Sans information, pas de réconciliation

12.11.14 - CPI/BEMBA - CPI : BEMBA CONTRÔLAIT LES MEMBRES DE SON MOUVEMENT AYANT COMMIS DES CRIMES EN CENTRAFRIQUE (PROCUREUR)

Arusha, 12 novembre 2014 (FH) - Le procureur près la Cour pénale internationale (CPI) a demandé mercredi la condamnation de l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, soutenant que l’accusé exerçait un « contrôle » sur ses hommes déployés en Centrafrique en 2002-2003.

1 min 39Temps de lecture approximatif

Poursuivi pour responsabilité de supérieur hiérarchique, le sénateur Jean-Pierre Bemba n’a jamais nié que certains éléments du Mouvement de libération du Congo (MLC), qu’ils avaient envoyés en renfort au président centrafricain de l’époque Ange-Félix Passé, aient commis des crimes en Cenfrafrique.Le richissime homme d’affaires congolais a cependant toujours soutenu que depuis son quartier général à Gbadolite, il ne pouvait contrôler des troupes déployées de l’autre côté de la frontière.« Nous venons devant vous aujourd'hui pour demander que justice soit rendue, que l'accusé Jean-Pierre Bemba soit reconnu responsable et coupable des souffrances des victimes », a déclaré le représentant du bureau du procureur, Jean-Jacques Badibanga, au début de son réquisitoire.Bemba est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour n’avoir pas empêché ses hommes de commettre de graves violations des droits de l’homme en Centrafrique et n’avoir pas sanctionné les auteurs.« La preuve est au dossier que la population civile de Centrafrique a subi de la pire manière la barbarie des soldats de Jean-Pierre Bemba », a soutenu Badibanga.« La preuve a été apportée que les soldats qui ont commis ces atrocités étaient sous l'autorité et le commandement effectif de Jean-Pierre Bemba. La preuve a été apportée que Jean-Pierre Bemba savait dès le premier jour qu'il avait le pouvoir de les empêcher ou au moins de les sanctionner », a ajouté le représentant du procureur.Aujourd’hui âgé de 52 ans, Bemba, qui est détenu par la CPI depuis 2008, reste président du MLC, l’un des principales formations de l’opposition à l’actuel président Joseph Kabila.La plaidoirie de Badibanga marque le début de deux jours d’audiences consacrées aux conclusions finales de parties.Jeudi, au terme de l’audition des arguments oraux de la défense, les juges devraient se retirer pour délibérer.Le procès Bemba s’est ouvert le 22 novembre 2010 et la présentation des moyens de preuve est close depuis le 7 avril.A côté de cette affaire principale, l’opposant congolais est également accusé, avec deux de ses avocats, un député de son parti et un témoin, de fabrication de preuves et subornation de témoins.ER

Partager
Abonnez-vous à la newsletter