Sans information, pas de réconciliation


Les Estoniens rendent hommage aux victimes des déportations soviétiques

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Des milliers d'Estoniens ont allumé des bougies lundi, à la mémoire des victimes des déportations soviétiques de masse vers la Sibérie, en 1949 et où beaucoup périrent.

Joseph Staline avait ordonné de déporter ce qu'il appelait les "ennemis du peuple" des trois pays baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, après les avoir occupés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lancées le 25 mars 1949, ces déportations ont frappé environ 95.000 Baltes, dont quelque 32.000 Lituaniens, 42.000 Lettons et 21.000 Estoniens, envoyés dans des "goulags" ou camps de travail soviétiques en Sibérie.

Une bonne part étaient des femmes et des enfants.

La présidente estonienne, Kersti Kaljulaid, a rendu hommage à ceux qui ont péri dans l'extrême est de la Russie.

"Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons lutter contre le retour de la pensée totalitaire et de cette cruauté totale, et défendre ainsi le monde libre et la société où personne n'à rien à craindre", a-t-elle déclaré.

Les déportés qui ont survécu ont été autorisés à rentrer chez eux seulement entre 1958 et 1965.

La Cour européenne des droits de l'Homme a reconnu ces déportations comme un crime contre l'humanité.

"Je suis là parce que mes ancêtres ont été déportés: ils ont été emmenés en Sibérie et y sont morts", a déclaré à l'AFP Katlin, 35 ans, lors des cérémonies organisées le soir sur la place de la Liberté à Tallinn.

Les soeurs Elle et Malle Viitamees étaient toutes deux enfants lorsqu'elles ont été déportées avec leur famille à Novosibirsk.

"Je ne savais même pas que quelque chose n'allait pas. Le fait que nous n'avions rien à manger ou à boire était quelque chose de normal - personne n'avait rien", a déclaré à l'AFP Elle, 72 ans aujourd'hui, en posant sa bougie allumée sur la place.

La famille d'Elle et Malle a pu rentrer en Estonie en 1958.

Des milliers de personnes se sont rassemblées aussi dans des villes et villages de Lettonie pour honorer leurs déportés.

"En cette journée, nous réunissons les survivants des déportations avec les enfants d'aujourd'hui pour qu'ils puissent entendre de première main ces histoires horribles de la survie au Goulag", a déclaré à l'AFP Andrejs Ancans, un activiste impliqué dans l'organisation de cérémonies commémoratives à Riga.

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