Sans information, pas de réconciliation

Les victimes d'un ex-officier de la dictature argentine réclament qu'il soit jugé en Italie

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Les avocats de quatre victimes d'un ex-officier argentin accusé dans son pays de crimes contre l'humanité pendant la dictature réclament qu'il soit jugé en Italie où des journalistes ont retrouvé sa trace cette semaine en Sicile.

L'ancien lieutenant-colonel Carlos Luis Malatto a fui son pays il y a dix ans pour échapper aux poursuites dans onze affaires d'enlèvement, de torture et de disparition, la plupart commises dans la province de San Juan, petite ville du nord-ouest de l'Argentine.

En Italie, pays où il vit depuis plusieurs années et dont il a aussi la nationalité, Carlos Luis Malatto est visé par une enquête pour quatre meurtres commis en argentine, dont celui de l'ancien mannequin franco-argentine Marie-Anne Erize.

Marie-Anne Erize avait été enlevée le 24 octobre 1976, à l'âge de 24 ans, par des militaires en civil à San Juan et n'avait jamais été retrouvée. Elle fait partie de la vingtaine de Français disparus ou emprisonnés par la dictature militaire.

"Comme l'Italie n'a pas accordé l'extradition de Carlos Luis Malatto, nous demandons qu'il soit jugé à Rome, comme cela s'est passé pour les soldats sud-américains condamnés en 2017 par la justice italienne pour leur participation au Plan Condor", a déclaré vendredi à l'AFP Arturo Salerni, avocat des familles des victimes.

Le Plan Condor est une opération des dictatures sud-américaines des années 1970 (dont l'Argentine, le Chili, l'Uruguay ou le Paraguay) pour éliminer des opposants dans les pays voisins.

"Ce qui se passe est indigne", a déploré Me Salerni après avoir découvert que l'ancien militaire, qui a résidé dans plusieurs endroits de la péninsule, a été retrouvé cette semaine par des journalistes du quotidien La Repubblica près de Messine (Sicile) où il vit dans une luxueuse résidence.

La justice italienne avait refusé son extradition vers l'Argentine en 2014 parce qu'elle avait été réclamée pour torture, un crime qui n'existait pas en droit italien à l'époque, a expliqué Me Salerni, avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme.

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