Sans information, pas de réconciliation

29.09.14 - TPIR/KAREMERA - LA PERPÉTUITÉ CONFIRMÉE POUR LES CHEFS DE L’ANCIEN PARTI PRÉSIDENTIEL RWANDAIS

Arusha, 29 septembre 2014 (FH)– Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a confirmé lundi en appel la peine d’emprisonnement à vie contre les deux plus hauts responsables de l’ancien parti présidentiel rwandais pendant le génocide des Tutsis de 1994, a constaté l’Agence Hirondelle.

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Matthieu Ngirumpatse était président du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND) tandis qu’Edouard Karemera était vice-président de ce parti de l’ex-président Juvénal Habyarimana dont l’assassinat, le 6 avril 1994, avait déclenché le génocide des Tutsis. « La chambre d’appel, siégeant en audience publique, confirme la peine d’emprisonnement à vie prononcée par la chambre de première instance », a déclaré le juge Theodor Meron, lisant un résumé de l’arrêt en anglais. Ngirumpatse et Karemera «resteront sous la garde du Tribunal en attendant la désignation de l’Etat où ils purgeront leur peine », a ajouté le juge américain. La chambre d’appel a annulé quelques conclusions de la chambre de première instance mais a confirmé la culpabilité des deux anciens responsables pour crimes de génocide et crimes contre l’humanité, des crimes perpétrés à travers le pays, en 1994, par des membres de leur parti, en particulier les fameux Interahamwe du MRND qui furent les principaux bras armés du génocide. Lors de l’audience d’appel en février dernier, Maître Frédéric Weyl, l’avocat français de Ngirumpatse, avait déclaré que l’ancien président du MRND « n’avait d’autorité » ni sur les membres de son parti, ni sur les ministres du gouvernement en place pendant le génocide. Développant une ligne de défense similaire, Maître Félix Sow, l’un des deux avocats sénégalais d’Edouard Karemera, avait également demandé à la chambre d’appel « d’invalider toutes les condamnations ».Pour sa part, le procureur, George Mugwanya, avait réaffirmé que les deux appelants « avaient un agenda commun, à savoir tuer les Tutsis ». Ouvert en novembre 2003, le procès avait subi de nombreux retards imputables, notamment, aux problèmes de santé de Ngirumpatse. A l'origine, les deux responsables du MRND étaient jugés avec l'ancien secrétaire général du parti Joseph Nzirorera, et l’ancien ministre de l'Education André Rwamakuba, qui était membre d’un parti d’opposition au président Habyarimana.Mais Rwamakuba avait finalement était poursuivi dans un procès séparé qui avait conduit à son acquittement le 20 septembre 2006.Nzirorera est pour sa part décédé de maladie le 1er juin 2010, alors qu’il était sur le point de boucler sa défense.ER

 

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