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La semaine de la justice transitionnelle : auditions publiques en Tunisie, contestation de la CPI

La semaine de la justice transitionnelle : auditions publiques en Tunisie, contestation de la CPI©IVD/FacebookPremières auditions publques de l'Instance Vérité et Dignité à Tunis
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Les premières auditions publiques des victimes de la dictature ont commencé en Tunisie tandis que la CPI qui réunissait son assemblée annuelle des Etats Parties essuyait critiques et une nouvelle désertion symbolique, celle de la Russie qui avait signé le traité de Rome sans le ratifier.

Olfa Belhassine, la correspondante de JusticeInfo.net à Tunis écrit : « Les auditions publiques des victimes tunisiennes de plus de cinquante ans de dictature (1955-2013) se sont ouvertes jeudi soir dans le Club Elyssa, appartenant à l’ex première dame. Sept victimes de violations graves des droits de l’homme, choisies par l’Instance vérité et dignité (IVD) y ont présenté des témoignages à la fois dignes et poignants.Diffusées en direct et en prime time à la télévision nationale, elles se poursuivront pendant plus d’une année”.

Ces auditions historiques dans le seul pays survivant du printemps arabe n’ont pas empêché les polémiques notamment à l’encontre de la présidente de l’instance, Sihel Bensedrine. Olfa Belhassine ajoute : “La majorité de l’équipe gouvernementale actuelle a décliné l’invitation. Aucun des trois présidents qu’a connus la Tunisie depuis Ben Ali n’est présent. « Un boycott clair », relèveront des internautes tunisiens sur le réseau FaceBook, très actif jusqu’au petit matin d’une journée jugée « historiques » par beaucoup d’utilisateurs de la toile.”

Dans une interview à JusticeInfo.net, Refic Hodzic, spécialiste de la justice transitionnelle et conseiller d’ICTJ (International Center for Transitional Justice), expliquait : « les processus de justice transitionnelle se passent dans un contexte polarisé. Les médias reflètent cette polarisation. Les médias hostiles au processus de JT s’acharneront à attaquer les commissions vérité sans arrêt pour diminuer leur capital de légitimité. Ils mettront alors l’accent sur des faits périphériques, loin de l’essence du travail de ces institutions. Ils parleront de tout excepté du plus important : les 62 000 dossiers que l’Instance Vérité et Dignité a reçus et qui prouvent la confiance des victimes dans cette instance, ou encore les 11 000 interviews qu’elle a réalisées sur plusieurs mois, dans toutes les régions du pays. Les auditions publiques ont ceci d’intéressant qu’elles ne laissent pas de loisir aux médias pour faire de l’esquive” .

Conférence de Bruxelles sur la RCA

Autre important moment pour la justice transitionnelle, la conférence de Bruxelles réunissant jeudi 17 novembre à Bruxelles le Président centrafricain Faustin Touadéra et ses bailleurs de fonds notamment européens.

Près de 2,2 milliards d’euros ont été promis par les donateurs en faveur de ce pays sans Etat, ravagé par une longue guerre civile, le sous-développement et une insécurité chronique.

Il s'agit de "soutenir les efforts que fournit la RCA pour parvenir à la paix, à la sécurité et à la réconciliation", selon un communiqué de l'UE.

D'autre part, "la Cour pénale spéciale sera opérationnelle d'ici au mois de janvier", a promis le président Touadéra, ce qui "matérialisera au-delà de tout autre discours notre profonde foi dans la lutte contre l'impunité".

La mise en place de cette juridiction, prévue par une loi de 2015, est vivement souhaitée par les ONG. Elle doit permettre en théorie de juger les crimes de guerre et contre l’humanité.

Mais, des doutes demeurent sur la capacité de la RCA et de son Président à mettre en oeuvre ce programme de réconciliationreconciliation, d’autant que l’autorité de l’Etat n’existe pas sur la plus grande partie du territoire..

Comme le dit dans une interview à JusticeInfo.net le juriste Didier Niewiadowski : “L'élection du président Touadéra avait été saluée par une grande partie  des Centrafricains et avait suscité beaucoup d'espoirs. Aujourd'hui, la déception est de plus en plus perceptible Comme ses prédécesseurs, il a vite succombé au népotisme et au clientélisme, réduisant à néant le crédit qu'il pouvait avoir. Le laisser-faire vis-à-vis des milices ex-Séléka et la bienveillance envers les Antibalaka ne peuvent qu'accroître l'exaspération des citoyens et la montée en puissance d'une société civile qui est en train d'entrer en résistance”. Seul espoir dans ce pays en guerre, la nomination symbole et rassembleuse de Mgr Dieudonné Nzapalainga l’archevêque de Bangui comme cardinal. « Depuis trois ans, l’archevêque de Bangui sillonne inlassablement son pays, en compagnie de l'imam Oumar Kobine Layama, président du Conseil Islamique, et du pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, président de l’Alliance évangélique, dans une campagne visant à apaiser les tensions interethniques et interreligieuses « , rappelle Ephrem Rugiririza, qui souligne : « L’homme d’église, qui vient d’être créé cardinal à 49 ans, ne cesse de rappeler à ses compatriotes, chrétiens et musulmans, qu’ils sont frères. »

 

 

 

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