La justice doit être vue pour être rendue
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La semaine de la justice transitionnelle : Gambie, Mali, Tunisie, Irak

La semaine de la justice transitionnelle : Gambie, Mali, Tunisie, Irak©©ONUVisite au Mali d'une délégation du Conseil de sécurité en octobre 2017
2 min 23Temps de lecture approximatif

Ça bouge du côté de la justice transitionnelle en Gambie avec la formation d’une commission Vérité et Justice en ce début d’année.

Comme le dit le correspondant de JusticeInfo en Afrique de l’Ouest, Maxime Domegni, il s’agit de «  recoudre le tissu social gambien en lambeaux après 22 ans de régime de fer de l’ex-dictateur Yahya Jammeh ». Les victimes et leurs familles attendent beaucoup de cette commission et de l’ensemble des processus de réconciliation.

« J’entends souvent les gens parler de réconciliation. On ne peut pas parler de réconciliation sans la vérité et la justice pour les nôtres qui ont été tués. En plus, la réconciliation n’est pas forcée », avertit ainsi Aji Maly Ceesay, dont le fils, Mamute Ceesay, a disparu en 2013 aux mains des services secrets du pouvoir.

Cette phrase pourrait être prononcée par toutes les victimes des guerres ou dictatures dans les pays en transition.

Impatience au Mali

Au Mali ainsi, où la situation sécuritaire s’aggrave et où les divisions minent le précaire Accord de paix, l’ONU a ainsi rappelé : « l’urgente nécessité d'apporter des dividendes de paix tangibles et visibles à la population du Nord et d'autres parties du Mali afin de préserver la pertinence de l'Accord ». En termes diplomatiques, l’ONU demande au pouvoir de respecter cet accord et de tenir notamment le calendrier électoral. Le secrétaire-général de l’ONU a aussi annoncé la formation d’une Commission chargée d’enquêter sur les graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises au Mali depuis janvier 2012. « Ses conclusions pourraient déboucher sur des poursuites devant la justice pénale internationale », écrit JusticeInfo.net.

Justice toujours, même si elle est tardive en Espagne où pour la première fois, un haut officier du Salvador Inocente Montano, va répondre devant la justice en Espagne d’un des massacres les plus connus des années des "guerres sales"  en Amérique centrale : l’assassinat le 16 novembre 1989 de 6 jésuites (dont 5 Espagnols), d’une cuisinière salvadorienne et de sa fille.

Le correspondant de JusticeInfo.net à Madrid, François Musseau, écrit  que ce procès fera data car « au Salvador, à la différence des autres pays au passé dictatorial et répressif, les autorités ne sont pas revenues sur l’impunité des années sanglantes ». Seuls une demi-douzaines de militaires ont été poursuivis par la justice nationale.

Mémoire en Tunisie

Justice transitionnelle enfin en Tunisie qui travaille sur la mémoire de la révolution. Notre correspondante Olfa Belhassine explique comment un collectif d’universitaires va numériser et archiver des heures de vidéos souvent amateurs qui témoignent de la chute d’un régime. Rabaâ Ben Achour Abdelkéfi, universitaire et coordinatrice du projet, interrogée par JusticeInfo.net, explique : « l’image a modifié le langage politique, elle a introduit un nouveau type de communication et donc un nouveau type de pensée » En 2018, une partie de ces archives numériques seront présentées lors d’une exposition à Tunis et au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM) à Marseille, en France pour témoigner des 29 jours d’une révolution qui a changé un pays et a annoncé le printemps aujourd’hui perdu du monde arabe.

Mémoire toujours où en Irak, un prêtre catholique, le père Najeeb, recueille parfois au péril de sa vie les manuscrits chériens ou musulmans que Daech voulait détruire et qui font la trame de l’histoire de son pays. Car explique-t-il : « l’homme est comme un arbre. Il ne peut vivre coupé de ses racines ».

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