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29.01.08 - RWANDA/FRANCE - REYNTJENS REPROCHE A KOUCHNER SA "REALPOLITIK"

Arusha, 29 janvier 2008 (FH) - Le professeur Filip Reyntjens, qui a souvent témoigné comme expert pour le tribunal pénal international pour le Rwanda mais aussi pour la défense d'un accusé a, dans un communiqué, dénoncé la "realpolitik" du ministre francais des Affaires étrangères dans sa volonté de normaliser les relations entre les deux pays. La "realpolitik" est une politique internationale basée sur des considérations de rapport de force et de possibilités concrètes, sans influence idéologique.

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Kouchner "tombe ici dans le vieux piège qui veut que FPR = Tutsis, or ce n'est pas Kagame ni le FPR qui ont été victimes du génocide, mais les Tutsis de l'intérieur" écrit notamment Reyntjens. Selon l'ancien professeur de droit à l'Université de Butare "le régime de Kigali a l'habitude de raisonner en termes de puissance et de faiblesse. Il considérera la démarche de Bernard Kouchner comme un signe de faiblesse qu'il exploitera dès que l'occasion se présente". "Lorsque ce moment viendra, il sera très difficile d’entretenir des relations normales telles que le chef de la diplomatie française se les imagine" conclut il. Ironisant sur le 48 h passées mi-mai 1994 par Bernard Kouchner lors du génocide, et qui lui font écrire "j'y étais", le chercheur belge affirme que "plutôt que par le respect de la vérité, Bernard Kouchner semble être inspiré par la « Realpolitik », et notamment –il le dit lui-même- le rôle « incontournable » du Rwanda en République démocratique du Congo, pays qu’il a occupé et pillé et où cinq millions de personnes ont péri à cause des guerres imposées par des voisins". L'article du chef de la diplomatie francaise et sa dénonciation à Kigali d'une "faute politique" commise par la France en 1994 a également entrainé une réaction du chef du gouvernement francais de l'époque. Alain Juppé a notamment dénoncé "les amalgames de la repentance". "Nous assistons depuis plusieurs années à une tentative insidieuse de réécriture de l'histoire", qui vise à "transformer la France d'acteur engagé en complice du génocide" a regretté l'ancien premier ministre. Kouchner a répondu qu'il ne visait personne mais il s'agit, a-t-il dit, "de faire la vérité, d'établir la justice et de rétablir les relations diplomatiques avec un pays qui les a rompues". PB/AT/GF

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