Sans information, pas de réconciliation

Holocauste : la résilience, thème d’une exposition picturale à Genève

©Vony RambolamananaPhoto d'une des pièces de l'exposition "Les rescapés de la Shoah: courage, volonté, vie " par le peintre français Alain Husson-Dumoutier
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« Les rescapés de la Shoah : courage, volonté, vie», c’est le thème de l’exposition que le peintre français  Alain Husson-Dumoutier, Artiste  de l’Unesco pour la paix, tient au Palais des Nations à Genève du 2 au 28 septembre prochain.

Les Artistes de l'Unesco pour la paix sont des personnalités internationales qui donnent une résonance particulière aux messages et aux programmes de l'Organisation. Il s’agit d’hommes et de femmes particulièrement soucieux du respect des valeurs promues par l’Unesco. Leur mission est de  sensibiliser le public aux actions de cette agence du système des Nations unies.

La mémoire de l’Holocauste est centrale pour l’Unesco qui considère que son enseignement est une dimension essentielle de la construction de la paix.  A travers l’art, c’est donc le devoir de mémoire qui s’exprime, contribuant ainsi à prévenir la répétition d’atrocités quel qu’en soit le lieu. Ainsi, à travers diverses expositions, l’Unesco s’efforce d’informer les plus jeunes sur le rôle destructeur de la propagande, l’objectif étant de prévenir les actes de génocide.

Le vernissage de l’exposition en cours a été l’occasion de découvrir trente-cinq peintures qui constituent l’aboutissement de sept années d’enquête et de travail pictural de l’auteur. Pour mener son enquête, l’artiste français a surtout recueilli les témoignages de survivants de l’Holocauste et effectué un voyage à Auschwitz.

Sociologue de formation, il posait des questions simples, claires et brèves : Quand vous êtes-vous senti libre ? Etes-vous croyant ?

« Il a fallu gagner leur confiance, et puis aussi apprendre et comprendre davantage la culture juive », témoigne-t-il. Une proximité s’est ainsi créée entre l’artiste et les personnes rencontrées. Certaines ont d’ailleurs fait le déplacement à Genève lors de l’inauguration de l’exposition. Lors de ses  échanges avec les rescapés, Alain Husson-Dumoutier a senti chez eux une volonté commune de survivre, de réussir leur vie d’après, puis de partager leur expérience. Mais la  portée de l’exposition va au-delà de la résilience de ses survivants. L’artiste s’est senti obligé, non seulement d’immortaliser cette volonté de survivre, mais aussi de transmettre un message aux générations futures. « C’est toute l’essence de l’art ; quand une œuvre est finie, elle n’appartient plus à l’artiste, elle joue un rôle de transmission des valeurs. Voilà pourquoi l’art est souvent l’une des cibles lors d’un conflit armé », explique le peintre.

Perpétuer la mémoire pour le bien de l’Humanité

Cette démarche artistique qui consiste à donner la parole aux survivants est ainsi complémentaire de la justice internationale qui, de plus en plus, place la victime au centre de son travail. Pour les victimes de la Shoah qu’il n’était pas question d’entendre au procès de Nuremberg, l’art peut donc combler un vide immense, en perpétuant la mémoire pour le bien de l’Humanité, aujourd’hui et demain.

Né en Provence, Alain Husson-Dumoutier, qui est aussi sculpteur, est un artiste international, présent dans de nombreux musées et de grandes collections dans le monde. Selon le site de l’Unesco, son talent s’exprime à l’écart des modes et des écoles, tout en étant résolument novateur et intéressé par les grands thèmes de l’humanité.

Grand voyageur –pour ne pas dire bourlingueur, il est également empreint de paysages, de lumières et de présences, que les êtres, les villes et les temples lui ont inspirés.

Epris de poésie, il ressent et exprime l’intimité de ses poètes préférés, tels Rimbaud, Schiller, Goethe, Lorca et Pablo Neruda.

Le partenariat d’ Alain Husson-Dumoutier avec l’Unesco remonte à 1996, lorsqu’il réalise deux sculptures-trophées à la demande de l’organisation, dont l’une fait partie de la collection permanente de cette agence onusienne, l’autre étant destinée à servir de trophée au Prix Madanjeet Singh pour la Tolérance et la Non-Violence.

Nommé Artiste pour la paix par en 1999, à la suite d’une riche collaboration avec l’Unesco, alors sous la direction générale de Federico Mayor, il poursuit son travail pour le compte de l’agence onusienne.

Son ascension est telle que c’est lui qui, en 2006, portera le drapeau de la peinture française à Sarajevo, à l’occasion du 10ème anniversaire des accords de Dayton. Sociologue de formation, il présente l’année suivante une grande exposition intitulée « l’Egypte et les Trois Livres Sacrés », s’inspirant de ses recherches sur les religions.

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