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La semaine de la justice transitionnelle : RCA,CPI et Colombie

La semaine de la justice transitionnelle : RCA,CPI et Colombie©AFPLe Président de RCA et le ministre de la Défense français Jean)Louis Le Drian
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L’Afrique nolens volens est restée au cœur de l’actualité de la justice transitionnelle. Le 1 novembre a ainsi marqué le départ des forces françaises de Centrafrique trois ans après le début de leurs missions de protection des civils. Mais le pays est toujours aussi loin de la stabilisation. La transition reste heurtée et la sécurité s’aggrave aussi bien dans la capitale Bangui que dans le reste du pays.

Comme l’écrit Ephrem Rugiririza, rédacteur en chef adjoint Afrique de JusticeInfo.net : « Même si quelques-uns d’entre eux sont accusés d’avoir abusé sexuellement de jeunes centrafricains et centrafricaines, les soldats français constituaient la seule force de dissuasion face aux groupes armés qui font actuellement régner la terreur dans le pays. Les Forces armées centrafricaines (FACA) étant encore inopérantes, c’est donc désormais aux seuls Casques bleus de l’ONU qu’incombe la responsabilité de protéger les Centrafricains ».

Les Centrafricains sont les premiers à douter de la capacité de cette force, la Minusca, très critiquée par la société civile, d’assurer cette mission ; d’autant que les principaux chapitres de la transition, désarmement des milices, mise en place d’une justice nationale, installation d’un tribunal hybride, restent inachevés dans un pays totalement à reconstruire.

Ce contre-exemple de la Centrafrique donne la mesure de l’importance des processus de justice transitionnelle nationaux aussi bien qu’internationaux. La CPI reste durement ébranlée par l’annonce du départ du Burundi, de la Gambie et de l’Afrique du Sud. Le tribunal de la Haye redoute toujours un exode encore plus large avant la réunion des États Parties du traité de Rome le 16 novembre. Mais, d’autres Etats africains sont venus à la rescousse de l’institution contestée, comme le relève Human Rights Watch. De nombreux représentants de la société civile et du monde humanitaire ont ainsi défendu la CPI, expliquant : «  La CPI a le potentiel de rendre justice aux victimes des pires crimes commis dans le monde quand les tribunaux nationaux sont incapables ou ne veulent pas le faire. La CPI n’est pas parfaite mais elle reste et c’est crucial le Tribunal de dernier recours ».

Sur un autre continent, la Colombie reste aussi un exemple contrarié de la justice transitionnelle après le rejet par referendum de l’accord de paix entre le gouvernement et les FARC, la principale guérilla du pays. Dans une interview à JusticeInfo, la juriste colombienne Maria Teresa Garrido explique  qu’elle reste optimiste et qu’un traité renégocié demeure possible. Elle défend ainsi les processus de justice transitionnelle mis en place : «  pour les victimes, la vérité est essentielle. Les victimes se sont ainsi déclarées prêtes à exiger moins de justice punitive, moins de privation de liberté, en échange de plus de vérité, de réparations et de garanties de non répétition”.

A noter, la situation ambiguë de l’aide humanitaire en Syrie accaparée par le pouvoir avec la tacite complicité des institutions de l’ONU. Frédéric Burnand de swissinfo écrit ainsi : « Plus que jamais, l’aide humanitaire est un enjeu militaire et politique ».

Comme le dit cité par swissinfo, Tawfik Chamaa, le représentant en Suisse de l’Union des organisations syriennes de secours médical (UOSSM)«Il est incroyable que les deux grandes puissances impliquées dans ce conflit – russe et américaine – soient incapables de trouver un accord pour respecter et faire respecter les principes de base du droit humanitaire. Cela crée un terrible précédent. La Syrie a été le berceau des civilisations. Aujourd’hui, elle devient leur tombeau.»

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