Sans information, pas de réconciliation

Le Chili interdira l'entrée sur son territoire à une centaine de Vénézuéliens liés à Maduro

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Le chef de l'Etat chilien Sebastian Pinera a annoncé vendredi que son pays allait interdire l'entrée sur son territoire à une centaine de Vénézuéliens liés à la "dictature" du président Nicolas Maduro, au lendemain de la publication d'un rapport de l'ONU sur les droits de l'homme au Venezuela.

"Nous allons interdire l'entrée au Chili à plus de cent personnes directement liées à la dictature au Venezuela. Ce sont des personnes qui font partie du gouvernement vénézuélien", a déclaré M. Pinera lors d'une conférence de presse.

Cette déclaration intervient au lendemain de la présentation à Genève par la Haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme, l'ex-présidente chilienne Michelle Bachelet, d'un rapport critique sur la situation des droits humains au Venezuela.

"Il s'agit d'un rapport nécessaire et utile pour aller de l'avant face aux problèmes graves et tragiques que connaît le Venezuela", a déclaré M. Pinera.

Le président chilien a annoncé qu'il demanderait à Mme Bachelet de présenter "les preuves qui étayent le rapport devant la Cour pénale internationale" (CPI) et d'appeler le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à "être vigilant sur la question des droits humains au Venezuela".

Dans son rapport, Michelle Bachelet, qui s'est rendue au Venezuela du 19 au 21 juin, fait état d'un nombre "extrêmement élevé" d'exécutions extrajudiciaires présumées au Venezuela et déplore qu'au cours des dix dernières années le gouvernement de Nicolas Maduro ait mis en oeuvre une stratégie "visant à neutraliser, réprimer et incriminer les opposants politiques et les personnes critiquant le gouvernement".

Le gouvernement vénézuélien a dénoncé d'"innombrables imprécisions" et "erreurs" dans le rapport onusien.

Le président conservateur chilien est un féroce critique du gouvernement de Nicolas Maduro qu'il qualifie régulièrement de "dictature". Comme une cinquantaine d'autres pays, le Chili a reconnu l'opposant Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela et a appelé le dirigeant socialiste à organiser de nouvelles élections dans les plus brefs délais.

En Amérique latine, le Chili est le troisième pays, derrière la Colombie et le Pérou, à avoir accueilli le plus grand nombre de réfugiés vénézuéliens ces dernières années, soit 400.000 personnes. Les Vénézuéliens représentent 30% des migrants présents au Chili.

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