{"id":26149,"date":"2016-02-25T07:26:35","date_gmt":"2016-02-25T06:26:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html"},"modified":"2016-02-25T07:26:35","modified_gmt":"2016-02-25T06:26:35","slug":"burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html","title":{"rendered":"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur"},"content":{"rendered":"<p>Les autorit\u00e9s du Burundi s'en prennent avec une brutalit\u00e9 accrue aux opposants pr\u00e9sum\u00e9s, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces gouvernementales tuent, enl\u00e8vent, torturent et arr\u00eatent arbitrairement de nombreuses personnes, \u00e0 un rythme alarmant. Alors que la capitale, Bujumbura, s'enfonce de plus en plus dans une situation de non-droit, les violations des droits humains ont pris des formes nouvelles.<\/p>\n<p>Alors que la d\u00e9couverte de cadavres dans les rues de Bujumbura \u00e9tait un ph\u00e9nom\u00e8ne quotidien pendant la seconde moiti\u00e9 de 2015, de nombreuses violations se produisent d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019abri des regards, les forces de s\u00e9curit\u00e9 emmenant des personnes dans le plus grand secret et d\u00e9clinant ensuite toute responsabilit\u00e9 pour leur sort. \u00ab La police, l'arm\u00e9e et les services de renseignement burundais, ainsi que les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, ont recours \u00e0 des m\u00e9thodes de plus en plus brutales pour punir et terroriser ceux per\u00e7us comme opposants \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Daniel Bekele, directeur de la division Afrique \u00e0 Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\u00ab Les forces gouvernementales et le parti au pouvoir traitent les opposants pr\u00e9sum\u00e9s avec une cruaut\u00e9 et une brutalit\u00e9 extr\u00eames, ce qui pourrait causer une nouvelle escalade de violence. \u00bb Les forces de s\u00e9curit\u00e9 ont tortur\u00e9 ou maltrait\u00e9 des opposants pr\u00e9sum\u00e9s si gravement lors de leur arrestation ou de leur d\u00e9tention que certains d'entre eux ont failli mourir.<\/p>\n<p>Les forces de s\u00e9curit\u00e9 ont frapp\u00e9 les victimes avec des pierres ou des briques, ou \u00e0 coups de crosse de fusil ou de barre de fer. La plupart des personnes arr\u00eat\u00e9es sont de jeunes hommes accus\u00e9s d'\u00eatre membres ou partisans de groupes arm\u00e9s d'opposition.<\/p>\n<p>Les chercheurs de Human Rights Watch ont interrog\u00e9 plus de 63 personnes \u00e0 Bujumbura entre novembre 2015 et f\u00e9vrier 2016, dont des victimes et des membres de leurs familles, des t\u00e9moins, des habitants des quartiers o\u00f9 les abus ont \u00e9t\u00e9 commis, des d\u00e9fenseurs des droits humains, des avocats, des journalistes, des autorit\u00e9s judiciaires, des membres des forces de s\u00e9curit\u00e9, des diplomates, des membres du personnel des Nations Unies et d'autres sources. Lors de la visite de ses chercheurs \u00e0 Bujumbura, Human Rights Watch a sollicit\u00e9 des entretiens aupr\u00e8s des autorit\u00e9s gouvernementales burundaises, mais n'a pas re\u00e7u de r\u00e9ponse. Le 18 f\u00e9vrier, le conseiller en communication du pr\u00e9sident, Willy Nyamitwe, a envoy\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch le message suivant sur Twitter: \u00ab Je dispose de fortes preuves que HRW travaille avec le Rwanda et avec l'opposition radicale. Par cons\u00e9quent, il n'y a pas lieu de leur parler. \u00bb Les chercheurs de Human Rights Watch au Burundi ont document\u00e9 une nouvelle pratique alarmante d'enl\u00e8vements et de possibles disparitions forc\u00e9es, en particulier depuis d\u00e9cembre. De nombreuses familles n'ont pas pu obtenir de nouvelles de leurs proches depuis qu'ils ont \u00e9t\u00e9\u00a0emmen\u00e9s par les forces de s\u00e9curit\u00e9. Beaucoup des personnes arr\u00eat\u00e9es sont pr\u00e9sum\u00e9es mortes. La police et les services de renseignement, ou leurs interm\u00e9diaires, ont demand\u00e9 \u00e0 certaines familles des ran\u00e7ons exorbitantes, sans garantie que leurs proches seront lib\u00e9r\u00e9s ni m\u00eame la moindre certitude qu'ils sont toujours vivants.<\/p>\n<p>Des policiers et des militaires, souvent accompagn\u00e9s de membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, connus sous le nom d'Imbonerakure, ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des arrestations arbitraires de grande \u00e9chelle lors d'op\u00e9rations de perquisition. Ces op\u00e9rations ont \u00e9galement r\u00e9sult\u00e9 en de nombreuses ex\u00e9cutions extrajudiciaires. De nombreux habitants ont quitt\u00e9 leur quartier de crainte de nouvelles op\u00e9rations similaires de la part de la police ou de l'arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans certains cas, des personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es d'embl\u00e9e et leurs corps abandonn\u00e9s sur place. Ce fut le cas, par exemple, le 11 d\u00e9cembre, quand les forces de s\u00e9curit\u00e9 ont tu\u00e9 par balles de nombreuses personnes \u00e0 la suite d'attentats contre quatre installations militaires attribu\u00e9s \u00e0 l'opposition. Le porte-parole de l'arm\u00e9e a d\u00e9clar\u00e9 que 87 personnes avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es le 11 d\u00e9cembre, dont 79 \u00ab ennemis \u00bb et huit militaires ou policiers. Sur la base d'entretiens approfondis avec toute une s\u00e9rie de sources, Human Rights Watch estime qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, le nombre est bien sup\u00e9rieur et que de nombreuses victimes n'\u00e9taient pas impliqu\u00e9es dans les attentats. Dans d'autres cas, les corps des victimes ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s ailleurs, enterr\u00e9s dans des fosses communes ou emport\u00e9s vers des destinations inconnues.<\/p>\n<p>D'autres personnes ont surv\u00e9cu \u00e0 des attaques extr\u00eamement violentes leur ayant caus\u00e9 d\u2019horribles blessures \u2013 mutilations, os broy\u00e9s, gorges tranch\u00e9es, tentatives de strangulation et passages \u00e0 tabac \u00e0 coups de barre de fer. Depuis lors, certaines ont succomb\u00e9 \u00e0 ces blessures, tandis que d'autres, laiss\u00e9es pour mortes, ont surv\u00e9cu.<\/p>\n<p>Les victimes et les t\u00e9moins d'abus sont terrifi\u00e9s \u00e0 l'id\u00e9e de parler \u00e0 quiconque ou de se d\u00e9placer en ville. Leur peur est exacerb\u00e9e par le fait que des personnes se sont mutuellement d\u00e9nonc\u00e9es aux forces de s\u00e9curit\u00e9. Les tactiques du gouvernement ont r\u00e9pandu la m\u00e9fiance parmi la population. Les groupes arm\u00e9s d'opposition ont eux aussi accru leurs attaques, tuant des Imbonerakure et d'autres membres du parti au pouvoir, ainsi que des membres des forces de s\u00e9curit\u00e9. Ces attaques entra\u00eenent presque toujours de violentes repr\u00e9sailles de la part des forces de s\u00e9curit\u00e9, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch.<\/p>\n<p>Human Rights Watch a document\u00e9 des cas dans lesquels des r\u00e9fugi\u00e9s burundais au Rwanda ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s et ont re\u00e7u une formation militaire afin de rejoindre des groupes arm\u00e9s d'opposition burundais, entre mai et juillet 2015. Ils ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s par des r\u00e9fugi\u00e9s burundais et form\u00e9s par des Burundais et des Rwandais. Dans un courrier adress\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch en date du 22 f\u00e9vrier, la Secr\u00e9taire permanente du minist\u00e8re rwandais de la Justice a affirm\u00e9 que le gouvernement rwandais \u00ab a eu vent de certaines all\u00e9gations g\u00e9n\u00e9rales concernant une certaine ins\u00e9curit\u00e9 parmi les r\u00e9fugi\u00e9s burundais \u00bb, et qu'il est \u00ab intrigu\u00e9 par ces all\u00e9gations et est \u00e0 la recherche d'informations pouvant \u00eatre utiles \u00e0 d'\u00e9ventuelles enqu\u00eates \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Les attentats par les groupes d'opposition sont devenus de plus en plus cibl\u00e9s, visant des membres ou des sympathisants du parti au pouvoir et des forces de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, a affirm\u00e9 Daniel Bekele. \u00ab Contrairement \u00e0 ce qu'affirment leurs dirigeants lorsqu'ils disent qu'ils veulent d\u00e9fendre la population, les tactiques qu'ils emploient exposent les citoyens burundais ordinaires au risque de nouveaux abus. \u00bb Les attaques \u00e0 la grenade ont \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quentes \u00e0 Bujumbura, y compris dans le centre-ville, tout au long des mois de janvier et f\u00e9vrier, faisant plusieurs morts et de nombreux bless\u00e9s. L'identit\u00e9 des auteurs n'est pas connue. M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res a affirm\u00e9 que son centre de traumatologie \u00e0 Bujumbura avait trait\u00e9 116 personnes en moins d'une semaine \u2013 dont 61 bless\u00e9es dans des attentats \u00e0 la grenade le 15 f\u00e9vrier, et 55 le 11 f\u00e9vrier.<\/p>\n<p>Des habitants de Bujumbura ont affirm\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch qu'il n'y avait m\u00eame plus de semblant d\u2019Etat de droit. Ils ont dit que le comportement des forces de s\u00e9curit\u00e9 indiquait que la cha\u00eene de commandement \u00e9tait en train de se rompre et que les policiers, les militaires, et les Imbonerakure faisaient ce que bon leur semblait, en totale impunit\u00e9. \u00ab Il n'y a plus de loi et personne ne s'en soucie \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 une femme.<\/p>\n<p>Des habitants de Bujumbura ont d\u00e9clar\u00e9 qu'ils voyaient souvent des Imbonerakure v\u00eatus d'uniformes de l'arm\u00e9e ou de la police, portant des armes et op\u00e9rant c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec la police, ce qui rendait difficile de les distinguer des v\u00e9ritables forces de s\u00e9curit\u00e9. Certains habitants ont affirm\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch avoir reconnu des Imbonerakure de leur quartier portant des uniformes de police.<\/p>\n<p>Ni le gouvernement burundais ni l'opposition arm\u00e9e ne font le moindre effort pour mettre fin \u00e0 la spirale d\u2019abus, a constat\u00e9 Human Rights Watch. Au contraire, ils durcissent leurs positions, sachant qu'ils n'auront pas \u00e0 r\u00e9pondre de leurs actes.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Pierre Nkurunziza devrait d\u00e9noncer publiquement les abus des forces de s\u00e9curit\u00e9 et s'assurer que les responsables soient amen\u00e9s \u00e0 rendre des comptes, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch. Les dirigeants de l'opposition devraient pour leur part ordonner \u00e0 leurs partisans de cesser leurs abus.<\/p>\n<p>Le gouvernement rwandais ne devrait pas permettre, soutenir ou participer \u00e0 la formation militaire de membres de groupes arm\u00e9s responsables de violations des droits humains au Burundi. Le gouvernement burundais devrait accorder un plein acc\u00e8s aux deux rapporteurs sp\u00e9ciaux des Nations Unies et au membre de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, mandat\u00e9s par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour enqu\u00eater sur les abus commis au Burundi. En tant que membre du Conseil des droits de l'homme, le Burundi a l'obligation de coop\u00e9rer avec les repr\u00e9sentants du Conseil et de se conformer aux normes les plus exigeantes en mati\u00e8re de droits humains. S\u2019il y manque, son statut d'\u00c9tat membre pourrait se trouver remis en cause.<\/p>\n<p>Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l'ONU devrait d'urgence chercher \u00e0 obtenir l'accord du gouvernement burundais pour le d\u00e9ploiement d'une mission politique de l'ONU robuste et dot\u00e9e d'une importante composante de police internationale, qui serait bas\u00e9e dans les quartiers les plus\u00a0affect\u00e9s par les violences. Sa pr\u00e9sence pourrait dissuader ou r\u00e9duire les abus et les attentats de la part des deux camps.<\/p>\n<p>Compte tenu d\u2019informations concernant l'implication de commandants de haut rang de la police, de l'arm\u00e9e et des services de renseignement dans de graves abus commis au Burundi, l'ONU devrait redoubler d'efforts pour passer en revue le personnel burundais d\u00e9ploy\u00e9 au sein de missions de maintien de la paix et en exclure ceux connus pour des violations av\u00e9r\u00e9es des droits humains. L\u2019Union africaine devrait urgemment mettre en place un m\u00e9canisme de vetting. \u00ab Les victimes d'abus au Burundi \u00e9tant paralys\u00e9es par la peur, les cas mis en lumi\u00e8re ne constituent que la partie \u00e9merg\u00e9e de l'iceberg \u00bb, a conclu Daniel Bekele. \u00ab<\/p>\n<p>Le gouvernement et l'opposition devraient imm\u00e9diatement ma\u00eetriser leurs membres et leurs partisans afin de briser le cycle des violences. \u00bb<\/p>\n<p>Pour prendre connaissance d\u2019informations plus d\u00e9taill\u00e9es, veuillez lire ci-dessous. Pour consulter d'autres communiqu\u00e9s ou rapports de Human Rights Watch sur le Burundi, veuillez suivre le lien: http:\/\/www.hrw.org\/fr\/burundi Pour de plus amples informations, veuillez contacter: \u00c0 New York, Carina Tertsakian (anglais, fran\u00e7ais): +44-7903-503-297 (portable); ou tertsac@hrw.org \u00c0 New York, Daniel Bekele (anglais, amharique): +1-917-385-3878 (portable); ou bekeled@hrw.org. Suivez-le sur Twitter: @DanielBekele \u00c0 New York, Philippe Bolopion (fran\u00e7ais, anglais): +1-212-216-1276; ou +1-917-734-3201 (portable); ou bolopion@hrw.org. Suivez-le sur Twitter: @Bolopion \u00c0 New York jusqu\u2019au 26 f\u00e9vrier, puis \u00e0 Paris, B\u00e9n\u00e9dicte Jeannerod (fran\u00e7ais, anglais) : +33-6-74-32-88-94 (portable) ; ou +33-1-43-59-55-31 (bureau \u00e0 Paris) ; ou jeanneb@hrw.org. Suivez-la sur Twitter : @BenJeannerod<\/p>\n<p>Le contexte de la crise au Burundi La crise politique actuelle au Burundi, qui s'accompagne d'une crise des droits humains, a commenc\u00e9 en avril 2015, quand le pr\u00e9sident Nkurunziza a annonc\u00e9 sa candidature pour un troisi\u00e8me mandat \u2013 d\u00e9cision consid\u00e9r\u00e9e comme ill\u00e9gitime par de nombreux Burundais.\u00a0La police a violemment r\u00e9prim\u00e9 des manifestations publiques de grande ampleur contre ce troisi\u00e8me mandat. Apr\u00e8s l'\u00e9chec d'une tentative de coup d'\u00c9tat par un groupe d'officiers de l'arm\u00e9e le 13 mai, la police a accentu\u00e9 sa r\u00e9pression \u00e0 l'encontre des manifestants et des d\u00e9tracteurs. Au cours des mois suivants, les assassinats cibl\u00e9s et autres meurtres ont connu une forte hausse et le gouvernement a intensifi\u00e9 sa r\u00e9pression. Des groupes arm\u00e9s d'opposition ont commenc\u00e9 \u00e0 attaquer les forces de s\u00e9curit\u00e9, lan\u00e7ant des grenades ou tirant sur des patrouilles de police. Le mois de d\u00e9cembre venu, plusieurs centaines de personnes avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es et les efforts des dirigeants r\u00e9gionaux pour faciliter un dialogue politique avaient pour l'essentiel \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<p>Contrairement aux conflits arm\u00e9s des pr\u00e9c\u00e9dentes d\u00e9cennies au Burundi, fortement marqu\u00e9s par les divisions ethniques, les tensions actuelles dans le pays sont essentiellement politiques, le gouvernement s'en prenant \u00e0 toute personne soup\u00e7onn\u00e9e d'\u00eatre un opposant. Les victimes d'abus incluent des membres des ethnies Hutu et Tutsi. Toutefois, dans certains cas, des membres des forces de s\u00e9curit\u00e9, des services de renseignement ou des Imbonerakure ont prof\u00e9r\u00e9 des insultes \u00e0 caract\u00e8re ethnique \u00e0 l'\u00e9gard de Tutsis pendant qu'ils les arr\u00eataient ou les maltraitaient.\u00a0Bien que de nombreux Tutsis fassent partie du gouvernement, une grande partie des postes influents au sein du parti au pouvoir et des forces de s\u00e9curit\u00e9 est aux mains de Hutus. Le gouvernement cherche \u00e0 pr\u00e9senter l'opposition comme \u00e9tant majoritairement compos\u00e9e de Tutsis, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de nombreux Hutus dans ses rangs.<\/p>\n<p>Bien que la plupart des institutions nationales comprennent \u00e0 la fois des Hutus et des Tutsis, la crise actuelle suscite une m\u00e9fiance mutuelle chez certains membres de chaque ethnie. Ceci a \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9 par des discours incendiaires tenus par certains membres du parti au pouvoir ainsi que des personnalit\u00e9s de l'opposition.<\/p>\n<h3><strong>R\u00e9cents meurtres et autres attaques<\/strong><\/h3>\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements du 11 d\u00e9cembre Vers 3h00 ou 4h00 du matin le 11 d\u00e9cembre, des habitants de Bujumbura ont entendu des explosions et des tirs provenant de trois positions militaires et d'un centre de formation militaire attaqu\u00e9s dans le quartier de Musaga.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de 8h00 environ, des policiers et des militaires ont poursuivi les assaillants pr\u00e9sum\u00e9s en direction de Nyakabiga et Musaga, deux des quartiers de la capitale o\u00f9 s'\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9es d'importantes manifestations contre le troisi\u00e8me mandat de Pierre Nkurunziza. \u00c0 Nyakabiga, des opposants arm\u00e9s se sont longuement affront\u00e9s, \u00e0 l'arme \u00e0 feu, aux forces de s\u00e9curit\u00e9. On ignore le nombre exact d'opposants arm\u00e9s et de membres des forces de s\u00e9curit\u00e9 ou d\u2019 Imbonerakure tu\u00e9s dans ces affrontements.<\/p>\n<p>Une source a affirm\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch que les forces de s\u00e9curit\u00e9 avaient arr\u00eat\u00e9 cinq militaires de Camp Base (un camp militaire) soup\u00e7onn\u00e9s d'avoir jou\u00e9 un r\u00f4le dans les attaques. Selon cette source, un responsable de haut rang des services de renseignement a alors donn\u00e9 l\u2019ordre de les arr\u00eater, et un v\u00e9hicule de ces services est venu chercher ces cinq militaires et les a emmen\u00e9s pr\u00e8s du lac Tanganyika, o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Un t\u00e9moin a vu leurs corps le lendemain pr\u00e8s du lac, tous les cinq avec la gorge tranch\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ces affrontements arm\u00e9s, diverses unit\u00e9s des forces de s\u00e9curit\u00e9, comprenant les unit\u00e9s de police et de l'arm\u00e9e responsables de la protection des institutions \u2013 l'Appui pour la protection des institutions (API) et la Brigade sp\u00e9ciale pour la protection des institutions (BSPI) \u2013, ainsi que la Brigade anti-\u00e9meute (BAE), accompagn\u00e9es d' Imbonerakure arm\u00e9s, sont entr\u00e9es dans les quartiers de Nyakabiga et Musaga. Elles ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de force dans des maisons et ordonn\u00e9 aux habitants de leur montrer o\u00f9 se cachaient les jeunes hommes ou les combattants. Certains criaient des insultes \u00e0 caract\u00e8re ethnique aux habitants Tutsis.<\/p>\n<p>Certains habitants ont affirm\u00e9 que les forces de s\u00e9curit\u00e9 avaient demand\u00e9 de l'argent. D'autres r\u00e9sidents ont offert de l'argent, esp\u00e9rant ne pas \u00eatre tu\u00e9s. Les policiers et les militaires ont pill\u00e9 de nombreuses maisons, volant des t\u00e9l\u00e9phones, des v\u00eatements, ainsi que des appareils \u00e9lectroniques et m\u00e9nagers. Ils ont pill\u00e9 de la bi\u00e8re de bars du quartier, en buvant parfois sur place. Un habitant de Nyakabiga a affirm\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch que des policiers avaient tu\u00e9 par balles un membre de sa famille qui lui avait rendu visite, alors qu'il quittait la maison.<\/p>\n<p>Vers 11h00, c'\u00e9tait un peu plus calme dans notre rue et (un membre de notre famille) qui \u00e9tait venu nous rendre visite est sorti. Quand il s'est trouv\u00e9 juste devant le portail, un policier de l'API, qui \u00e9tait dans l'avenue de l\u2019Imprimerie, l'a abattu. De jeunes hommes ont vu qu'il avait \u00e9t\u00e9 atteint et l'ont transport\u00e9 jusqu'\u00e0 la 16\u00e8me Avenue. Ils ont arr\u00eat\u00e9 les saignements et l'ont laiss\u00e9 l\u00e0. Il avait \u00e9t\u00e9 atteint au ventre. Plus tard, des policiers sont venus et l'ont achev\u00e9.<\/p>\n<p>Cet homme a affirm\u00e9 que les policiers avaient achev\u00e9 le membre de sa famille de deux balles dans la poitrine et une dans la t\u00eate.<\/p>\n<p>Human Rights Watch a pu examiner des photos de 15 cadavres retrouv\u00e9s \u00e0 Nyakabiga le 11 d\u00e9cembre. Beaucoup avaient \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans la rue, sans chaussures ; les forces de s\u00e9curit\u00e9 contraignent souvent les d\u00e9tenus \u00e0 \u00f4ter leurs chaussures au moment de leur arrestation pour rendre une fuite plus difficile. Certains \u00e9taient \u00e0 plat ventre c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te et semblaient avoir \u00e9t\u00e9 abattus dans le dos. Un des cadavres trouv\u00e9s dans cette position \u00e9tait celui de Beno\u00eet Ngendakumana, un enseignant d'une trentaine d'ann\u00e9es. Une autre photo montrait le corps d'un homme tu\u00e9 dans sa maison; un voisin a indiqu\u00e9 qu'il avait \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9, abattu, et abandonn\u00e9 dans la maison ferm\u00e9e \u00e0 cl\u00e9. Une autre photo montrait un homme tu\u00e9 dans sa boutique.<\/p>\n<p>Des camionnettes des autorit\u00e9s locales ont emport\u00e9 la plupart des cadavres avant que des enqu\u00eates ne puissent \u00eatre effectu\u00e9es. Des agents de la police et des services de renseignement ont fait du porte-\u00e0-porte et ont arr\u00eat\u00e9 arbitrairement de jeunes hommes. Un homme \u00e2g\u00e9 de 30 ans r\u00e9sidant \u00e0 Nyakabiga a racont\u00e9 que lorsque sa femme avait ouvert la porte, un policier l'avait frapp\u00e9e avec la crosse de son fusil et l'avait frapp\u00e9, lui, \u00e0 l'oeil avec un pistolet. Les policiers ont forc\u00e9 le couple \u00e0 s'asseoir par terre dans la cour.<\/p>\n<p>Un des policiers nous a cri\u00e9: \u00ab Vous logez et nourrissez les combattants! Que Kagame (le pr\u00e9sident du Rwanda), Obama et l'Union africaine viennent vous sauver. Les blancs vous mentent, comme (Alexis) Sinduhije (un dirigeant de l'opposition). Vous \u00eates des terroristes tutsis. (Nkurunziza) est pr\u00e9sident \u00e0 vie. Personne ne peut combattre ceux qui sont au pouvoir. \u00bb Nous \u00e9tions environ 20 (dans la cour) et un seul policier nous criait de mauvaises choses. Les autres buvaient ce qu'ils avaient vol\u00e9 dans le bar de notre maison. Ils ont battu tout le monde.<\/p>\n<p>Un t\u00e9moin a affirm\u00e9 que dans une maison, les policiers avaient s\u00e9lectionn\u00e9 deux hommes parmi un groupe de six et les avaient emmen\u00e9s dans une camionnette des services de renseignement.Leurs cadavres ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s le lendemain, tous deux avec des balles dans la t\u00eate et dans le cou et les bras ligot\u00e9s. Un habitant a vu 20 cadavres \u00e0 Nyakabiga le lendemain de l'attaque; un autre en a compt\u00e9 22. Un autre r\u00e9sident a affirm\u00e9 qu'il y en avait 29, dont quelques-uns venaient d'autres quartiers. Des t\u00e9moins ont d\u00e9clar\u00e9 avoir vu 12 cadavres \u00e0 Jabe. Un cas particulier d\u00e9montre la brutalit\u00e9 exerc\u00e9e par les forces de s\u00e9curit\u00e9 le 11 d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Un homme \u00e2g\u00e9 de 31 ans habitant Nyakabiga a d\u00e9clar\u00e9 que des policiers de la Brigade anti-\u00e9meute lui avaient ligot\u00e9 les bras derri\u00e8re le dos et l'avaient amen\u00e9 \u00e0 leur commandant, qui est accus\u00e9 de nombreuses violations des droits humains depuis plusieurs ann\u00e9es. L\u2019homme a d\u00e9clar\u00e9:<\/p>\n<p>Les policiers ont dit: \u00ab Voici un des jeunes qui ont tir\u00e9 sur nous. \u00bb Ils m'ont frapp\u00e9 avec des gourdins, m'ont donn\u00e9 des coups de pied, m'ont gifl\u00e9, en disant \u00ab Ces jeunes sont des chiens. \u00bb Puis (le commandant) m'a demand\u00e9: \u00ab O\u00f9 sont les combattants? \u00bb J'ai dit que je ne les avais pas vus. (Le commandant) a dit: \u00ab Emmenez-le l\u00e0-bas et \u00e9tranglez-le. \u00bb<\/p>\n<p>Deux policiers l'ont emmen\u00e9 dans une maison vide.\u00a0L'un d'eux a pris la corde qu'il portait autour de la taille, tandis que l'autre me pi\u00e9tinait la t\u00eate alors que j'\u00e9tais \u00e9tendu au sol. Il m'a pass\u00e9 la corde autour du cou, puis chacun a pris une extr\u00e9mit\u00e9 de la corde et a commenc\u00e9 \u00e0 tirer. Du sang a coul\u00e9 de mon nez et de mes yeux. Au bout d'un moment, ils ont retir\u00e9 la corde et sont partis, me croyant mort. J'ai perdu connaissance pendant un moment. Quand je me suis r\u00e9veill\u00e9, j'\u00e9tais mouill\u00e9, mais quand j'ai regard\u00e9, j'ai constat\u00e9 que j'\u00e9tais tout seul, couvert de sang ligot\u00e9.<\/p>\n<p>L'homme a trouv\u00e9 quelqu'un pour le d\u00e9tacher et s'est cach\u00e9, mais les policiers l'ont d\u00e9couvert. Il a affirm\u00e9 qu'ils l'avaient \u00e0 nouveau battu et ramen\u00e9 devant le m\u00eame commandant, qui leur a donn\u00e9 l'ordre de le tuer. L'homme a finalement pu n\u00e9gocier avec les policiers pour s'en sortir, et par la suite est entr\u00e9 dans la clandestinit\u00e9. Dans le quartier de Musaga, o\u00f9 des affrontements entre les forces de s\u00e9curit\u00e9 et des jeunes arm\u00e9s ont \u00e9galement eu lieu, des policiers et des militaires ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de force dans des maisons et accus\u00e9 les habitants de poss\u00e9der des armes et d'h\u00e9berger des combattants de l'opposition. Des r\u00e9sidents ont reconnu des Imbonerakure v\u00eatus d'uniformes de police. Des militaires du Camp Muha et du Camp Muzinda, deux grands camps militaires de Bujumbura, ont fourni des renforts. Un habitant a dit avoir entendu quelqu'un crier, au moment o\u00f9 des coups de feu et des explosions retentissaient dans tout le quartier: \u00ab Sortez de la maison! \u00bb Il a d\u00e9clar\u00e9:\u00a0Quand nous sommes sortis, j'ai vu pr\u00e8s d'une douzaine de policiers de l'API. Trois d'entre eux avaient des mitraillettes, trois avaient des lance-roquettes et d'autres des kalachnikovs avec des grenades. Certains avaient des armes ressemblant \u00e0 des haches de boucher. Dans notre parcelle, ils tiraient dans toutes les directions. Ils \u00e9taient ivres. Ils nous ont forc\u00e9s \u00e0 nous \u00e9tendre sur le dos, bras \u00e9cart\u00e9s et \u00e0 regarder le soleil. Des cartouches chaudes tombaient sur nous. Ils buvaient de l'Amstel (une marque de bi\u00e8re) et en versaient sur nous. Ils disaient: \u00ab O\u00f9 sont les jeunes qui nous tiraient dessus cette nuit? \u00bb<br \/>L'un d'eux a arm\u00e9 son fusil et a mis le canon contre ma tempe. Puis il a demand\u00e9 \u00e0 un autre (s'il devait me tuer). J\u2019ai cru que c\u2019en \u00e9tait fini pour moi. Un autre a dit: \u00ab Attends. \u00bb Puis un autre est venu et m'a donn\u00e9 un coup de hache (sur le bras). J'avais une large blessure et du sang jaillissait comme \u00e7a dans son visage. J'ai dit: \u00ab Vous \u00eates en train de me tuer! Vous \u00eates en train de me tuer! \u00bb Il a dit: \u00ab Je ne savais pas que c'\u00e9tait si<br \/>aiguis\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Il a vu des policiers frapper d'autres personnes et donner des coups de pied dans la m\u00e2choire d\u2019un homme. Deux des policiers sont entr\u00e9s chez lui, lui ont demand\u00e9 o\u00f9 \u00e9tait son argent et ont vol\u00e9 des draps, des chaussures, des v\u00eatements et d'autres biens. L'homme est rest\u00e9 \u00e9tendu sur le sol pendant une heure et demie, puis s'est enfui. Trop effray\u00e9 pour aller \u00e0 l'h\u00f4pital, il a appliqu\u00e9 sur sa blessure le jus d'une plante m\u00e9dicinale, puis s'est cach\u00e9. Interrog\u00e9 plusieurs semaines plus tard, il a d\u00e9clar\u00e9: \u00ab Maintenant, si je suis de nouveau arr\u00eat\u00e9 par la police, je leur dirai simplement: \u2018Tuez-moi pour que je n'aie pas \u00e0 subir \u00e7a encore une fois'. \u00bb Un homme de 39 ans r\u00e9sidant \u00e0 Musaga, qui g\u00e9rait un petit bar dans sa maison, est sorti pendant une accalmie dans les tirs le 11 d\u00e9cembre. Des policiers et des Imbonerakure en civil, cach\u00e9s dans un caniveau, lui ont dit de rentrer chez lui. Puis il a entendu quelqu'un dire: \u00ab D\u00e9truisons les maisons pour les piller. \u00bb Les policiers ont commenc\u00e9 \u00e0 tirer sur sa maison. Il s'est cach\u00e9 derri\u00e8re un r\u00e9frig\u00e9rateur. Ils ont ouvert la porte ext\u00e9rieure de la maison en tirant dessus et trois Imbonerakure en uniforme de police sont entr\u00e9s:<br \/>Ils ont dit : \u00ab Sors de l\u00e0 imm\u00e9diatement! \u00bb L'un d'eux a pris une barre de fer et m'a frapp\u00e9 deux fois dans le dos. Un autre est all\u00e9 dans la chambre o\u00f9 ma fille et un employ\u00e9 du bar dormaient. Il leur a march\u00e9 dessus, a point\u00e9 son fusil sur eux et a dit : \u00ab Donnez-moi l'argent. \u00bb Les deux autres (hommes en uniforme de la police) sont rest\u00e9s dehors \u00e0 boire de la bi\u00e8re. (Un des policiers) a pris toutes nos valises et tous nos sacs et a mis la bi\u00e8re dedans. Ils ont aussi pris du lait en poudre et du sucre. Ils ont pris de la viande dans le r\u00e9frig\u00e9rateur et l'ont mang\u00e9e crue. Ils m'ont dit: \u00ab Je vais te montrer comment travaillent les Imbonerakure. \u00bb<br \/>Ils lui ont taillad\u00e9 la t\u00eate avec une ba\u00efonnette et il a perdu connaissance. Il pense qu'ils l'ont cru mort et sont partis.<\/p>\n<p>Ils sont revenus 20 minutes plus tard pour prendre d'autres boissons. Ils m'ont trouv\u00e9 assis, en train d'essuyer le sang qui avait coul\u00e9 sur moi. Ils m'ont dit : \u00ab Toi, imb\u00e9cile, tu es encore vivant? \u00bb Ils m'ont emmen\u00e9 dans un endroit o\u00f9 environ 50 (autres) \u00e9taient ligot\u00e9s. Ils ont pris mes lacets de chaussures pour me lier les bras derri\u00e8re le dos. Des hommes de l'API, de la BAE et des militaires nous ont fait \u00e9tendre sur le dos. Quand (les membres des forces de s\u00e9curit\u00e9) ont fini de boire leurs bi\u00e8res, ils ont plac\u00e9 les bouteilles (en \u00e9quilibre) sur la gorge de ceux qui \u00e9taient \u00e9tendus au sol. Quand la bouteille tombait, ils nous donnaient des coups de pied ou de crosse de fusil. C'\u00e9tait une forme de punition. Ils savaient tr\u00e8s bien que quand on est attach\u00e9 et face au soleil, on ne peut pas tenir. Des hommes sont venus et m'ont donn\u00e9 des coups de pied. Ils l'ont tous fait, comme si c'\u00e9tait une partie de football.<\/p>\n<p>Les policiers l'ont emmen\u00e9 avec d'autres d\u00e9tenus au centre de d\u00e9tention de la police connu sous le nom de Bureau sp\u00e9cial de recherche (BSR), leur ordonnant de garder la t\u00eate baiss\u00e9e dans la camionnette sinon ils leur \u00e9craseraient la t\u00eate. Au BSR, les policiers l'ont de nouveau battu. Il a vu des Imbonerakure qui regardaient pour savoir qui y \u00e9tait d\u00e9tenu. Le procureur de Bujumbura lui a refus\u00e9 des soins m\u00e9dicaux et l'a accus\u00e9 d'\u00eatre un combattant de l'opposition. Human Rights Watch ne poss\u00e8de aucune indication selon laquelle il \u00e9tait membre d'un groupe arm\u00e9. L'homme a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 quatre jours plus tard. En raison de l'ins\u00e9curit\u00e9 et de l'intensit\u00e9 des tirs, la Croix-Rouge burundaise n'a pas envoy\u00e9 d'ambulances chercher les civils bless\u00e9s le 11 d\u00e9cembre. Beaucoup ne sont arriv\u00e9s dans les h\u00f4pitaux que le lendemain. Fosses communes Le 12 d\u00e9cembre, des policiers et des Imbonerakure, accompagn\u00e9s d\u2019autorit\u00e9s locales et d'agents de sant\u00e9, ont ramass\u00e9 des cadavres \u00e0 Musaga et les ont emport\u00e9s dans des v\u00e9hicules de l\u2019administration locale pour les enterrer dans des fosses communes ailleurs, \u00e0 Bujumbura et aux alentours. Des informations sur l'existence de fosses communes \u00e0 Bugarama, dans la province de Muramvya, \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 apparues en novembre.<\/p>\n<p>Human Rights Watch s'est entretenu avec plusieurs t\u00e9moins qui ont affirm\u00e9 que des Imbonerakure, portant des masques et des gants chirurgicaux, avaient creus\u00e9 trois ou quatre fosses dans un cimeti\u00e8re du quartier de Kanyosha et y avaient enterr\u00e9 des corps, finissant de creuser au moment o\u00f9 les v\u00e9hicules arrivaient avec les d\u00e9pouilles. Un t\u00e9moin a affirm\u00e9 avoir compt\u00e9 20 corps dans une fosse et 8 dans une autre, tandis qu'une troisi\u00e8me \u00e9tait rest\u00e9e vide. Un autre t\u00e9moin a indiqu\u00e9 avoir compt\u00e9 9 corps dans une fosse, 9 dans une autre et 10 dans la troisi\u00e8me. Les autorit\u00e9s ont interdit aux personnes pr\u00e9sentes de prendre des photos. Deux autres corps ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans une bananeraie et dans un champ de ma\u00efs proches de la prison de Mpimba le 13 d\u00e9cembre, et un troisi\u00e8me a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 le 14. Ils ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9. Des habitants ont vu des autorit\u00e9s gouvernementales locales accompagnant les Imbonerakure au cimeti\u00e8re de Kanyosha. Un agent de sant\u00e9 a r\u00e9pandu du d\u00e9sinfectant sur les cadavres. Apr\u00e8s l'enterrement, un responsable de l\u2019administration locale a pay\u00e9 les Imbonerakure avec des liasses de francs burundais. Un habitant de Musaga a d\u00e9clar\u00e9 :<br \/>Je les ai vus ramasser les cadavres. Les corps \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s un peu partout. \u00c0 Kinanira II, j'ai vu 12 corps dans les rues, pr\u00e8s des maisons. La population en a emport\u00e9 trois. Les neuf autres ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans trois camionnettes pick-up\u2026 Des Imbonerakure venus de Kanyosha et deux de Musaga ont charg\u00e9 les corps dans les camionnettes\u2026 \u00c0 Kinanira I, il y avait quatre corps ; il y en avait encore un autre en face de Camp Bataillon (un camp militaire). Certains avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par balles\u2026 \u00c0 Camp Base, pr\u00e8s de la prison de Mpimba, neuf corps ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s\u2026 Dans la rivi\u00e8re pr\u00e8s des champs, il y avait trois corps d\u00e9capit\u00e9s. L'un \u00e9tait v\u00eatu d'un pantalon policier. Les autres \u00e9taient habill\u00e9s en<br \/>civil\u2026 Ils avaient \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s l\u00e0 comme des chiens. Personne n'a essay\u00e9 de savoir qui \u00e9taient ces victimes.<\/p>\n<p>Un autre homme a affirm\u00e9:\u00a0Des corps ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans des sacs, puis enterr\u00e9s. D'autres ont simplement \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans la fosse. La plupart avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par balles. Ils \u00e9taient atteints au ventre, \u00e0 la t\u00eate, partout. D'autres avaient des br\u00fblures. La plupart \u00e9taient de jeunes hommes. Les Imbonerakure qui \u00e9taient avec la police ont ramass\u00e9 les corps \u00e0 partir de 10h00 environ le samedi (le 12 d\u00e9cembre). Ils ont fini de les enterrer vers 16h00. Il leur a fallu environ trois heures pour d\u00e9charger les corps\u2026 Il y avait plus de 20 Imbonerakure l\u00e0-bas, y compris le chef des Imbonerakure de Musaga\u2026 Trois des victimes portaient des uniformes de police et deux des uniformes militaires, mais on avait l'impression que quelqu'un les avait mis sur les cadavres, car ils ne leur allaient pas bien.<\/p>\n<p>Quand ils (les Imbonerakure) enterraient les corps, on avait l'impression qu'ils \u00e9taient fiers mais qu'ils savaient qu'ils avaient fait quelque chose de mal. Ils disaient des choses comme: \u00ab Que \u00e7a vous plaise ou non, vous devez accepter son mandat \u00bb (celui de Pierre Nkurunziza)\u2026 C'\u00e9tait horrible de voir comment ces personnes avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es.<br \/>Selon des sources locales qui ont vu des cadavres \u00e0 Nyakabiga avant qu'ils ne soient emport\u00e9s, certaines victimes avaient \u00e9t\u00e9 atteintes de balles dans le dos, d'autres dans la t\u00eate. Certains corps ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans les caniveaux. Des journalistes, des activistes, et d'autres sources ont affirm\u00e9 que des corps avaient \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans la rivi\u00e8re Ntahangwa. Des corps trouv\u00e9s \u00e0 Nyakabiga ont \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s pr\u00e8s du cimeti\u00e8re de Mpanda, non loin de Bujumbura, et enterr\u00e9s dans des fosses communes. Des informations non confirm\u00e9es ont fait \u00e9tat de corps enterr\u00e9s dans d'autres lieux. Les autorit\u00e9s n'ont pas tent\u00e9 d'identifier les victimes. Il n'a pas \u00e9t\u00e9 possible de confirmer comment ou par qui elles avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es. Selon certaines sources, la plupart avaient \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es par balles par les forces de s\u00e9curit\u00e9 le 11 d\u00e9cembre; selon d'autres, certaines des victimes \u00e9taient peut-\u00eatre des Imbonerakure.<\/p>\n<h3><strong> Assassinats cibl\u00e9s <\/strong><\/h3>\n<p>Dans un certain nombre d'autres cas, des personnes soup\u00e7onn\u00e9es d'\u00eatre des opposants au gouvernement ont \u00e9t\u00e9 prises pour cible et tu\u00e9es.<\/p>\n<p>Des sources ont affirm\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch que des agents des services de renseignement avaient offert de l'argent \u00e0 des personnes qui avaient manifest\u00e9 contre le troisi\u00e8me mandat de Pierre Nkurunziza en 2015, pour d\u00e9voiler o\u00f9 habitaient certains manifestants et autres sympathisants de l'opposition. Le 1er d\u00e9cembre, les corps de trois jeunes hommes, dont certains \u00e9taient peut-\u00eatre membres d'un parti d'opposition, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts, la gorge tranch\u00e9e, sur la 10e Avenue \u00e0 Mutakura.<\/p>\n<p>Human\u00a0Rights Watch a vu des photos des corps, qui pr\u00e9sentaient de profondes coupures \u00e0 la gorge, ainsi qu'une vid\u00e9o montrant un habitant affirmant que des gens se faisaient abattre comme des vaches. Le 3 janvier vers 7h30 \u00e0 Musaga, des policiers ont interpell\u00e9 Pascal Nshimirimana, un musicien et coiffeur \u00e0 temps partiel \u00e2g\u00e9 d'environ 25 ans et surnomm\u00e9 Lissouba, alors qu'il revenait d'acheter de la nourriture. Il \u00e9tait avec trois autres hommes, dont un domestique. Cinq policiers se sont approch\u00e9s d'eux ; parmi eux il y avait un policier en civil dont Nshimirimana avait accept\u00e9 de couper les cheveux ce jour-l\u00e0. Les policiers leur ont demand\u00e9 pourquoi ils se trouvaient l\u00e0 et d'o\u00f9 ils venaient, ont demand\u00e9 \u00e0 voir leurs cartes d'identit\u00e9, et leur ont ordonn\u00e9 de les suivre. L'un d'eux s'est enfui. Les policiers ont demand\u00e9 aux autres de s'asseoir par terre. Nshimirimana a refus\u00e9. \u00c0 ce stade, 10 policiers \u00e9taient rassembl\u00e9s autour d'eux.<br \/>Un t\u00e9moin a racont\u00e9 :\u00a0<br \/>Tous les policiers ont port\u00e9 leur attention (sur Nshimirimana) et l'ont forc\u00e9 \u00e0 s'asseoir. Le domestique s'est enfui, ils lui ont tir\u00e9 dessus, mais il a eu de la chance et n'a pas \u00e9t\u00e9 atteint. J'ai vu un policier tirer dans les jambes de Lissouba. Il s'est lev\u00e9 et (a essay\u00e9 de) courir vers la prison centrale de Mpimba. J'ai entendu un autre coup de feu. D'autres personnes sont all\u00e9es voir ce qui s'\u00e9tait pass\u00e9 et l'ont trouv\u00e9 mort.<br \/>Un autre t\u00e9moin s'est rendu sur place apr\u00e8s avoir entendu les coups de feu:<\/p>\n<p>J'ai trouv\u00e9 des policiers l\u00e0-bas, dont le chef de poste de police. Je lui ai demand\u00e9 pourquoi Lissouba avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Il a r\u00e9pondu que c'\u00e9tait un rebelle, et (m'a accus\u00e9 de) collaborer avec eux. Il a dit qu'il pourrait se servir d'une corde pour me tuer. (Lissouba) avait \u00e9t\u00e9 atteint aux jambes et avait re\u00e7u une balle dans la colonne vert\u00e9brale. La balle \u00e9tait ressortie par son ventre. Ses intestins sortaient de son ventre.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur cette affaire par Radio France Internationale, le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a affirm\u00e9 que Nshimirimana et les hommes qui l'accompagnaient \u00ab s\u2019appr\u00eataient \u00e0 commettre un crime \u00bb. T\u00f4t dans la matin\u00e9e du 7 novembre, un homme v\u00eatu d'un uniforme de police est entr\u00e9 dans un bar, le Coin des Amis, \u00e0 Kanyosha, s'est approch\u00e9 de quatre clients \u2013 trois hommes et une femme qui parlaient kinyarwanda, la langue du Rwanda \u2013 puis est parti. Peu de temps apr\u00e8s, trois hommes en uniforme de police se sont approch\u00e9s du bar et ont fait entrer les clients qui \u00e9taient assis \u00e0 l'ext\u00e9rieur. Deux des hommes en uniforme sont rest\u00e9s dehors pendant que le troisi\u00e8me ordonnait \u00e0 toutes les personnes \u00e0 l'int\u00e9rieur de s'allonger sur le sol et de vider leurs poches. Il a collect\u00e9 les t\u00e9l\u00e9phones et l'argent, puis a commenc\u00e9 \u00e0 tirer. Un survivant a d\u00e9clar\u00e9:<br \/>Je les ai vus tuer neuf personnes. Il est difficile de savoir qui ils \u00e9taient (les assaillants). C'\u00e9taient peut-\u00eatre des Imbonerakure en uniforme de police. Des policiers \u00e9taient venus dans le bar environ une semaine avant. Ils avaient demand\u00e9 au personnel du restaurant : \u00ab O\u00f9 sont les criminels qui viennent boire ici? \u00bb\u00a0Les attaquants ont vol\u00e9 la voiture du propri\u00e9taire et se sont enfuis. La voiture a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e plus tard, cribl\u00e9e de balles, dans une zone rurale.<\/p>\n<h3><strong>Possibles disparitions forc\u00e9es <\/strong><\/h3>\n<p>De nombreuses sources \u00e0 Bujumbura ont parl\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch de personnes disparues en d\u00e9cembre, en janvier, ou en f\u00e9vrier. Dans certains cas, des \u00e9l\u00e9ments indiquaient que les personnes avaient \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9es par des agents de l'\u00c9tat. Dans d'autres cas, des proches ou des amis avaient \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s, par des interm\u00e9diaires ou par des sources internes, que la personne pouvait \u00eatre d\u00e9tenue par les services de renseignement, mais n'avaient pas pu obtenir confirmation ni localiser la personne. Dans d'autres cas encore, il n'y avait aucun indice. De nombreuses familles ont peur de demander l'aide des autorit\u00e9s, de crainte que la police ou les services de renseignement aient \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans l'enl\u00e8vement ou la disparition.<\/p>\n<p>Des activistes locaux, des journalistes, et d'autres sources ont aussi fait \u00e9tat, notamment sur les r\u00e9seaux sociaux, d'une augmentation notable des cas de personnes port\u00e9es disparues depuis d\u00e9cembre. La nature secr\u00e8te de ces cas fait qu'il est tr\u00e8s difficile de confirmer les d\u00e9tails.<\/p>\n<p>Une disparition forc\u00e9e se produit lorsqu'une personne est priv\u00e9e de sa libert\u00e9 par des agents de l'\u00c9tat ou par des personnes agissant avec leur accord, et que s'ensuit un refus de reconna\u00eetre la privation de libert\u00e9 ou une dissimulation du sort ou du lieu o\u00f9 se trouve la personne disparue.<\/p>\n<p>Une pratique nouvelle est apparue, dans laquelle les familles se voient demander d'importantes ran\u00e7ons. Dans le pass\u00e9, la police avait l'habitude de demander aux familles des sommes d'argent relativement modestes pour lib\u00e9rer des d\u00e9tenus. Mais r\u00e9cemment, la police, les services de renseignement ou leurs interm\u00e9diaires ont exig\u00e9 des sommes exorbitantes, allant de 500.000 \u00e0 3 millions de francs burundais (environ 320 \u00e0 1.900 dollars US), totalement hors de port\u00e9e de la plupart des habitants. Les familles empruntent l'argent, mais sans garantie que leurs proches seront lib\u00e9r\u00e9s ou localis\u00e9s.<\/p>\n<p>Le 10 d\u00e9cembre, des hommes non identifi\u00e9s, circulant \u00e0 bord d'un v\u00e9hicule consid\u00e9r\u00e9 comme appartenant aux services de renseignement, ont emmen\u00e9 Marie-Claudette Kwizera, la tr\u00e9sori\u00e8re de la Ligue Iteka, une organisation burundaise de d\u00e9fense des droits humains, \u00e0 Bujumbura. La famille a pay\u00e9 un membre des services de renseignement, par un interm\u00e9diaire, plus de 2.000 dollars US pour obtenir sa lib\u00e9ration. Un agent des renseignements et l'interm\u00e9diaire pr\u00e9sum\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 par la suite arr\u00eat\u00e9s. Mais on est toujours sans nouvelle de Marie-Claudette Kwizera. La Ligue Iteka fait partie d'une dizaine d'organisations non gouvernementales dont les comptes en banque ont \u00e9t\u00e9 gel\u00e9s par le procureur g\u00e9n\u00e9ral en novembre et en d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Un chef de poste de police \u00e0 Nyakabiga et ancien membre de la police judiciaire, Donatien Twizera, a disparu d\u00e9but f\u00e9vrier. Il a re\u00e7u un appel t\u00e9l\u00e9phonique d'un policier qui lui aurait peut-\u00eatre demand\u00e9 de le rencontrer. La moto de Twizera a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e plus tard \u00e0 l'ext\u00e9rieur de Bujumbura. En tant que membre de la police judiciaire, Twizera avait particip\u00e9 \u00e0 une enqu\u00eate sensible sur le meurtre de trois religieuses italiennes \u00e0 Bujumbura en septembre 2014, dans lesquels des membres des services de renseignement pourraient avoir \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s. Plus r\u00e9cemment, il avait \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de sympathiser avec l'opposition arm\u00e9e, selon des activistes. On\u00a0est toujours sans nouvelles de lui. En janvier, un informateur de police pr\u00e9sum\u00e9 a dirig\u00e9 la police vers la maison d'un homme \u00e2g\u00e9 d'une trentaine d'ann\u00e9es. Le 25 janvier, des militaires ont arr\u00eat\u00e9 cet homme et l'ont emmen\u00e9 vers une base militaire locale. Lorsqu'un membre de sa famille a demand\u00e9 ce qu'il avait fait, un des militaires \u00e0 r\u00e9pondu: \u00ab (C'est) un assassin et un criminel. \u00bb Le 26 janvier, des militaires ont ramen\u00e9 l'homme chez lui, les mains li\u00e9es derri\u00e8re le dos. Il avait \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 et \u00e9tait couvert de sang. Un de ses proches a d\u00e9clar\u00e9:<br \/>Il avait du sang sur le visage. Ils l'ont fait asseoir par terre. Ils lui ont donn\u00e9 des coups de pied et l'ont frapp\u00e9 sur la t\u00eate avec la crosse d'un fusil. Il les a suppli\u00e9s de le d\u00e9tacher. (Les militaires) ont dit: \u00ab Apporte-nous les armes. \u00bb Il a dit: \u00ab Je n'en ai pas. \u00bb Ils ont dit: \u00ab Nous sommes s\u00fbrs que tu vas les apporter. \u00bb Ils ont dit \u00e0 son jeune enfant: \u00ab Voici ton p\u00e8re, (mais) tu n'as pas de p\u00e8re. Dis-lui au revoir car tu ne le reverras plus. \u00bb Ils ont ordonn\u00e9 \u00e0 l'homme de monter dans le v\u00e9hicule, mais il ne pouvait pas car sa poitrine \u00e9tait tr\u00e8s enfl\u00e9e. Ils l'ont soulev\u00e9 et l'ont jet\u00e9 dans la camionnette. Quelqu'un a dit les avoir vus le frapper sur la t\u00eate avec une petite houe.\u00a0Les militaires ont \u00e9galement frapp\u00e9 un membre de sa famille, lui ont donn\u00e9 des coups de pied et lui ont crach\u00e9 dessus. On ignore le sort de l'homme qu'ils ont emmen\u00e9.<\/p>\n<h3><strong> Arrestations arbitraires et proc\u00e8s in\u00e9quitables <\/strong><\/h3>\n<p>La police et les services de renseignement raflent fr\u00e9quemment des groupes d'hommes, jeunes pour la plupart \u2013 parfois des dizaines \u00e0 la fois \u2013, et les arr\u00eatent, en les accusant de faire partie de la \u00ab r\u00e9bellion \u00bb. Le caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et arbitraire de ces arrestations signifie que n'importe quel homme jeune habitant des quartiers comme Musaga, Nyakabiga, Cibitoke, Mutakura ou Ngagara \u2013 o\u00f9 d\u2019importantes manifestations ont eu lieu contre le troisi\u00e8me mandat de Pierre Nkurunziza en 2015 \u2013 est susceptible d'\u00eatre interpell\u00e9, qu'il ait commis une infraction ou non.<\/p>\n<p>Les d\u00e9tenus sont emmen\u00e9s dans des camionnettes, plac\u00e9s dans des cachots de la police ou des services de renseignement, ou emmen\u00e9s vers des destinations inconnues. Selon un responsable, lors des journ\u00e9es ayant suivi les attentats du 11 d\u00e9cembre, une centaine de jeunes hommes ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s au BSR, le centre de d\u00e9tention de la police. Certains ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s; d'autres ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s dans des prisons centrales, et d'autres risquent de longues p\u00e9riodes de d\u00e9tention pr\u00e9ventive.<\/p>\n<p>Certains ont \u00e9t\u00e9 traduits devant des tribunaux et jug\u00e9s lors de proc\u00e8s sommaires, suivant une disposition du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale burundais qui pr\u00e9voit la possibilit\u00e9 d'une proc\u00e9dure acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e pour les pr\u00e9venus pr\u00e9tend\u00fbment pris \u00ab en flagrance \u00bb. D'importants groupes de pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s des m\u00eames chefs d'accusation, peu d'efforts \u00e9tant faits pour \u00e9tablir les responsabilit\u00e9s individuelles dans des actes particuliers.<\/p>\n<p>Le 11 janvier, par exemple, 68 personnes inculp\u00e9es de possession ill\u00e9gale d'armes ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es dans un proc\u00e8s sommaire devant le Tribunal de Grande Instance de Bujumbura, si\u00e9geant dans la ville de Muramvya, \u00e0 environ 40 kilom\u00e8tres de la capitale. Le procureur n'a fourni aucune preuve\u00a0\u00e0 l'appui des accusations. Le proc\u00e8s n'a dur\u00e9 qu'une seule journ\u00e9e, lors de laquelle certains pr\u00e9venus ont affirm\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9s et ont montr\u00e9 des traces de cordes sur leurs bras.<\/p>\n<p>Dans certains cas, des agents de police ou des services de renseignement ont s\u00e9lectionn\u00e9 certaines personnes pour un traitement particuli\u00e8rement brutal. Il peut s'agir de personnes qui ont particip\u00e9 ou aid\u00e9 \u00e0 organiser les manifestations contre le troisi\u00e8me mandat de Pierre Nkurunziza. Elles sont souvent s\u00e9par\u00e9es des autres d\u00e9tenus dans les postes de police et envoy\u00e9es dans des centres de d\u00e9tention g\u00e9r\u00e9s par les services de renseignement, o\u00f9 le traitement des d\u00e9tenus est souvent plus dur.<\/p>\n<p>Des responsables judiciaires subalternes de Bujumbura ont affirm\u00e9 en priv\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch que dans de nombreux cas, la r\u00e9gularit\u00e9 des proc\u00e9dures n'est pas respect\u00e9e. Ils ont d\u00e9clar\u00e9 qu'ils avaient renonc\u00e9 \u00e0 tenter de suivre les proc\u00e9dures juridiques l\u00e9gales car ils re\u00e7oivent de leurs sup\u00e9rieurs l'ordre d'inculper faussement des personnes de participation \u00e0 des groupes rebelles ou de possession ill\u00e9gale d'armes, qu'il existe des \u00e9l\u00e9ments de preuve ou non.<\/p>\n<h3><strong>Tortures et mauvais traitements <\/strong><\/h3>\n<p>Human Rights Watch a document\u00e9 des cas de torture s\u00e9v\u00e8re et d'autres mauvais traitements de la part de la police et des services de renseignement, au moment de l'arrestation et pendant la d\u00e9tention, en particulier depuis la fin 2015.<\/p>\n<p>Dans certains cas, des agents de police ou des services de renseignement ont tortur\u00e9 des d\u00e9tenus pour les forcer \u00e0 signer des aveux. Dans d'autres cas, les mauvais traitements semblaient constituer une punition pour opposition pr\u00e9sum\u00e9e au gouvernement, ou \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 humilier les victimes.<\/p>\n<p>La torture n'est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau au Burundi, mais \u00e0 la suite de la r\u00e9pression exerc\u00e9e par le gouvernement \u00e0 l\u2019encontre d\u2019opposants pr\u00e9sum\u00e9s en 2015, elle est devenue plus syst\u00e9matique et plus brutale. Des victimes et d'autres sources ont affirm\u00e9 que les forces de s\u00e9curit\u00e9 ou les services de renseignement avaient frapp\u00e9 des personnes \u00e0 plusieurs reprises, battu des d\u00e9tenus \u00e0 coups de crosse de fusil, leur causant dans certains cas des fractures ou leur brisant la m\u00e2choire au point qu'ils en perdaient des dents. D'autres ont \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9es dans les parties g\u00e9nitales \u00e0 coups de crosse ou taillad\u00e9es \u00e0 coups de couteau ou de machette. Un responsable a pr\u00e9cis\u00e9 que certains d\u00e9tenus arrivaient aux centres de d\u00e9tention ensanglant\u00e9s, ayant perdu des dents, le visage tum\u00e9fi\u00e9 et avec d\u2019intenses douleurs. Certains ont \u00e9t\u00e9 de nouveau frapp\u00e9s, \u00e0 coups de barre de fer, de pierre ou de brique, par des responsables de haut rang de la police nationale ou provinciale. Certaines personnes gravement bless\u00e9es par la police se sont vu refuser des soins m\u00e9dicaux. Celles qui ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9es \u00e0 tabac dans d'autres lieux que les centres de d\u00e9tention ont \u00e9galement eu des difficult\u00e9s \u00e0 obtenir une assistance m\u00e9dicale. De nombreuses personnes ont \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9es de nuit et ont eu peur de se d\u00e9placer en ville. Il est fr\u00e9quent que les ambulances de la Croix-Rouge ne circulent pas la nuit pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. Des bless\u00e9s arrivent souvent le lendemain dans les h\u00f4pitaux, dans un \u00e9tat critique.<\/p>\n<p>Certaines personnes transf\u00e9r\u00e9es dans des prisons centrales ont d\u00e9clar\u00e9 aux membres de leur famille qu'elles \u00e9taient contentes d'\u00eatre en prison car elles avaient surv\u00e9cu \u00e0 leur d\u00e9tention par la police ou les services de renseignement.Fin janvier, un homme \u00e2g\u00e9 de 30 ans a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 \u00e0 tabac par des hommes qui lui ont paru \u00eatre des Imbonerakure. Il a affirm\u00e9 qu'ils lui avaient ass\u00e9n\u00e9 des coups r\u00e9p\u00e9t\u00e9s dans le bas de la jambe \u00e0 l'aide d'une barre de m\u00e9tal, jusqu'\u00e0 ce que son os soit \u00e9cras\u00e9 et bris\u00e9 en trois endroits. Il avait de graves fractures ouvertes dans le bas de la jambe. Il avait aussi des blessures au visage et sur le c\u00f4t\u00e9 gauche du corps, o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 dans un caniveau plein d'eau us\u00e9e. Il souffrait tellement qu'il a demand\u00e9 aux personnes qui s\u2019occupaient de lui de l'achever. Il a fini par succomber \u00e0 ses blessures.<\/p>\n<p>Fin janvier \u00e9galement, un homme de 44 ans, bless\u00e9 dans une attaque plus d'un an auparavant, a \u00e9t\u00e9 approch\u00e9 par des hommes qui lui ont sembl\u00e9 \u00eatre des Imbonerakure. Ils l'ont soup\u00e7onn\u00e9 d'\u00eatre un combattant d'opposition bless\u00e9 parce qu'il portait un pl\u00e2tre. Il avait \u00e9t\u00e9 soign\u00e9 pour sa blessure pr\u00e9c\u00e9dente et avait un clou m\u00e9tallique dans l'os d'un bras. Les hommes ont d\u00e9chiquet\u00e9 son pl\u00e2tre et ont arrach\u00e9 le clou de son os en se servant de leurs mains. L'homme a \u00e9t\u00e9 tellement terroris\u00e9 qu'il est rest\u00e9 cach\u00e9 pendant un mois avant de chercher \u00e0 se faire soigner de nouveau. Il a \u00e9t\u00e9 amput\u00e9 du bras, \u00e0 sa demande, car il avait trop peur d'\u00eatre vu \u00e0 nouveau avec un pl\u00e2tre. Certaines personnes qui ont subi une blessure craindraient d'\u00eatre vues avec des pl\u00e2tres ou avec des blessures visibles car elles pourraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme membres de l'opposition.<\/p>\n<h3><strong>Abus commis par les groupes arm\u00e9s d'opposition <\/strong><\/h3>\n<p>Le mouvement d'opposition arm\u00e9e burundais est fragment\u00e9, consistant en plusieurs groupes dot\u00e9s de structures s\u00e9par\u00e9es et dont la plupart des dirigeants sont en exil. On ignore s'ils collaborent ou coordonnent leurs actions et, si oui, dans quelle mesure.<\/p>\n<p>Deux groupes ont formalis\u00e9 leurs activit\u00e9s depuis d\u00e9but janvier: les Forces r\u00e9publicaines du Burundi (FOREBU) et la R\u00e9sistance pour un \u00c9tat de Droit au Burundi (RED-Tabara). Tous deux ont revendiqu\u00e9 la responsabilit\u00e9 de certains attentats. Bien que la RED-Tabara ait affirm\u00e9 qu'elle ne prenait pour cible que les forces du gouvernement, de nombreuses autres personnes ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es dans des attentats attribu\u00e9s \u00e0 ce groupe. Dans la soir\u00e9e du 5 f\u00e9vrier, trois Imbonerakure ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s \u00e0 Gikoto, pr\u00e8s de Gasekebuye, \u00e0 Musaga. Un enfant de 9 ou 10 ans a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 tu\u00e9, ayant \u00e9t\u00e9 atteint d'une balle dans la t\u00eate. Quatre autres personnes ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es. Le 6 f\u00e9vrier, Thierry Habonimana, un ancien membre du parti au pouvoir, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par balles dans la douche de sa maison \u00e0 Musaga. Une source locale a indiqu\u00e9 qu'il avait re\u00e7u trois balles. On pr\u00eate aux groupes arm\u00e9s d'opposition la responsabilit\u00e9 d'un certain nombre d'attentats \u00e0 la grenade commis dans plusieurs quartiers de Bujumbura, bien qu'ils revendiquent rarement cette responsabilit\u00e9. Certains de ces attentats ont sembl\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 commis sans distinction, tuant ou blessant de nombreux passants. D'autres \u00e9taient plus cibl\u00e9s. Fait inhabituel, les FOREBU et la RED-Tabara ont tous deux revendiqu\u00e9 la responsabilit\u00e9 de deux attentats commis le 6 f\u00e9vrier dans les quartiers de Cibitoke et Musaga.<\/p>\n<h3><strong>Recrutement et formation militaire de r\u00e9fugi\u00e9s burundais au Rwanda <\/strong><\/h3>\n<p>Depuis le d\u00e9but de 2015, selon le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s, plus de 240 000 Burundais ont fui leur pays pour se r\u00e9fugier dans les pays voisins, pour la plupart en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda et en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RD Congo).<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les autorit\u00e9s rwandaises ont permis aux groupes d'opposition burundais de s'organiser, de recruter et de se livrer \u00e0 de la formation militaire sur leur territoire.<\/p>\n<p>Human Rights Watch a interrog\u00e9 plus de 20 Burundais qui ont affirm\u00e9 que d\u2019autres Burundais les avaient recrut\u00e9s dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Mahama au Rwanda au cours des mois de mai et juillet 2015, pour qu'ils rejoignent un mouvement arm\u00e9 d'opposition burundais. Le camp de Mahama est administr\u00e9 par le minist\u00e8re rwandais de la Gestion des catastrophes et des R\u00e9fugi\u00e9s. Le recrutement semble avoir \u00e9t\u00e9 bien organis\u00e9. Deux Burundais du camp de r\u00e9fugi\u00e9s, dont un combattant d\u00e9mobilis\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits comme \u00e9tant les principaux recruteurs.<\/p>\n<p>Certaines recrues ont affirm\u00e9 que des hommes originaires de leurs provinces au Burundi \u00e9taient aussi charg\u00e9s de les recruter. Des r\u00e9unions ont \u00e9t\u00e9 tenues dans le camp de Mahama afin d'encourager les hommes jeunes \u00e0 rejoindre le mouvement. De nombreux jeunes recrut\u00e9s se sont entendu dire qu'ils recevraient un entra\u00eenement militaire afin de chasser le pr\u00e9sident Nkurunziza du pouvoir. Certains jeunes hommes ont affirm\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s sous de faux pr\u00e9textes, comme la promesse d'un emploi, mais qu'ils avaient ensuite \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s dans un camp d'entra\u00eenement. Des dizaines de recrues ont parcouru nuitamment plusieurs kilom\u00e8tres \u00e0 pied hors du camp de r\u00e9fugi\u00e9s pour se rendre \u00e0 un point de rencontre, puis ont \u00e9t\u00e9 pris en charge dans des bus priv\u00e9s, ou dans des v\u00e9hicules qu'ils ont d\u00e9crits comme des v\u00e9hicules militaires rwandais, et emmen\u00e9s au camp d'entra\u00eenement, situ\u00e9 dans une for\u00eat, \u00e0 quelques heures de route; ils n'ont pas \u00e9t\u00e9 en mesure de le localiser exactement. Une fois sur place, des hommes rwandais et burundais, en uniforme militaire, les ont form\u00e9s \u00e0 diverses disciplines militaires, notamment au maniement des armes, aux tactiques de guerre, et \u00e0 creuser des places fortes camoufl\u00e9es ou des tranch\u00e9es. Certains t\u00e9moins ont affirm\u00e9 que les Burundais qui assuraient la formation militaire \u00e9taient d'anciens soldats d\u00e9mobilis\u00e9s. Des t\u00e9moins ont estim\u00e9 que plusieurs centaines de recrues ont suivi cette formation dans le camp d'entra\u00eenement.<\/p>\n<p>Un homme de 28 ans a d\u00e9clar\u00e9 :<br \/>(Le patron du camp) parlait kinyarwanda. Parfois, ils l'appelaient James. Il y avait des Rwandais l\u00e0-bas qui parlaient kinyarwanda. Parfois, ils parlaient anglais. Entre eux, quand ils ne voulaient pas qu\u2019on comprenne, ils parlaient anglais. Mais l'entra\u00eenement se faisait en kinyarwanda.<\/p>\n<p>D'autres recrues ont affirm\u00e9 que la formation militaire \u00e9tait assur\u00e9e dans un m\u00e9lange de kinyarwanda, d'anglais et de kirundi (la langue du Burundi). Les instructeurs militaires burundais ont demand\u00e9 aux recrues de ne pas r\u00e9v\u00e9ler qu'ils avaient suivi une formation.<\/p>\n<p>Ils nous ont dit que nous devrions quitter (le camp d'entra\u00eenement) et combattre pour notre pays parce qu'au Burundi, les Imbonerakure sont nombreux. Ce jour-l\u00e0, un responsable de haut rang est venu. Il ne vivait pas sur place. Il venait de temps en temps. Les membres de son escorte portaient des uniformes militaires rwandais.<\/p>\n<p>Des recrues ont parl\u00e9 d'un second site situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9, dont ils pensaient que c'\u00e9tait un deuxi\u00e8me camp d'entra\u00eenement. L'un d'eux avait apport\u00e9 de la nourriture \u00e0 ce camp d'entra\u00eenement mais n'y avait jamais p\u00e9n\u00e9tr\u00e9.<\/p>\n<p>Au camp d'entra\u00eenement, un homme est venu et a pris une photo de chaque recrue. Ces photos ont ensuite \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour fournir aux recrues de fausses cartes \u00e9lectorales congolaises. Avant de quitter le camp d'entra\u00eenement le soir, les instructeurs leur ont dit qu'ils recevraient davantage d'informations concernant leur mission quand ils arriveraient au Burundi. Les recrues ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties en groupes de 25 et en sous-groupes de cinq. Chaque sous-groupe avait un chef, \u00e0 qui un t\u00e9l\u00e9phone a \u00e9t\u00e9 remis, avec l'ordre d'appeler un num\u00e9ro pour recevoir des instructions quand son groupe arriverait au Burundi. Ces groupes ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s en v\u00e9hicule de nuit dans une maison o\u00f9 un Rwandais leur a donn\u00e9 de la nourriture. Au bout de quelques jours, ils ont \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s en v\u00e9hicule, toujours de nuit, jusqu'\u00e0 une rivi\u00e8re. Des Rwandais en civil leur ont dit de se d\u00e9shabiller et leur ont donn\u00e9 un jerrycan pour les aider \u00e0 flotter \u00e0 travers la rivi\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 la RD Congo. Du fait que beaucoup ne savaient pas nager, les Rwandais ont nag\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'eux pendant la travers\u00e9e.<\/p>\n<p>Une fois pass\u00e9e la fronti\u00e8re de la RD Congo, des v\u00e9hicules les ont emmen\u00e9s vers diverses destinations. Les autorit\u00e9s congolaises ont arr\u00eat\u00e9 certains d'entre eux dans la ville d'Uvira ou aux alentours, et d'autres encore alors qu'ils tentaient de passer au Burundi. Human Rights Watch n'a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de confirmer si le recrutement et la formation militaire de Burundais au Rwanda se sont poursuivis jusqu'\u00e0 une date plus r\u00e9cente.<\/p>\n<p>Dans un courrier dat\u00e9 du 22 f\u00e9vrier, r\u00e9pondant aux constatations effectu\u00e9es par Human Rights Watch, la Secr\u00e9taire permanente du minist\u00e8re rwandais de la Justice a \u00e9crit que le gouvernement rwandais avait eu vent de \u00ab certaines all\u00e9gations g\u00e9n\u00e9rales concernant une certaine ins\u00e9curit\u00e9 parmi les r\u00e9fugi\u00e9s burundais \u00bb, et qu'il \u00e9tait \u00e0 la recherche \u00ab d'informations pouvant \u00eatre utiles \u00e0 d'\u00e9ventuelles enqu\u00eates dans le contexte de la protection des r\u00e9fugi\u00e9s, mais aussi des violations possibles du territoire rwandais que ces all\u00e9gations sugg\u00e8rent \u00bb. Cette lettre pose une s\u00e9rie de questions concernant les recherches effectu\u00e9es par Human Rights Watch et d\u00e9clare que le gouvernement rwandais \u00ab demeure tr\u00e8s d\u00e9sireux de suivre cette question de pr\u00e8s si tant est que ces all\u00e9gations puissent \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es \u00bb. Elle ajoute qu'en l'absence d'informations confirmant les affirmations de Human Rights Watch, il ne serait \u00ab pas sage de publier un tel rapport \u00bb car cela \u00ab constituerait un nouvel exemple de sensationnalisme visant \u00e0 produire des informations (dans les m\u00e9dias) plut\u00f4t qu'\u00e0 prot\u00e9ger les droits humains \u00bb et \u00ab servirait \u00e0 cr\u00e9er une diversion en d\u00e9tournant l'attention du conflit au Burundi \u00bb.<\/p>\n<p>Dans un document confidentiel qui a fait l'objet d'une fuite dans les m\u00e9dias en janvier 2016, le Groupe d'experts de l'ONU sur la RD Congo a fait \u00e9tat de constatations similaires concernant le recrutement et la formation de r\u00e9fugi\u00e9s burundais au Rwanda en mai et juin 2015. Des Burundais ont d\u00e9clar\u00e9 au Groupe d'experts qu'il y avait au moins quatre compagnies de 100 recrues chacune au camp d'entra\u00eenement lorsqu'ils y \u00e9taient. Six des recrues ayant re\u00e7u une formation et qui ont parl\u00e9 au Groupe d'experts \u00e9taient mineurs.<\/p>\n<p>La ministre rwandaise des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Louise Mushikiwabo, a d\u00e9clar\u00e9 aux m\u00e9dias d\u00e9but f\u00e9vrier qu'il s'agissait-l\u00e0 d'all\u00e9gations \u00ab infond\u00e9es \u00bb et \u00ab non v\u00e9rifi\u00e9es \u00bb et que la communaut\u00e9 internationale se servait du Rwanda comme bouc \u00e9missaire. En octobre et d\u00e9cembre 2015, la ministre rwandaise de la Gestion des catastrophes et des r\u00e9fugi\u00e9s, S\u00e9raphine Mukantabana, a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e dans les m\u00e9dias qualifiant de fausses des all\u00e9gations similaires \u00e9manant de l'organisation non gouvernementale Refugees International et d'autres sources<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<div id=\"page\" class=\"page page--news\">\n<div id=\"main\">\n<div id=\"main-content\" class=\"clearfix l--constrained\">\n<article id=\"node-287161\" class=\"node node-news article article--full l--constrained--padded\">\n<div class=\"article-content l--text-constrained\">\n<div class=\"article-body\">\n<div class=\"embed\" data-type=\"image\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les autorit\u00e9s du Burundi s'en prennent avec une brutalit\u00e9 accrue aux opposants pr\u00e9sum\u00e9s, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces gouvernementales tuent, enl\u00e8vent, torturent et arr\u00eatent arbitrairement de nombreuses personnes, \u00e0 un rythme alarmant. Alors que la capitale, Bujumbura, s'enfonce de plus en plus dans une situation de non-droit, les violations des droits humains [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":64,"featured_media":68028,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[575],"tags":[],"ji_location":[2152],"class_list":["post-26149","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions","ji_location-burundi"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v25.3.1 (Yoast SEO v25.3.1) - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur - JusticeInfo.net<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les autorit\u00e9s du Burundi s&#039;en prennent avec une brutalit\u00e9 accrue aux opposants pr\u00e9sum\u00e9s, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch aujourd&#039;hui. Les forces gouvernementales tuent, enl\u00e8vent, torturent et arr\u00eatent arbitrairement de nombreuses personnes, \u00e0 un rythme alarmant. Alors que la capitale, Bujumbura, s&#039;enfonce de plus en plus dans une situation de non-droit, les violations des droits humains [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"JusticeInfo.net\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/JusticeInfo\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2016-02-25T06:26:35+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1096\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"732\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Human Rights Watch\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@justiceinfonet\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@justiceinfonet\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Human Rights Watch\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"48 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"NewsArticle\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\"},\"author\":{\"name\":\"solivri\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#\/schema\/person\/6e53cba1629e2e66f3fc1821d3091865\"},\"headline\":\"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur\",\"datePublished\":\"2016-02-25T06:26:35+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\"},\"wordCount\":9985,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg\",\"articleSection\":[\"Opinions\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\",\"url\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\",\"name\":\"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur - JusticeInfo.net\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg\",\"datePublished\":\"2016-02-25T06:26:35+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg\",\"width\":1096,\"height\":732},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#website\",\"url\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\",\"name\":\"JusticeInfo.net\",\"description\":\"La justice doit \u00eatre vue pour \u00eatre rendue\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#organization\",\"name\":\"Justice Info\",\"url\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/justiceinfo_logo-trans_1200x1200px.png\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/justiceinfo_logo-trans_1200x1200px.png\",\"width\":1199,\"height\":1200,\"caption\":\"Justice Info\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#\/schema\/logo\/image\/\"},\"sameAs\":[\"https:\/\/www.facebook.com\/JusticeInfo\/\",\"https:\/\/x.com\/justiceinfonet\",\"https:\/\/www.linkedin.com\/company\/justice-info\",\"https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UCyCEsARodyuWtkWyhn-e7pA\"]},{\"@type\":\"Person\",\"name\":\"Human Rights Watch\",\"url\":\"\/fr\/?s=Human Rights Watch\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur - JusticeInfo.net","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur","og_description":"Les autorit\u00e9s du Burundi s'en prennent avec une brutalit\u00e9 accrue aux opposants pr\u00e9sum\u00e9s, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces gouvernementales tuent, enl\u00e8vent, torturent et arr\u00eatent arbitrairement de nombreuses personnes, \u00e0 un rythme alarmant. Alors que la capitale, Bujumbura, s'enfonce de plus en plus dans une situation de non-droit, les violations des droits humains [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html","og_site_name":"JusticeInfo.net","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/JusticeInfo\/","article_published_time":"2016-02-25T06:26:35+00:00","og_image":[{"width":1096,"height":732,"url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Human Rights Watch","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@justiceinfonet","twitter_site":"@justiceinfonet","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Human Rights Watch","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"48 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"NewsArticle","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html"},"author":{"name":"solivri","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#\/schema\/person\/6e53cba1629e2e66f3fc1821d3091865"},"headline":"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur","datePublished":"2016-02-25T06:26:35+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html"},"wordCount":9985,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg","articleSection":["Opinions"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html","url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html","name":"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur - JusticeInfo.net","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg","datePublished":"2016-02-25T06:26:35+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#primaryimage","url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a5e7cb345b3da5f74e1e6533f6d17477.jpg","width":1096,"height":732},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/26149-burundi-les-enlevements-et-les-meurtres-sement-la-peur-le-conseil-de-securite-de-l-onu-devrait-insister-sur-le-deploiement-d-une-force-de-police-internationale.html#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Burundi : Les enl\u00e8vements et les meurtres s\u00e8ment la peur"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#website","url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr","name":"JusticeInfo.net","description":"La justice doit \u00eatre vue pour \u00eatre rendue","publisher":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#organization","name":"Justice Info","url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/justiceinfo_logo-trans_1200x1200px.png","contentUrl":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/justiceinfo_logo-trans_1200x1200px.png","width":1199,"height":1200,"caption":"Justice Info"},"image":{"@id":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/JusticeInfo\/","https:\/\/x.com\/justiceinfonet","https:\/\/www.linkedin.com\/company\/justice-info","https:\/\/www.youtube.com\/channel\/UCyCEsARodyuWtkWyhn-e7pA"]},{"@type":"Person","name":"Human Rights Watch","url":"\/fr\/?s=Human Rights Watch"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/64"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26149"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26149\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/68028"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26149"},{"taxonomy":"ji_location","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ji_location?post=26149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}