Sans information, pas de réconciliation

Gambie: liberté sous caution refusée à un ex-ministre de Jammeh

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La justice gambienne a rejeté lundi la demande de libération sous caution d'un ministre de l'ex-président Yahya Jammeh, Yankuba Touray, soupçonné d'implication dans l'assassinat d'un ministre et celui de soldats lors d'une tentative de coup d'Etat dans les années 1990.

La Haute Cour de justice de Gambie a rejeté lors d'une audience la demande de M. Touray, membre de la junte de M. Jammeh lors de son accession au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest.

Elle a justifié sa décision par le fait que l'accusé encourait la prison à perpétuité ou la peine de mort et renvoyé le procès au 14 octobre, après les vacances judiciaires, contrairement aux demandes de la défense, qui en souhaitait la poursuite.

M. Touray est soupçonné d'implication dans l'assassinat du ministre des Finances en juin 1995 et celui de soldats lors d'une tentative de coup d'Etat manquée en novembre 1994.

Il avait été arrêté le 26 juin lors de son audition par la Commission vérité et réconciliation (TRRC) pour avoir refusé de répondre aux questions de la TRRC qui l'interrogeait sur son implication présumée dans ces crimes.

Il avait de nouveau le 8 juillet invoqué son "immunité constitutionnelle" pour refuser de répondre aux juges de la Haute Cour.

Le ministre de la Justice, Abubacarr Tambadou, qui a contesté l'immunité dont se prévaut M. Touray, avait réclamé la semaine dernière le renvoi du procès au mois d'octobre.

Yahya Jammeh s'était fait élire une première fois en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow.

Après six semaines d'une crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement dû quitter le pays le 21 janvier 2017 à la suite de l'intervention militaire d'une force régionale majoritairement composée de troupes du Sénégal voisin et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

Instituée par une loi en décembre 2017 et composée de 11 membres, la TRRC, qui enquête sur les crimes présumés commis pendant les 22 ans du régime de M. Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a débuté ses auditions en janvier 2019.

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