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Semaine de la justice transitionnelle : Gbagbo enfin en procès, la CPI s'intéresse à la Russie

Semaine de la justice transitionnelle : Gbagbo enfin en procès, la CPI s'intéresse à la Russie©CPI/ICCGbagbo à son procès
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 Le procès très attendu de l'ancien Président ivoirien a finalement commencé cette semaine à la CPI, une nouvelle fois accusée de ne poursuivre et de ne juger que des Africains, mais hasard du calendrier la Cour pénale a aussi annoncé qu'elle ouvrait une enquête sur les crimes présumés commis par les forces russes en Géorgie en 2008. Huit ans après les faits.

La semaine a été marquée par l’ouverture du procès de Laurent Gbagbo l’ancien chef d’Etat ivoirien et de son ministre et chef de la milice « les patriotes » Charles Blé Goudé. Ce procès est le plus important de l’histoire de la Cour pénale internationale si contestée en Afrique. Les deux hommes sont accusés de crimes présumés contre l’humanité pour les attaques de civils, les meurtres, les viols et les persécutions. Les forces armées ivoiriennes, appuyées par des milices et des mercenaires, auraient ciblé les partisans d’Alassane Ouattara, déclaré vainqueur d’une élection dont Gbagbo rejetait les résultats.

L'accusation plus affutée que ne le laissaient prédire les audiences préliminaires a expliqué que ce n’était pas un procès « contre le peuple de Côte d’Ivoire « mais contre deux hommes « qui ont tout fait pour conserver le pouvoir ». La parole est désormais la semaine prochaine à la défense pour cet exercice test pour la justice internationale et transitionnelle. La CPI se défend de mener un « procès politique » et veut s’en tenir au contexte historique des élections en Côte d’Ivoire et à plusieurs épisodes de violences précis et explicites étayés par des vidéos diffusées à l’audience.

Loin de l’Afrique, les juges de la Cour pénale internationale ont autorisé la procureure à enquêter sur la guerre éclair d'août 2008 ayant opposé à la Géorgie et la Russie, a annoncé la Cour. La Cour ouvre ainsi sa première enquête sur des crimes présumés commis par des forces russes, et sa première enquête sur un conflit non africain. Deux grandes premières symboliques pour la CPI, même si l’ouverture d’une enquête ne garantisse en rien qu’un procès puisse un jour se tenir. Le conflit a fait plusieurs centaines de morts et plus de 120.000 déplacés, selon l'ONU.

Les mécanismes de la justice transitionnelle ne doivent pas seulement panser les plaies de passés troublés mais tenter de prévenir crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Dans ce registre, la communauté internationale fait toujours défaut au Burundi qui est « au bord du précipice », selon un euphémisme du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon s'exprimant samedi devant le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine à Addis-Abeba. Alors que l’UA comme l’ONU n’ont montré que leur manque de moyens et de volonté politique pour contrer le pouvoir du Président Pierre Nkurunziza réélu l’an dernier à un troisième mandat contesté. Au moins 400 personnes ont été tuées - et ce bilan pourrait en fait être beaucoup plus lourd – 220.000 autres ont cherché refuge dans les pays voisins et d'autres encore sont déplacées à l'intérieur du pays.

Autre zone de conflit ouvert, le Soudan du Sud où un rapport confidentiel d'experts des Nations unies dévoilé par la presse cette semaine propose un embargo sur les armes. Selon le document, le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar, ancien vice-président du Soudan du Sud, sont responsables des atrocités commises pendant la guerre civile qui déchire le pays depuis deux ans. Sans grandes chances d’être entendus.

 

 

 

 

 

 

www.justiceinfo.net/fr/component/k2/25716.html?Itemid=102

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