Sans information, pas de réconciliation

21.10.14 - CÔTE D’IVOIRE/JUSTICE - PREMIER PROCES A ABIDJAN POUR SIMONE GBAGBO

Arusha, 21 octobre 2014 (FH) – Si le programme reste inchangé, Simone Gbagbo et 82 autres proches de son mari comparaîtront mercredi devant la Cour d’assises, à Abidjan. Pour ce premier procès, ils doivent répondre d’atteinte à la sûreté de l’Etat, attentat ou complot contre l’autorité de l’État, constitution de bandes armées, direction ou participation à un mouvement insurrectionnel, trouble à l’ordre public.

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Mais certains d’entre eux, comme Simone Gbagbo, font aussi l’objet d’enquêtes pour des faits plus graves. Le dossier concernant ces violations du droit international (génocide, crime contre la population civile, assassinat, viol etc.) est toujours en cours d’instruction au sein de la Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI).

Certains des accusés devraient donc, être renvoyés, une deuxième fois aux assises.

Pour la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), ce premier procès, même s’il n’entre pas dans le cœur de la crise de 2010-2011, aura valeur de test pour la justice ivoirienne.

« Nous allons suivre et observer ce procès dans son intégralité, car c’est un défi important pour la justice ivoirienne : c’est la première fois qu’une cour d’assises aura à juger un si grand nombre de personnes dans un même dossier. Il est crucial qu’elle relève ce défi, à travers un procès équitable et respectueux des droits de la défense, sans quoi elle jetterait un discrédit sur les procédures encore en cours d’instruction, relatives notamment aux autres crimes  », a déclaré Maître Drissa Traoré, vice-président de la FIDH.

«  Il ne faudrait pas que des considérations politiques ou électorales s’invitent à la barre. Nous avons dénoncé, au cours des derniers mois, les conditions dans lesquelles une partie des accusés ont été mis en liberté provisoire à la suite de décisions du pouvoir exécutif. Pour réussir, ce procès ne devra respecter que le droit et la procédure, et non des questions politiques qui n’ont pas leur place dans l’enceinte judiciaire » a déclaré Pierre Adjoumani Kouame, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO), une organisation membre de la FIDH.

Mais l’un des accusés, Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), dénonce déjà une affaire instrumentalisée à des fins politiques. « Il s’agit, en réalité, d’écarter les adversaires politiques par des artifices juridiques d’où la présence, sur la liste des personnalités à comparaître, des trois premiers responsables du Front populaire ivoirien (FPI), de la présidente de l’URD et du président du PPCI, deux partis et un mouvement en alliance avec le Front populaire ivoirien », déclarait-il lors d’un point de presse le 18 octobre.

Simone Gbagbo, pour sa part, fait par ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. Abidjan refuse jusqu’ici de la remettre à la Cour, soutenant avoir la capacité de lui garantir un procès équitable devant la justice de son pays.

ER/JC

 

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