Sans information, pas de réconciliation

21.01.15 - CPI/OUGANDA - LE REBELLE OUGANDAIS DOMINIC ONGWEN ENTRE LES MAINS DE LA CPI

Arusha, 21 janvier 2015 (FH) – Le chef rebelle ougandais Dominic Ongwen, qui était sous le coup d'un mandat d'arrêt vieux de près de 10 ans, a été transféré mardi au centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas.

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A en croire la presse ougandaise, Ongwen, qui fut enlevé et enrôlé de force à 10 ans, dans les rangs de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), pourrait être le premier suspect de la CPI à passer aux aveux.

La LRA a tué plus de 100 000 personnes et enlevé plus de 60 000 mineurs pour en faire des enfants soldats, selon l’ONU.

Le 6 janvier 2015, des conseillers militaires américains travaillant avec la Force régionale d'intervention de l'Union africaine en République centrafricaine ont placé Ongwen, aujourd’hui agé de 35 ans environ,  en garde à vue. Après des négociations avec les gouvernements centrafricain et ougandais, Ongwen a été transféré et confié à la garde des forces de l'UA le 14 janvier. Deux jours plus tard, il a été remis aux autorités centrafricaines à Bangui, la capitale de ce pays, puis à la garde de la CPI, toujours à Bangui, où il est resté jusqu'à son transfèrement par avion aux Pays-Bas.

Selon un communiqué de la CPI, Ongwen doit recevoir  une visite médicale dans sa nouvelle cellule avant de comparaître, le plus tôt possible, devant les juges en présence d'un avocat. Au cours de l'audience de première comparution, les juges de la chambre préliminaire vérifieront l'identité du suspect et la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. Le suspect sera informé des charges portées à son encontre.

Le mandat d'arrêt à l'encontre d'Ongwen a été délivré par le CPI le 8 juillet 2005 pour trois chefs de crimes contre l'humanité (meurtre, réduction en esclavage et actes inhumains causant de grandes souffrances ou des atteintes graves à l'intégrité physique) et quatre chefs de crimes de guerre (meurtre, traitements cruels à l'encontre de civils, fait de diriger intentionnellement une attaque contre une population civile et pillage). Ces crimes auraient été commis en en 2004 dans le nord de l'Ouganda.

 « Le transfert de Dominic Ongwen à la CPI est une avancée majeure pour les personnes touchées par le long passé criminel de la LRA », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch (HRW). « Tous les regards vont être désormais fixés sur la CPI dans l'attente qu'une justice équitable et efficace soit rendue aux victimes de la LRA», a estimé Bekele.

« Les poursuites judiciaires contre Ongwen soulèvent des questions importantes liées à sa situation en tant qu'ancien enfant soldat, même si les crimes dont il est accusé ont été commis à l'âge adulte », relève cependant  Human Rights Watch. Pour l'organisation, « ce sont des circonstances atténuantes qui devraient être prises en compte (par les juges) dans l'éventualité d'un procès et d'une condamnation, et elles pourraient être pertinentes pour sa défense juridique ».

Selon le journal ougandais The Monitor, Ongwen serait d'ailleurs prêt à demander pardon. « J'ai été capture à un âge tendre et suis allé là comme quelqu'un d'aveugle, de sourd. (…) Mais s'ils ne veulent pas me pardonner, je laisse l'affaire entre leurs mains », confie-t-il au quotidien, dans une interview réalisée la veille de son transfert. « Chacun de nous pèche en paroles, en actions et en pensées. Chacun de nous pèche de plusieurs façons. Si j'ai commis des crimes de guerre, je le regrette. Dans mon esprit, je pensais que la guerre était la meilleure chose », ajoute le suspect.

Trois autres commandants de la LRA dont Joseph Kony, le chef historique du groupe rebelle, sont recherchés par la CPI.

ER

 

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