Sans information, pas de réconciliation

Syrie: l'ONU dénonce "l'indifférence" face aux frappes aériennes

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La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé vendredi "l'indifférence" de la communauté internationale face au nombre croissant de civils tués par des frappes aériennes dans le nord-ouest de la Syrie.

En près de trois mois, plus de 730 civils, dont plus de 180 enfants, ont été tués dans les bombardements du régime ou de son allié russe dans la province d'Idleb, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Michelle Bachelet a affirmé que les récentes frappes avaient visé des établissements de santé, des écoles et d'autres infrastructures civiles telles que des marchés et des boulangeries.

"Ce sont des objectifs civils et il semble très peu probable, vu la fréquence et l'acharnement de ces attaques, qu'ils soient tous touchés par accident", a-t-elle relevé, en rappelant que "les attaques intentionnelles contre les civils constituent des crimes de guerre et ceux qui les ont ordonnées ou perpétrées sont pénalement responsables de leurs actes".

La Haut-Commissaire a regretté que le conflit syrien, qui a fait plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes, "n'attire plus l'attention de la communauté internationale".

"À présent, les frappes aériennes tuent et mutilent un nombre considérable de civils plusieurs fois par semaine, ce qui semble valoir un simple haussement d'épaules général", a souligné Mme Bachelet.

Selon elle, le Conseil de sécurité de l'ONU est "paralysé par l'incapacité persistante de ses cinq membres permanents à s'entendre afin d'utiliser leur pouvoir et leur influence pour cesser une fois pour toutes les combats et les tueries".

L'ONU a annoncé vendredi que plus de 400.000 personnes avaient été déplacées au cours des trois derniers mois en raison des violences dans le nord-ouest de la Syrie, où les jihadistes continuent à résister au pouvoir central de Damas.

Soutenu par l'aviation russe, le régime syrien pilonne quasi-quotidiennement depuis fin avril la province d'Idleb, ainsi que les zones adjacentes dans les provinces limitrophes d'Alep, de Hama et de Lattaquié.

Ces violences interviennent malgré un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie, marraine de certains groupes rebelles, visant à éviter à Idleb une offensive d'envergure des forces prorégime.

"Les acteurs influents, y compris ceux qui ont accepté de réduire les hostilités dans le cadre de l'accord de désescalade, doivent utiliser d'urgence leur influence pour arrêter la campagne militaire actuelle et rappeler les parties au conflit à la table des négociations", a demandé la Haut-Commissaire.

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