Sans information, pas de réconciliation

Les crimes imputés au régime syrien

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Le régime de Bachar al-Assad, contre lequel une enquête pénale pour "crimes contre l'humanité" a été ouverte en France, a été accusé à de nombreuses reprises d'atteintes aux droits de l'Homme depuis le début du conflit en 2011 en Syrie.

 

RÉPRESSION DE MANIFESTATIONS PACIFIQUES



- 6 mars 2011: A Deraa (sud), une quinzaine d'adolescents sont arrêtés et torturés pour avoir peint des graffitis antirégime, en plein Printemps arabe. C'est le signal de la révolte.

- 22 avr: Une centaine de morts après la dispersion à balles réelles de manifestations massives dans plusieurs villes, dont Damas.

- 31 juil: Lors d'une intervention dans les villes rebelles du pays, les forces de sécurité tuent 139 personnes, dont 100 à Hama (centre), théâtre d'immenses manifestations et que le pouvoir tente depuis plusieurs semaines de soumettre.

 

MASSACRES ATTRIBUES AU RÉGIME

- 4 févr 2012: Plus de 230 civils tués en une nuit à Homs (centre) dans des bombardements de l'armée.

- 25 mai: Au moins 108 morts à Houla (centre). Une Commission d'enquête de l'ONU affirme que les forces pro-Assad sont responsables de nombreux morts.

- 20-26 août: Opération militaire d'envergure contre Daraya, plus de 500 corps découverts dans cette banlieue rebelle de Damas.

- 20 sept: Des dizaines de morts lors d'une frappe de l'armée de l'air contre une station-service de la province de Raqa (nord). Le 23 décembre, plus de 60 civils sont tués par un raid devant une boulangerie près de Hama. Selon Human Rights Watch, les attaques contre les files d'attente à l'entrée des boulangeries ont tué des dizaines de civils.

Dès le mois d'août, les armes lourdes, dont les avions bombardiers de l'armée, sont massivement entrées en action.

- 15 jan 2013: Carnage à l'université d'Alep (nord), plus de 87 morts, en majorité des étudiants. Rebelles et régime s'en rejettent la responsabilité.

- 2-4 mai: Au moins 200 morts dans des massacres imputés aux forces du régime à Bayda et Banias, des villages majoritairement sunnites situé dans le pays alaouite (nord-ouest), bastion du régime.

 

ARMES CHIMIQUES ET BARILS D'EXPLOSIFS

- 21 août 2013: Au moins 1.429 morts, dont 426 enfants, selon le renseignement américain, dans une attaque chimique près de Damas imputée au régime par l'opposition et les pays occidentaux. Paris parle de "crime contre l'humanité".

- En avril 2015, HRW accuse le régime d'avoir utilisé à six reprises lors du mois précédent des barils remplis de chlore comme arme chimique contre des zones rebelles dans le nord-ouest du pays. Damas dément.

- 4 mai: Amnesty International accuse les forces du régime de commettre des "crimes contre l'humanité" en bombardant de manière aveugle la ville d'Alep et évoque également les "crimes de guerre" perpétrés par les rebelles.

Le rapport critique surtout le recours par le régime aux barils d'explosifs, une arme dénoncée par les organisations de protection des droits de l'Homme comme particulièrement destructrice et qui tue de manière aveugle.

Commencé en novembre 2012, le largage de barils d'explosifs par les hélicoptères du régime a fait des milliers de morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui tire ses informations d'un réseau de militants et de médecins à travers le pays. Damas a toujours nié l'usage de telles armes.

Dès février 2012, le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme avait affirmé disposer d'une liste confidentielle de hauts responsables politiques et militaires soupçonnés d'être impliqués dans des "crimes contre l'humanité".

 

ACCUSATIONS DE TORTURE



- 13 mars 2015: Près de 13.000 Syriens, dont près de 110 mineurs, sont morts sous la torture dans les prisons du régime, indique l'OSDH. D'après l'ONG, ce chiffre n'inclut pas les quelque 20.000 personnes portées disparues dans les geôles du régime.

- 22 juin: Les femmes sont de plus en plus utilisées comme "arme de guerre et de terreur" par le régime, affirme une coalition d'ONG, dénonçant les tortures et les harcèlements dont elles sont victimes dans les prisons gouvernementales.

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