Sans information, pas de réconciliation

Colombie: le gouvernement nie tout plan d'assassinat des chefs des Farc

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Le gouvernement colombien a nié mardi l'existence d'un plan d'une organisation criminelle visant à assassiner les chefs des Farc, en voie de réintégration à la vie civile, comme l'ont dénoncé des responsables de cette guérilla. 

"Il n'y a pas de plan pour assassiner des dirigeants des Farc", a déclaré à la presse le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas, depuis Ibagué (centre), en affirmant que l'Etat garantissait la sécurité des chefs des Farc et allait les "doter" des "meilleurs mécanismes" pour les protéger.

Le conseiller juridique des Farc, Enrique Santiago, avait déclaré un peu plus tôt qu'une organisation criminelle offrait un million de dollars de récompense pour l'assassinat de chacun des leaders de la plus importante guérilla de Colombie, qui a signé la paix en novembre après plus d'un demi-siècle de conflit armé.

"Nous avons connaissance d'une organisation criminelle (...) qui a offert jusqu'à un million de dollars pour chaque personne (...) du secrétariat des Farc assassinée", a affirmé l'avocat espagnol à Radio Caracol, en ajoutant que "sept ex-membres des Farc ont été assassinés et jusqu'à 16 autres personnes, incluant des membres de leurs familles".

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) craignent d'être victimes d'une extermination comme dans les années 1980-90 lorsqu'environ 3.000 militants de l'Union patriotique (UP, gauche) ont été assassinés par des paramilitaires avec la complicité des forces de l'ordre, après un précédent processus de paix avorté.

"Il est évident que cela vient de personnes qui ont les moyens économiques d'offrir non pas un million de dollars, mais neuf puisque les membres du secrétariat sont neuf", a estimé le conseiller juridique des Farc, précisant que les menaces et les assassinats avaient commencé début avril.

Enrique Santiago a en outre dénoncé le manque de mesures de sécurité de la part des autorités pour protéger les guérilleros qui ont terminé fin juin de déposer leurs armes, sous le contrôle de l'ONU. "Je n'ai pas connaissance que des mesures aient été prises pour au moins prévenir ces crimes", a-t-il déclaré.

Depuis le retrait des Farc de leurs anciens fiefs et leur regroupement dans 26 zones de désarmement, les gangs criminels colombiens, appelés officiellement Groupes armés organisés (GAO), se sont déployés dans 74 municipalités, selon la fondation Paix et Réconciliation, ONG spécialisée dans la recherche sur le conflit armé.

L'accord de paix signé entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les Farc prévoit entre autre la reconversion de la guérilla en un parti politique qui doit être publiquement lancé le 1er septembre.

Le conflit armé colombien a impliqué une trentaine de guérillas, des paramilitaires d'extrême droite, officiellement démobilisés en 2006, et les forces de l'ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés

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