Sans information, pas de réconciliation

11.12.07 - RWANDA/CANADA - CANADA : CINQ PRÉSUMÉS GÉNOCIDAIRES TOUJOURS EN ATTENTE D'EXTRADITION

Montréal, 11 décembre 2007 (FH) - Cinq Rwandais faisant l'objet de demandes d'extradition de la part de Kigali et d'Interpol depuis la fin du mois d'août 2007 vivent toujours librement au Canada. Peu d'informations à propos des cinq hommes sont disponibles.

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Selon les médias canadiens, tel le quotidien montréalais La Presse qui y consacrait récemment un dossier spécial, ils vivraient paisiblement aux quatre coins du pays, parfois sous une fausse identité. Il y a d'abord Vincent Ndamage, soupçonné d'avoir dirigé une milice Interahamwe. Cet ancien maçon aurait prononcé des discours appelant au massacre des Tutsis. Selon les autorités rwandaises, il aurait participé à plusieurs attaques, dont le massacre de 30 enfants. Son lieu de résidence au Canada demeure inconnu. Un ancien ministre (de l'environnement et du tourisme) est également recherché par Kigali : Gaspard Ruhumuliza. Selon les médias canadiens, il ferait partie des cerveaux du génocide qui, après la mort du président Juvénal Habyarimana, ont procédé à l'élimination des opposants politiques. On ignore également où il habite. Évariste Bicamumpaka, pour sa part, résiderait actuellement dans la région de Vancouver (Colombie-Britannique, côte Pacifique). Cet ancien sous-préfet de Butare est soupçonné d'avoir dirigé des milices Interahamwe, les alimentant en armes. Un autre ex haut-fonctionnaire de Butare se cacherait au Canada : Pierre Célestin Halindintwali. Également suspecté d'avoir dirigé les milices Interahamwe, celui qui était à l'époque du génocide directeur des travaux public de cette préfecture aurait utilisé des pelles mécaniques pour creuser des fosses communes. Kigali le soupçonne en outre d'avoir massacré une famille entière. Après avoir longtemps vécu à Québec, il habiterait dans la région d'Ottawa, la capitale fédérale. Enfin, il y a Léon Mugesera, un cas particulier. En novembre 1992, cet ancien professeur de l'Université nationale du Rwanda, a prononcé un discours public appelant à « exterminer les cancrelats tutsis ». En 2005, la Cour suprême du Canada a jugé qu'il y avait eu manifestement incitation à la haine, au génocide et au crime contre l'humanité; en conséquence de quoi, l'expulsion était requise. Mais Ottawa n'a pu aller au bout de la procédure, la peine de mort étant alors en vigueur au Rwanda. Si aujourd'hui la peine capitale a été abolie au pays des milles collines, trop de dangers planeraient sur l'intégrité physique de M. Mugesera pour que le Canada se risque à l'expulser. Ce qui ne manque pas d'enrager une partie des exilés rwandais au Québec. « Il cherche encore à passer pour un bon gars, bien intégré, impliqué dans sa communauté religieuse ! », déclarait récemment dans La Presse Joachim Mutezintare, pâtissier à Québec. Cet expatrié tutsi racontait la stupeur qui fut la sienne lorsque, en juin 2007, alors qu'il assistait à une messe, il remarqua le maître de choeur : Léon Mugesera. « Il y a des centaines de suspects au Canada, pas seulement cinq », déclarait à l'AFP en août 2007, Jean Bosco Mutangana, porte-parole du Parquet général du Rwanda. Ce que confirment de nombreuses sources au Canada. Pour débusquer ces présumés génocidaires, la Gendarmerie Royale du Canada (police fédérale) dispose d'une division spéciale « Rwanda » composée de trois enquêteurs y travaillant à temps plein. CS/PB/GF

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