Sans information, pas de réconciliation

Venezuela : Amnesty appelle la CPI à enquêter sur des "crimes contre l'humanité"

1 min 42Temps de lecture approximatif

Amnesty International a appelé mardi la Cour pénale internationale (CPI) à enquêter sur des "crimes contre l'humanité" qui pourraient avoir été commis au Venezuela en janvier 2019 lors des manifestations anti-gouvernementales après la proclamation de l'opposant Juan Guaido comme président par intérim.

L'ONG de défense des droits humains dénonce des "exécutions extrajudiciaires sélectives, des détentions arbitraires ainsi que des décès et des blessures causées par l'usage excessif de la force par le gouvernement de Nicolas Maduro de manière systématique et généralisée", dans un rapport présenté mardi à Mexico.

"Comme nous le dénonçons depuis des années, il existe au Venezuela une politique systématique de répression contre les opposants ou ceux qui sont perçus comme tels simplement pour avoir manifesté, ce pourquoi le gouvernement de Nicolas Maduro devra rendre des comptes devant la justice internationale", selon Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques d'Amnesty International (AI), citée dans un communiqué.

Au Venezuela, le président socialiste Nicolas Maduro et le député de centre droit Juan Guaido sont engagés dans un bras de fer depuis trois mois et demi. Le 23 janvier, M. Guaido, à la tête du Parlement, s'est déclaré président par intérim. Il a été reconnu depuis par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis.

"Les crimes de droit international et violations des droits humains commis en janvier ont eu lieu de manière systématique à travers presque tout le pays, avec un niveau élevé d'articulation entre les forces de sécurité au niveau national et des Etats" vénézuéliens, souligne Amnesty, qui a enquêté au Venezuela en février en interviewant des "dizaines de victimes".

L'ONG basée à Londres affirme qu'au moins 47 personnes ont été tuées durant les manifestations à travers le pays entre le 21 et le 25 janvier, toutes par armes à feu. Sur ce total, au moins 33 personnes ont été abattues par les forces de l'ordre et six l'ont été par des partisans du gouvernement.

Onze de ces décès sont des exécutions extrajudiciaires, assure Amnesty, qui dit avoir "documenté en profondeur" six de ces cas dans son rapport.

Plus de 900 personnes, y compris des enfants, ont été détenues de manière arbitraire durant la même période, selon l'ONG, qui appelle le Conseil des droits de l'homme de l'ONU et la CPI à enquêter.

A la crise politique que traverse le Venezuela s'ajoute la pire crise économique de l'histoire récente du pays. L'inflation devrait atteindre 10.000.000% cette année, selon le Fonds monétaire international, et les pénuries se multiplient, tout comme les coupures de courant.

Partager
Abonnez-vous à la newsletter