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Guinée: de la présidentielle à l'annonce de la victoire d'Alpha Condé

2 min 49Temps de lecture approximatif

De l'élection présidentielle controversée du 18 octobre à l'annonce samedi par la commission électorale de la victoire du président sortant Alpha Condé, rappel des principaux développements en Guinée.

- Calme, mais inquiétude -

Le 18 octobre, les Guinéens votent pour choisir leur président, dans le calme mais aussi l'inquiétude, après des mois de contestation meurtrière contre un éventuel 3e mandat d'Alpha Condé.

Les favoris sont le chef de l'Etat sortant, 82 ans, et le leader d'opposition Cellou Dalein Diallo, 68 ans.

Avant même le début de la comptabilisation, l'opposition dénonce des bourrages d'urnes et des obstructions faites à la présence de ses représentants dans des bureaux de vote.

Le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana évoque de "petits incidents ici et là", rien de "majeur".

- Diallo proclame sa victoire -

Dès le lendemain, Cellou Dalein Diallo revendique sa victoire, sans attendre les résultats officiels.

"J'invite tous mes compatriotes épris de paix et de justice à rester vigilants et mobilisés pour défendre cette victoire de la démocratie", affirme M. Diallo, candidat pour la troisième fois, suscitant des scènes de liesse.

Cette proclamation est "nulle et de nul effet", déclare le vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Le parti du président sortant, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), condamne "la déclaration irresponsable et dangereuse" de M. Diallo, demandant à ses militants de rester "calmes, sereins et mobilisés".

- Fraude "à grande échelle", selon l'opposition -

Le 20, le principal parti d'opposition, l'UFDG de M. Diallo, dénonce une "fraude à grande échelle" afin de le priver de la victoire.

Les grandes organisations africaines jugent de leur côté que l'élection s'est déroulée de manière régulière, selon les chefs des missions d'observation de l'Union africaine et de la Cédéao.

- Heurts meurtriers -

Le 21, des heurts opposent des partisans de M. Diallo et les forces de l'ordre à Conakry: barricades enflammées, jets de pierres, riposte des forces de l'ordre à coups de frondes et de gaz lacrymogène...

Les violences post-électorales ont fait neuf morts, selon un bilan officiel.

Dans une vidéo, M. Diallo affirme avoir remporté 53% des suffrages. Il se dit séquestré à son domicile par un fort déploiement policier.

Le siège de l'UFDG est placé "sous scellés" en vertu d'une procédure judiciaire ouverte parce que "des messages contraires à l'ordre public et à l'unité nationale ont été diffusés", selon le ministre de la Sécurité. M. Diallo dénonce le saccage de ses bureaux.

- "Pays en guerre" -

Le 22, la banlieue de Conakry et plusieurs villes de province sont de nouveau le théâtre de tirs et de heurts entre partisans de l'opposition et forces guinéennes.

Les jeunes dressent des barricades, renversent des poubelles, allument des feux et harcèlent à coups de pierres policiers et gendarmes qui ripostent à l'aide de moyens anti-émeute, voire de frondes, et très souvent à balles réelles selon de nombreux témoignages.

Dans la soirée, la télévision nationale annonce que les autorités ont réquisitionné l'armée.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, met en garde les acteurs politiques guinéens.

"Je tiens à rappeler que quiconque commet, ordonne, incite, encourage et contribue" à des crimes tels que définis par les statuts de la CPI, "peut être poursuivi par les tribunaux guinéens ou par la CPI", ajoute-t-elle.

- Alpha Condé déclaré vainqueur -

Le 24, le président de la commission électorale annonce qu'Alpha Condé a gagné la présidentielle avec 59,49% des voix, selon des résultats encore provisoires.

Son principal challenger, Cellou Dalein Diallo a obtenu 33,5% des suffrages, selon la commission.

"Nous allons protester contre ce hold-up électoral par la rue", déclare l'opposant. "Nous avons toujours l'intention de renvoyer cette affaire devant la Cour constitutionnelle, sans avoir trop d'attentes", ajoute-t-il.

Dès l'annonce des résultats, des affrontements éclatent entre forces de l'ordre, qui font usage de gaz lacrymognènes, et manifestants.

L'UFDG affirme que "le bilan provisoire de ces exactions inouïes est (...) de 27 morts et près de 200 blessés par balles", tandis qu'un bilan officiel a fait état de dix morts.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelle à une "solution pacifique" par le "dialogue" de la crise post-électorale demandant à MM. Condé et Diallo d'empêcher "la violence".

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