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RDC: reprise des combats au Sud-Kivu, un avocat belge assiste des victimes rwandophones

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Des combats ont repris vendredi au Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, où un avocat belge a indiqué qu'il allait défendre les victimes de l'une des communautés au coeur du conflit, des éleveurs tutsi congolais rwandophones.

L'armée congolaise est intervenue après des mouvements de groupes armés, ont indiqué des sources locales dans le territoire de Fizi, sur les hauts plateaux du lac Tanganyika, face au Burundi et non loin du Rwanda.

Dans le détail, des rebelles (les "Maï maï") ont attaqué une position d'un groupe armé de la communauté banyamulenge, terme qui désigne des éleveurs tutsi congolais aux origines rwandaises parfois très lointaines.

"Ces affrontements se sont poursuivis dans des villages de la communauté banyamulenge où des maisons ont été incendiées et des vaches pillées", a indiqué à un correspondant de l'AFP le bourgmestre (maire) de Minembwe, Gadi Mukiza.

Le maire de Minembwe parle aussi d'un "déplacement massif de la population" des villages attaqués.

Minembwe est l'épicentre de ce conflit qui dure depuis mai-juin.

"La situation a été maîtrisée en début d'après-midi grâce à l'intervention de l'armée congolaise", a ajouté le maire.

En début de semaine, un colonel a déserté les rangs de l'armée régulière dans la province voisine du Nord-Kivu pour prendre la tête d'un groupe armé de Banyamulenge, ont rapporté des sources congolaises.

Intégré en 2011 dans l'armée congolaise, le colonel Michel Rukundo Makanika dirigeait avant cette date une "rébellion" banyamulenge, affirme sur Twitter le Groupe d'étude sur le Congo (GEC).

L'avocat belge Bernard Maingain a indiqué à l'AFP avoir constitué une équipe d'avocats pour réunir des preuves des exactions commises contre les Banyamulenge: "assassinats, destructions de biens et de cheptel, incendies".

"On doit déjà avoir 70 à 80 mandats de victimes", selon l'avocat qui souhaite se rendre sur place pour recueillir des témoignages.

Me Maingain affirme avoir l'intention de saisir la justice congolaise plutôt que la Cour pénale internationale (CPI).

"Ma démarche n'est pas politique. Je ne ferai que du droit et rien que du droit", ajoute-t-il sur ce conflit qui réveille chez de nombreux Congolais la peur de la "balkanisation" de l'est de la RDC et d'une intervention du Rwanda au Kivu.

L'avocat belge, connaisseur de la région et du Burundi, a constitué son équipe avec l'un de ses collègues au barreau de New York, Jean-Paul Shaka.

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