Sans information, pas de réconciliation

Côte d'Ivoire: le FPI revient sur sa participation à la nouvelle commission électorale

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Le Front populaire ivoirien (FPI, opposition), qui avait refusé de siéger au sein de la nouvelle Commission électorale en Côte d'Ivoire, va revenir sur sa position, après avoir obtenu un accord avec le gouvernement, a annoncé lundi son responsable.

Il y a une semaine, Pascal Affi N'Guessan, président d'une tendance du FPI, avait refusé de désigner un représentant à la Commission électorale indépendante (CEI), censée organiser la présidentielle de 2020, jugeant qu'elle n'offrait pas "de garantie d'impartialité".

"Nous ne sommes pas loin de trouver un accord et de désigner un représentant", a dit à l'AFP M. Affi N'Guessan, à l'issue des négociations avec le gouvernement.

Le prochain président de la CEI "ne sera pas issu d'un parti politique (comme l'actuel, NDLR). La révision de la liste électorale, le découpage et le mode de scrutin seront débattus", a souligné M. Affi qui dirige le camp du FPI opposé aux membres restés fidèles à l'ancien président Laurent Gbagbo, fondateur du parti récemment acquitté par la Cour pénale internationale (CPI).

Les candidats retenus pourront également bénéficier d'un milliard de francs CFA (1,52 million d'euros) de financements pour faire campagne, avec un seuil de remboursement qui va baisser de 10 à 5% des voix", selon la tendance d'Affi N'Guessan, actuellement la seule reconnue par les autorités pour représenter le FPI à la CEI.

Aux termes de la loi adoptée le 30 juillet, la CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.

La société civile et l'opposition militent pour une "CEI équilibrée" comprenant 15 représentants: cinq pour l'opposition, cinq la mouvance présidentielle et cinq pour la société civile.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), principal mouvement d'opposition et un parti de la société civile, avaient annoncé la semaine dernière leur refus de siéger à la CEI.

La Cour africaine des droits de l'Homme avait rendu en 2016 un arrêt jugeant l'ancienne CEI déséquilibrée et demandant au gouvernement de changer sa composition.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne, qui s'était soldée par plus de 3.000 morts après le refus du président Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef d'Etat, Alassane Ouattara.

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