimant la presse et la société civile. Et, l’on voit la dangereuse détérioration de la situation au Burundi que même la très pusillanime Union Africaine a dénoncé ce week end.

L’Afrique n’est pas la seule victime de ces violences. Toujours cette semaine, Amnesty international a accusé le gouvernement syrien de commettre des "crimes de guerre" contre les habitants de la Ghouta orientale, principal fief des rebelles dans la province de Damas assiégé et régulièrement pilonné par les forces du régime. Dimanche, des bombardements du régime ont encore fait des dizaines de morts, le jour même où le patron des affaires humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, effectuait sa première visite dans ce pays. Preuve du mépris du régime pour l’ONU et la communauté internationale qui, il est vrai, ont laissé depuis 3 ans le régime de Damas commettre les pires atrocités. Lundi matin, l'ONU s'est dit "horrifiée".

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