Sans information, pas de réconciliation

11.01.08 - RWANDA/FRANCE - INTERPOL NE VEUT MENAGER AUCUN EFFORT CONTRE LES SUSPECTS DU GENOCIDE

Arusha, 11 janvier 2008 (FH) – L'association internationale de coopération policière Interpol a réaffirmé vendredi son « engagement à ne ménager aucun effort pour retrouver et amener devant la justice » les personnes en fuite et accusées d'avoir pris part au génocide rwandais en 1994. Ce communiqué est paru en anglais sur le site d'Interpol après l’arrestation mardi à Toulouse, en France, d’un officier de l’ancienne armée rwandaise recherché par la justice de son pays pour son rôle présumé dans le génocide de 1994.

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Selon les autorités judiciaires francaises, cette arrestation a fait suite à la transmission par l’organisation internationale de police du mandat d'arrêt rwandais. L'ancien officier a été placé sous verrou extraditionnel et la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse va décider, au vu du dossier que transmettra la justice rwandaise, de son extradition. "La coopération étroite entre Interpol, les autorités judiciaires rwandaises et la police française dans cette affaire est un autre signal clair à ces suspects de participation au génocide rwandais encore en fuite », indique Interpol dans son communiqué. Le lieutenant- colonel Marcel Bivugabagabo était, pendant le génocide de 1994, commandant des opérations militaires dans le secteur militaire de Ruhengeri (nord). Il est notamment accusé par le Rwanda de « génocide, complicité de génocide, association de malfaiteurs en vue de commettre le crime de génocide, assassinat, extermination ». Des massacres de Tutsis à la Cour d’appel de Ruhengeri et au campus universitaire de Nyakinama lui sont particulièrement reprochés.

En octobre dernier, une équipe du secrétariat général d’Interpol avait rencontré à Kigali les autorités judiciaires rwandaises en vue de l’harmonisation des efforts visant à localiser et appréhender les suspects de génocide à travers le monde, selon ce texte.

Le Rwanda, qui suspecte neuf de ses ressortissants installés en France d'avoir pris part au génocide visant les Tutsis, a remis à Interpol en 2006 une liste publique de 93 accusés établis à l'étranger. Le génocide au Rwanda a fait, selon l’ONU, près de 800.000 tués, essentiellement au sein de la minorité tutsie.

ER/PB/GF

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