{"id":27735,"date":"2016-06-07T11:21:29","date_gmt":"2016-06-07T09:21:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/27735-republique-centrafricaine-des-meurtres-commis-par-des-soldats-de-maintien-de-la-paix.html"},"modified":"2016-06-07T11:21:29","modified_gmt":"2016-06-07T09:21:29","slug":"republique-centrafricaine-des-meurtres-commis-par-des-soldats-de-maintien-de-la-paix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/27735-republique-centrafricaine-des-meurtres-commis-par-des-soldats-de-maintien-de-la-paix.html","title":{"rendered":"R\u00e9publique centrafricaine : Des meurtres commis par des soldats de maintien de la paix"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>La d\u00e9couverte d\u2019une fosse commune fournit de nouvelles preuves<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Des militaires de la <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/africa\/congo-brazzaville\" rel=\"alternate\">R\u00e9publique du Congo <\/a>ont tu\u00e9 au moins 18 personnes, y compris des femmes et des enfants, entre d\u00e9cembre 2013 et juin 2015, alors qu\u2019ils servaient dans les forces de maintien de la paix en <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/afrique\/republique-centrafricaine\" rel=\"alternate\">R\u00e9publique centrafricaine<\/a>. Deux ans apr\u00e8s que Human Rights Watch ait communiqu\u00e9 pour la premi\u00e8re fois des informations sur des disparitions forc\u00e9es perp\u00e9tr\u00e9es par des soldats de maintien de la paix de la R\u00e9publique du Congo, leur gouvernement n\u2019a pris aucune mesure pour mener des enqu\u00eates cr\u00e9dibles ou rendre justice pour ces crimes.<\/p>\n<p>Une fosse commune d\u00e9couverte pr\u00e8s d\u2019une base des forces de maintien de la paix \u00e0 Boali et exhum\u00e9e le 16 f\u00e9vrier 2016 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les restes de 12 personnes identifi\u00e9es comme celles ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenues par les soldats de maintien de la paix en mars 2014. L\u2019exhumation des corps vient contredire la d\u00e9claration ant\u00e9rieure des forces de maintien de la paix soutenant que les victimes s\u2019\u00e9taient \u00e9chapp\u00e9es. Human Rights Watch a \u00e9galement document\u00e9 la mort par torture de deux leaders anti-balaka \u00e0 Bossangoa en d\u00e9cembre 2013, l\u2019ex\u00e9cution publique de deux anti-balaka pr\u00e9sum\u00e9s \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9 en f\u00e9vrier 2014, et les passages \u00e0 tabac ayant entra\u00een\u00e9 la mort de deux civils \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9 en juin 2015 par des soldats de maintien de la paix congolais.<\/p>\n<p>\u00ab La d\u00e9couverte de 12 corps est une preuve accablante d\u2019un crime effroyable commis par des soldats de maintien de la paix congolais, qui avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s pour prot\u00e9ger la population, et non pour s\u2019attaquer \u00e0 elle \u00bb, a indiqu\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/about\/people\/lewis-mudge\" rel=\"alternate\">Lewis Mudge<\/a>, chercheur sur l\u2019Afrique \u00e0 Human Rights Watch. \u00ab Les autorit\u00e9s de la R\u00e9publique du Congo ne devraient pas fermer les yeux sur les preuves croissantes de meurtres commis par leurs soldats \u00e0 Boali et ailleurs. \u00bb<\/p>\n<p>Ces crimes ont eu lieu alors que les soldats de maintien de la paix servaient dans la mission de maintien de la paix de l\u2019Union africaine (UA), appel\u00e9e MISCA, et dans la mission de maintien de la paix des Nations Unies, appel\u00e9e MINUSCA.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019exhumation de la fosse, Human Rights Watch a \u00e9crit au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Congo <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/sites\/default\/files\/supporting_resources\/hrw_-_lettre_au_president_sassou_le_5_mai_2016.pdf\" rel=\"alternate\">Denis Sassou Nguesso<\/a>\u00a0et \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/sites\/default\/files\/supporting_resources\/hrw_letter_to_au_on_car_6_may_2016.pdf\" rel=\"alternate\">UA<\/a>, les appelant \u00e0 lancer des enqu\u00eates cr\u00e9dibles afin de traduire les responsables en justice.<\/p>\n<p>Une organisation non gouvernementale locale a exhum\u00e9 la fosse commune sur la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019ENERCA, une entreprise hydro-\u00e9lectrique, dont le site \u00e0 Boali sert de base aux forces de maintien de la paix depuis 2013. Les corps \u00e9taient dans un \u00e9tat de d\u00e9composition avanc\u00e9, mais leurs v\u00eatements et d\u2019autres objets distinctifs ont permis d\u2019identifier les victimes comme \u00e9tant des membres d\u2019un groupe d\u2019au moins 12 personnes arr\u00eat\u00e9es par les soldats de maintien de la paix congolais le 24 mars 2014. Les personnes arr\u00eat\u00e9es avaient ensuite disparu.<\/p>\n<p>Human Rights Watch a enqu\u00eat\u00e9 sur les disparitions \u00e0 Boali en mai 2014, juillet 2014, mars 2015, et avril 2016. Suite \u00e0 son d\u00e9placement \u00e0 Boali en mars 2015, Human Rights Watch a inform\u00e9 \u00e0 la fois les Nations Unies et les autorit\u00e9s gouvernementales de l\u2019emplacement de la fosse pr\u00e9sum\u00e9e, qui se trouvait \u00e0 500 m\u00e8tres environ d\u2019une base de la MINUSCA, comme le montre cette<a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/video-photos\/map\/2016\/06\/07\/emplacement-de-la-fosse-commune-boali-et-environs\" rel=\"alternate\"> image satellite<\/a>. Cependant, les forces de maintien de la paix de l\u2019UA et des Nations Unies, ainsi que les autorit\u00e9s nationales n\u2019ont fait aucun effort pour prot\u00e9ger le site ou proc\u00e9der \u00e0 une exhumation par des l\u00e9gistes afin de pr\u00e9server des preuves en vue de futures proc\u00e9dures judiciaires.<\/p>\n<figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/imagesatellite.jpg\" alt=\"Emplacement de la fosse commune \u00e0 Boali et environs \" width=\"686\" height=\"456\" \/><figcaption><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00a9 2016 John Emerson pour Human Rights Watch<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les victimes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es suite \u00e0 un violent incident entre des soldats de maintien de la paix congolais et un leader anti-balaka local, le soi-disant \u00ab g\u00e9n\u00e9ral \u00bb Maurice Konoumo, au cours duquel un soldat de maintien de la paix avait perdu la vie. Rendus furieux par la mort de leur coll\u00e8gue, les soldats de maintien de la paix congolais ont cern\u00e9 la maison du leader anti-balaka, ont arr\u00eat\u00e9 cet homme ainsi qu\u2019au moins 12 autres personnes, y compris cinq femmes, dont une enceinte de 6 mois, et deux enfants, un d\u2019environ 10 ans et l\u2019autre de 7 mois.<\/p>\n<p>Des t\u00e9moins ont d\u00e9crit \u00e0 Human Rights Watch que les personnes arr\u00eat\u00e9es avaient \u00e9t\u00e9 conduites \u00e0 la base des forces de maintien de la paix vers 19 h et confin\u00e9es dans la villa num\u00e9ro 6, utilis\u00e9e par un commandant identifi\u00e9 par les t\u00e9moins comme \u00e9tant le capitaine Abena.<\/p>\n<p>Les soldats de maintien de la paix ont ordonn\u00e9 aux civils qui vivaient dans ou pr\u00e8s de la base de rentrer chez eux. Un t\u00e9moin a racont\u00e9 : \u00ab Ils sont arriv\u00e9s et nous ont hurl\u00e9 : \u201cRentrez chez vous et verrouillez vos portes ! Ne sortez pas !\u201d Ils \u00e9taient tr\u00e8s en col\u00e8re. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re et unique fois qu\u2019ils nous ont oblig\u00e9s \u00e0 nous enfermer chez nous comme \u00e7a, ce n\u2019\u00e9tait pas normal. \u00bb<\/p>\n<p>Plus tard cette nuit-l\u00e0, les t\u00e9moins ont entendu des cris et une salve de tirs venant d\u2019une zone proche de la villa de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route, suivie une heure plus tard par une autre rafale de tirs venant du m\u00eame endroit. Un t\u00e9moin a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il avait entendu une discussion houleuse entre les soldats de maintien de la paix congolais entre les deux rafales de coups de feu pour savoir s\u2019ils devaient tuer ou non les femmes et les enfants, apr\u00e8s quoi la deuxi\u00e8me salve a retenti.<\/p>\n<p>Le lendemain, des t\u00e9moins ont vu des traces de sang \u00e0 plusieurs endroits dans la base, y compris pr\u00e8s de la pompe \u00e0 eau o\u00f9 les soldats de maintien de la paix congolais lavaient leurs v\u00e9hicules. Les soldats de maintien de la paix ont interdit l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une zone appel\u00e9e Usine Boali 3, \u00e0 environ 500 m\u00e8tres de la villa, ordonnant aux r\u00e9sidents de ne rien y cultiver et de ne pas couper l\u2019herbe, sous pr\u00e9texte que la zone \u00e9tait min\u00e9e. Les r\u00e9sidents ont expliqu\u00e9 qu\u2019ils pensaient que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 que les soldats de maintien de la paix avaient enterr\u00e9 les victimes.<\/p>\n<p>Le 2 juin 2014, Human Rights Watch a publi\u00e9 des informations sur la disparition forc\u00e9e d\u2019au moins 11 victimes \u00e0 Boali et sur la torture \u00e0 mort de deux personnes perp\u00e9tr\u00e9es par des soldats de maintien de la paix \u00e0 Bossangoa en d\u00e9cembre 2013, appelant l\u2019UA \u00e0 prendre des mesures, la mission de maintien de la paix \u00e9tant d\u00e9ploy\u00e9e sous ses auspices. Le mois suivant, le commandant de la force MISCA a temporairement suspendu les commandants de Boali et de Bossangoa, le capitaine Abena et le capitaine Mokongo, et des hommes sous leur commandement ont \u00e9t\u00e9 red\u00e9ploy\u00e9s dans d\u2019autres r\u00e9gions du pays.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019accord relatif au statut de la mission entre le gouvernement centrafricain et l\u2019UA, les pays contributeurs de troupes ont la responsabilit\u00e9 de traduire en justice les membres de leurs forces pour tout crime commis en R\u00e9publique centrafricaine.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019accord relatif au statut de la mission entre le gouvernement centrafricain et l\u2019UA, les pays contributeurs de troupes ont la responsabilit\u00e9 de traduire en justice les membres de leurs forces pour tout crime commis en R\u00e9publique centrafricaine.<\/p>\n<p>Le 4 juillet 2014, Human Rights Watch a \u00e9crit au ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de la R\u00e9publique du Congo pour l\u2019informer des conclusions et \u00e0 El Ghassim Wane, alors directeur du d\u00e9partement Paix et S\u00e9curit\u00e9 de l\u2019UA, pour demander instamment que des enqu\u00eates soient men\u00e9es et les responsables de ces crimes traduits en justice. Il n\u2019y a pas eu de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>En septembre 2014, lorsque les Nations Unies ont pris le relais de la responsabilit\u00e9 du maintien de la paix de l\u2019UA, les repr\u00e9sentants de l\u2019ONU ont insist\u00e9 pour que tous les soldats de maintien de la paix congolais existants soient mut\u00e9s hors de la R\u00e9publique centrafricaine et remplac\u00e9s par de nouveaux militaires afin de garantir qu\u2019aucun des responsables des abus ne fasse partie de la mission des Nations Unies.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/crneretrouv.jpg\" alt=\"Le cr\u00e2ne d\u2019une victime retrouv\u00e9 dans une fosse commune pr\u00e8s de la base des forces de maintien de la paix \u00e0 Boali, en R\u00e9publique centrafricaine. La victime est suppos\u00e9e \u00eatre un individu qui a \u00e9t\u00e9 sommairement ex\u00e9cut\u00e9 par des soldats de maintien de la paix de la R\u00e9publique du Congo le 24 mars 2014.  \" width=\"416\" height=\"555\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">Le cr\u00e2ne d\u2019une victime, suppos\u00e9e \u00eatre un individu qui a \u00e9t\u00e9 sommairement ex\u00e9cut\u00e9\u00a0par\u00a0<span style=\"font-family: Alegreyaregular, sans-serif;\">des soldats\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">de maintien de la paix de la R\u00e9publique du Congo le 24 mars 2014. \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/span>\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<span style=\"font-family: GothamBook, sans-serif; font-size: 8pt;\">\u00a9 2016 Priv\u00e9\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En mars\u00a02015, des enqu\u00eateurs sur les droits humains de l\u2019ONU ont men\u00e9 des enqu\u00eates sur les crimes perp\u00e9tr\u00e9s par les soldats de maintien de la paix \u00e0 Boali et \u00e0 Bossangoa. Le 5\u00a0juin 2015, le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l\u2019homme (HCDH) de l\u2019ONU a publi\u00e9 une <a href=\"http:\/\/www.ohchr.org\/EN\/NewsEvents\/Pages\/DisplayNews.aspx?NewsID=16043\">d\u00e9claration<\/a> confirmant les conclusions de Human Rights Watch et a indiqu\u00e9 que \u00ab\u00a0<em>le contingent congolais de la MISCA [avaient] commis des actes de disparition forc\u00e9e et de torture ainsi que des ex\u00e9cutions extrajudiciaires.<\/em>\u00a0\u00bb Les Nations Unies ont transmis nombre de messages diplomatiques au gouvernement congolais \u00e0 Brazzaville, demandant instamment l\u2019ouverture d\u2019enqu\u00eates sur les all\u00e9gations s\u00e9rieuses. Peu ou pas de mesures ont \u00e9t\u00e9 prises par l\u2019UA ou le gouvernement congolais.<\/p>\n<p>Le mandat de la MINUSCA pr\u00e9voit la mise en place d\u2019un soutien \u00e0 la police nationale et aux institutions judiciaires. Alors que la comp\u00e9tence en mati\u00e8re de poursuites judiciaires pour les crimes commis par les soldats de maintien de la paix revient \u00e0 la R\u00e9publique du Congo, en l\u2019absence de mesures prises par les autorit\u00e9s judiciaires congolaises, les autorit\u00e9s nationales de la R\u00e9publique centrafricaine avec le soutien des Nations Unies devraient ouvrir leurs propres enqu\u00eates pour traduire les responsables de ces crimes en justice, a d\u00e9clar\u00e9 Human Rights Watch.<\/p>\n<p>Le 4 f\u00e9vrier 2016, Human Rights Watch a aussi <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2016\/02\/04\/republique-centrafricaine-des-viols-commis-par-des-casques-bleus\" rel=\"alternate\">publi\u00e9<\/a>\u00a0un rapport sur l\u2019exploitation et les abus sexuels \u00e0 l\u2019encontre de femmes et de jeunes filles par des soldats de maintien de la paix de la R\u00e9publique du Congo, entre autres, \u00e0 Bambari de la mi-septembre \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 2015.<\/p>\n<p>L\u2019UA, l\u2019ONU et les autorit\u00e9s judiciaires en R\u00e9publique du Congo et en R\u00e9publique centrafricaine devraient coop\u00e9rer pour garantir que tous les responsables de ces crimes soient traduits en justice et emp\u00eacher que de tels crimes se produisent \u00e0 nouveau, a indiqu\u00e9 Human Rights Watch.<\/p>\n<p>\u00ab Simplement muter les troupes hors de la R\u00e9publique centrafricaine sans autres cons\u00e9quences envoie le message que les soldats de maintien de la paix peuvent commettre des meurtres en toute impunit\u00e9 \u00bb, a expliqu\u00e9 Lewis Mudge. \u00ab Aucun soldat de maintien de la paix ne devrait \u00eatre au-dessus des lois. \u00bb<\/p>\n<p><span class=\"h5\"><strong>Ex\u00e9cutions sommaires commises par la MISCA \u00e0 Boali \u2013 2014<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Le 24 mars 2014, des soldats de maintien de la paix congolais sont all\u00e9s enqu\u00eater sur des tirs qu\u2019ils avaient entendus en provenance de la maison d\u2019un leader anti-balaka, connu sous le nom de \u00ab g\u00e9n\u00e9ral \u00bb Maurice Konoumo. (En juin 2014, Human Rights Watch avait par erreur indiqu\u00e9 le nom de Mokono au lieu de Konoumo). Lorsque les soldats de maintien de la paix ont tent\u00e9 de lui confisquer son arme, Konoumo, qui \u00e9tait saoul, a refus\u00e9 de la leur remettre et une violente dispute a \u00e9clat\u00e9. Un pr\u00eatre catholique local respect\u00e9 est intervenu pour calmer la situation.<\/p>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s, un groupe de combattants anti-balaka a attaqu\u00e9 un v\u00e9hicule de la MISCA pr\u00e8s du march\u00e9 central de Boali, lan\u00e7ant une grenade et ouvrant le feu \u00e0 l\u2019arme automatique. L\u2019attaque a tu\u00e9 un soldat de maintien de la paix congolais et en a bless\u00e9 quatre autres.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019embuscade, un groupe d\u2019environ 20 soldats de la MISCA a encercl\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 de Konoumo et a arr\u00eat\u00e9 13 personnes qui se trouvaient dans la maison : Konoumo ; sa femme \u00e2g\u00e9e de 21 ans enceinte, Laurene Mombassa ; son fils de 18 ans, Grace-a-Dieu Konoumo ; la femme de son fils, Ingrid Konoumo, survivante d\u2019un massacre anti-balaka, musulmane, \u00e2g\u00e9e de 16 ans, que Konoumo avait mari\u00e9e de force \u00e0 son fils ; son fr\u00e8re, Antoine Konoumo ; un combattant anti-balaka, Richard Selebangue ; sa femme \u00e2g\u00e9e de 20 ans, Marie-Sandrine Selebangue ; Jaline, une combattante anti-balaka \u00e2g\u00e9e de 17 ans ; Gbaguene, un combattant anti-balaka ; un ami de Bobissa, Jean Bruno Wilita ; la femme de Wilita, Marie Wilita, avec son b\u00e9b\u00e9 de 7 mois ; et Derek Yawete, un gar\u00e7on de 10 ans venu de Bogangolo.<\/p>\n<p>Les soldats de maintien de la paix ont conduit les personnes arr\u00eat\u00e9es \u00e0 leur base sur le site d\u2019ENERCA et les ont enferm\u00e9es dans la villa du capitaine Abena. Les soldats de maintien de la paix ont ordonn\u00e9 \u00e0 tous les civils qui vivaient dans ou pr\u00e8s de la base de rentrer chez eux.<\/p>\n<p>Un t\u00e9moin a racont\u00e9 :\u00a0<\/p>\n<p>J\u2019ai protest\u00e9 contre l\u2019ordre de la MISCA et j\u2019ai demand\u00e9 : \u00ab Comment pouvez-vous me dire de rentrer chez moi ? \u00bb Mais un ami m\u2019a dit : \u00ab \u00c7a a l\u2019air s\u00e9rieux, ne discute pas \u00e0 ce sujet. \u00bb J\u2019ai vu un v\u00e9hicule traverser le camp avec des personnes \u00e0 bord. Je ne pouvais pas voir qui c\u2019\u00e9tait, mais les personnes \u00e9taient des civils. Ce n\u2019\u00e9tait pas des soldats de la MISCA. Nous sommes rest\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur pendant quelques heures, puis vers 23 h, nous avons entendu beaucoup de coups de feu et de cris provenant des environs de la villa du capitaine. Une heure plus tard, j\u2019ai entendu une autre salve de tirs. Nous avons entendu la discussion entre les salves pour d\u00e9cider s\u2019ils devaient tuer ou non les femmes et les enfants.<\/p>\n<p>Vers 1 heure du matin, j\u2019ai vu leurs v\u00e9hicules traverser le camp.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution, les soldats de maintien de la paix congolais ont nettoy\u00e9 leur camion \u00e0 l\u2019eau de la pompe pr\u00e8s de leur villa, ont racont\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch des t\u00e9moins interrog\u00e9s en juin 2015. \u00ab Le lendemain matin, il y avait du sang partout autour de la pompe \u00bb, a d\u00e9crit un t\u00e9moin. Un autre a pr\u00e9cis\u00e9 : \u00ab M\u00eame aujourd\u2019hui, on trouve encore des cheveux pr\u00e8s de la pompe. \u00bb<\/p>\n<p>Le 3 juin 2014, apr\u00e8s que Human Rights Watch ait publi\u00e9 son <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\/news\/2014\/06\/02\/republique-centrafricaine-des-soldats-charges-du-maintien-de-la-paix-accuses\" rel=\"alternate\">rapport<\/a>\u00a0sur les disparitions, l\u2019UA a diffus\u00e9 un <a href=\"http:\/\/www.peaceau.org\/uploads\/auc.com.car.03-06-2014-1-.pdf\" rel=\"alternate\">communiqu\u00e9 de presse<\/a>\u00a0indiquant qu\u2019elle avait ouvert une enqu\u00eate sur les all\u00e9gations et qu\u2019en fonction de ses conclusions, elle \u00ab prendrait les mesures n\u00e9cessaires selon les r\u00e8glements r\u00e9gissant le fonctionnement de la MISCA. \u00bb Aucune information sur cette enqu\u00eate n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 rendue publique. En mars 2015, des repr\u00e9sentants de l\u2019UA ont indiqu\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch qu\u2019un rapport avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, mais qu\u2019ils n\u2019avaient pas la possibilit\u00e9 d\u2019en divulguer le contenu ni les conclusions. Lorsqu\u2019en mars 2015, des enqu\u00eateurs sur les droits humains de l\u2019ONU ont enqu\u00eat\u00e9 sur les crimes perp\u00e9tr\u00e9s par les soldats de maintien de la paix \u00e0 Boali et \u00e0 Bossangoa, ils ont confirm\u00e9 que le contingent congolais de la MISCA avait commis des actes de disparition forc\u00e9e et de torture ainsi que des ex\u00e9cutions extrajudiciaires.<\/p>\n<p><strong><span style=\"font-family: GothamBook, sans-serif; font-size: 8pt;\">D\u00e9couverte de la fosse commune<\/span><\/strong><\/p>\n<p>L\u2019organisation non gouvernementale locale a exhum\u00e9 la fosse commune le 16 f\u00e9vrier 2016 \u00e0 l\u2019emplacement exact indiqu\u00e9 par les t\u00e9moignages recueillis par Human Rights Watch. L\u2019organisation, dont les missions incluent d\u2019enlever des cadavres de puits et d\u2019autres sources d\u2019eau, a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e de l\u2019existence de cette fosse commune par des r\u00e9sidents locaux et le groupe a re\u00e7u des autorit\u00e9s locales la permission d\u2019exhumer. L\u2019exhumation a eu lieu en pr\u00e9sence des autorit\u00e9s locales, dont un repr\u00e9sentant de la police nationale, qui a d\u00e9crit l\u2019exhumation dans son rapport de police comme celle des \u00ab anti-balaka [qui avaient \u00e9t\u00e9] kidnapp\u00e9s par la MISCA, tu\u00e9s et enterr\u00e9s ici \u00bb. Aucun l\u00e9giste n\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>L\u2019exhumation a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 12 cr\u00e2nes, des v\u00eatements correspondant \u00e0 ceux des individus qui avaient \u00e9t\u00e9 port\u00e9s disparus en 2014, et plusieurs amulettes anti-balaka qui avaient \u00e9t\u00e9 arbor\u00e9es par le g\u00e9n\u00e9ral et ses combattants. Les personnes pr\u00e9sentes \u00e0 l\u2019exhumation ont indiqu\u00e9 qu\u2019elles ne pensaient pas que le cr\u00e2ne du b\u00e9b\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9, m\u00eame si l\u2019un des cr\u00e2nes, bien plus petit que les autres, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme pouvant \u00eatre celui d\u2019un gar\u00e7on de 10 ans.<\/p>\n<p>Un individu qui a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019exhumation a racont\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch : \u00ab Les corps \u00e9taient enterr\u00e9s les uns sur les autres, presque en couches. Je pense qu\u2019ils avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s avant d\u2019\u00eatre mis dans la fosse, parce qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s les uns sur les autres. \u00bb<\/p>\n<p>Un autre a indiqu\u00e9 : \u00ab Nous avons d\u2019abord trouv\u00e9 des gris-gris (amulettes traditionnelles associ\u00e9es aux anti-balaka), puis quelques v\u00eatements et enfin les corps. \u00bb Une personne qui a pris part \u00e0 l\u2019exhumation, un ancien combattant anti-balaka de Boali, a reconnu la veste de Maurice Konomou.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019exhumation, les corps ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s dans de nouvelles tombes \u00e0 2 kilom\u00e8tres environ de Boali, dans un lieu isol\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/tombescreuses.jpg\" alt=\"Les nouvelles tombes creus\u00e9es en p\u00e9riph\u00e9rie de Boali,\" width=\"527\" height=\"350\" \/><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 8pt;\">\u00a0 Les nouvelles tombes creus\u00e9es en p\u00e9riph\u00e9rie de Boali \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/span>\u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0\u00a9<span style=\"font-size: 8pt;\"> 2016 Lewis Mudge\/Human Rights Watch<\/span><\/p>\n<p>En avril 2016, un des proches de Konomou a expliqu\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch :<\/p>\n<p>Nous n\u2019avons pas oubli\u00e9 ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9. Nous voulons que les soldats de la MISCA soient traduits en justice. Les personnes qui sont mortes auraient pu aider leurs familles si elles n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es. Nous voulons qu\u2019une v\u00e9ritable enqu\u00eate soit men\u00e9e, nous ne sommes pas satisfaits de l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. On dirait que la R\u00e9publique centrafricaine ne repr\u00e9sente rien pour l\u2019Union africaine. Je me demande parfois : \u00ab Que se passerait-il si la justice pouvait \u00eatre rendue ? Qu\u2019est-ce que cela ferait si une v\u00e9ritable enqu\u00eate \u00e9tait men\u00e9e ?<\/p>\n<p><strong>Torture et meurtres commis \u00e0 Bossangoa par la MISCA \u2013 2013<\/strong><\/p>\n<p>Le 22 d\u00e9cembre 2013, des soldats de maintien de la paix congolais ont tortur\u00e9 \u00e0 mort deux leaders anti-balaka \u00e0 Bossangoa, apr\u00e8s le lynchage brutal d\u2019un soldat de maintien de la paix congolais le m\u00eame jour. L\u2019incident a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par Human Rights Watch en juin 2014, bien que de nombreux membres du personnel de l\u2019ONU et de travailleurs humanitaires locaux qui s\u00e9journaient \u00e0 la base de la MISCA \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour leur s\u00e9curit\u00e9 en aient \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins. Enferm\u00e9s dans une salle du personnel pendant l\u2019incident, le personnel de l\u2019ONU et les travailleurs humanitaires ont entendu les soldats de maintien de la paix congolais torturer les deux hommes toute la nuit. Leurs corps mutil\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s le lendemain et vus par de nombreux t\u00e9moins qui ont confirm\u00e9 que les deux hommes pr\u00e9sentaient des br\u00fblures importantes et des signes indiquant que des gouttes de plastique fondu br\u00fblant avaient \u00e9t\u00e9 vers\u00e9es sur leurs corps.<\/p>\n<p><strong>Ex\u00e9cutions commises par la MISCA \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9 \u2013 2014<\/strong><\/p>\n<p>Le 26 f\u00e9vrier 2014, des soldats de maintien de la paix congolais ont tu\u00e9, \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9, deux combattants anti-balaka surnomm\u00e9s Palasie et Court Pied, au carrefour principal de la ville devant une grande foule de badauds. Des t\u00e9moins interrog\u00e9s par Human Rights Watch en avril 2016 ont expliqu\u00e9 que les soldats de maintien de la paix congolais leur avaient dit que les deux hommes avaient \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s la veille dans le village de Bambio.<\/p>\n<p>Un t\u00e9moin qui a vu les ex\u00e9cutions a racont\u00e9 :<\/p>\n<p>J\u2019ai vu deux hommes avec les mains li\u00e9es derri\u00e8re le dos. Il y avait un grand groupe de personnes qui regardaient, peut-\u00eatre 200. Toutes les personnes \u00e9taient curieuses de les voir. Ils ont forc\u00e9 les hommes \u00e0 s\u2019allonger sur le sol. Le commandant de la MISCA a pris les pistolets d\u2019un soldat et les a abattus... Nous \u00e9tions tous choqu\u00e9s par ce que nous avions vu. Je n\u2019avais jamais vu quelqu\u2019un se faire tuer comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Un autre t\u00e9moin a expliqu\u00e9 que les soldats de maintien de la paix avaient incit\u00e9 les personnes \u00e0 assister \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution publique en hurlant : \u00ab Ce sont des anti-balaka, nous allons les tuer \u00bb. Le t\u00e9moin a pr\u00e9cis\u00e9 que lorsqu\u2019une foule s\u2019\u00e9tait rassembl\u00e9e, \u00ab les soldats de maintien de la paix ont forc\u00e9 les deux hommes \u00e0 descendre de leur camion, \u00e0 s\u2019allonger sur le sol puis leur ont tir\u00e9 dans la t\u00eate et la poitrine. \u00bb Apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution, les soldats de maintien de la paix ont oblig\u00e9 les r\u00e9sidents locaux \u00e0 enterrer les corps, en leur disant : \u00ab Si vous n\u2019enterrez pas ces corps tout de suite, nous tuerons trois fois plus de personnes. \u00bb Les r\u00e9sidents ont enterr\u00e9 les corps dans le cimeti\u00e8re derri\u00e8re la gendarmerie.<\/p>\n<p><strong>Usage d\u2019une force excessive et meurtres \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9 commis par la MINUSCA \u2013 2015<\/strong><\/p>\n<p>Le 10 juin 2015, des Casques bleus congolais bas\u00e9s \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9 ont arr\u00eat\u00e9 et frapp\u00e9 quatre hommes, dont deux sont morts plus tard de leurs blessures.<\/p>\n<p>Selon les recherches de Human Rights Watch men\u00e9es en avril 2016, les soldats de maintien de la paix ont arr\u00eat\u00e9 les hommes en raison d\u2019une dispute entre un Casque bleu et l\u2019une des victimes au sujet d\u2019une femme. Human Rights Watch n\u2019a trouv\u00e9 aucune information pour corroborer le fait que les hommes avaient \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans des activit\u00e9s criminelles, comme soutenu par la MINUSCA dans un <a href=\"https:\/\/minusca.unmissions.org\/en\/minusca-takes-issue-potential-physical-bodily-harm-committed-peacekeepers-arrested-individuals\" rel=\"alternate\">communiqu\u00e9 de presse<\/a>\u00a0publi\u00e9 le 10 juin.<\/p>\n<p>Trois des hommes \u2013 Alban Nambokinena, Kouvo Befio et Douala Bakiko \u2013 \u00e9taient voisins. Des t\u00e9moins ont racont\u00e9 qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s \u00e0 leur domicile t\u00f4t le matin du 10 juin et s\u00e9v\u00e8rement battus au cours de leur arrestation. Nambokinena a expliqu\u00e9 :<\/p>\n<p>J\u2019ai entendu frapper un coup \u00e0 ma porte vers 4 h du matin et j\u2019ai ouvert. C\u2019\u00e9tait des membres de la MINUSCA en uniforme militaire avec leurs casques bleus.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, j\u2019ai pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pour du travail, donc je suis sorti, mais les hommes de la MINUSCA m\u2019ont attrap\u00e9 et ont commenc\u00e9 \u00e0 me frapper devant ma maison. En m\u00eame temps, ils ont tir\u00e9 mon voisin Kouvo hors de chez lui et se sont mis \u00e0 le battre lui aussi. Ils nous donnaient des coups de pieds et nous frappaient avec leurs fusils. Je savais que je n\u2019avais rien fait, alors j\u2019ai hurl\u00e9 : \u00ab Qu\u2019est-ce que j\u2019ai fait ? \u00bb Ils me frappaient seulement et parlaient entre eux dans leur propre langue.<\/p>\n<p>Un autre t\u00e9moin, un ami des hommes arr\u00eat\u00e9s, a indiqu\u00e9 : \u00ab Lorsque j\u2019ai vu les hommes monter dans le camion, j\u2019ai essay\u00e9 de les suivre, mais les soldats de la MINUSCA ont point\u00e9 leurs armes sur moi en disant, \u201cSi tu nous suis, nous te tuerons\u201d. Je suis juste rentr\u00e9 chez moi et j\u2019ai pleur\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Les trois hommes, ainsi qu\u2019un quatri\u00e8me, Bernard Lamaye, ont \u00e9t\u00e9 conduits \u00e0 la base de la MINUSCA congolaise dans la zone de la scierie, o\u00f9 les passages \u00e0 tabac ont continu\u00e9 pendant des heures.<\/p>\n<p>Nambokinena a poursuivi :<\/p>\n<p>Lorsque nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 la scierie, ils ont vraiment commenc\u00e9 \u00e0 nous frapper s\u00e9rieusement dehors, en plein air. Ils ont fait quelque chose qu\u2019ils appelaient \u00ab op\u00e9ration h\u00e9licopt\u00e8re \u00bb. \u00c7a se passait ainsi : quatre hommes attrapaient chacun une main ou un pied. Ensuite, ils nous jetaient aussi haut qu\u2019ils pouvaient. Nous retombions et atterrissions sur des planches, ils nous donnaient des coups de pieds pendant notre chute.<\/p>\n<p>Ils essaient de nous briser le corps. Je n\u2019ai pas vraiment entendu ce qu\u2019ils disaient parce que les Congolais parlaient entre eux. Ils ne posaient pas de questions. Ils ne nous ont pas interrog\u00e9s ni demand\u00e9 d\u2019avouer quelque chose, ils nous frappaient, c\u2019est tout. Ils m\u2019ont fait l\u2019\u00ab op\u00e9ration h\u00e9licopt\u00e8re \u00bb quatre fois. Je ne peux pas vous dire combien cela faisait mal \u00e0 la nuque, au dos et \u00e0 la t\u00eate. Au bout d\u2019un certain temps cependant, je ne ressentais plus la douleur. J\u2019ai pens\u00e9 que mon dos allait se casser en deux, j\u2019ai vraiment cru que cela se produisait.<\/p>\n<p>Enfin, lorsque je ne ressentais plus rien, le commandant a dit : \u00ab OK, \u00e7a suffit, mettez-les dans le conteneur \u00bb. Il \u00e9tait peut-\u00eatre 6 h du matin parce que le soleil se levait.<\/p>\n<p>Les hommes ont \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9s dans un vieux conteneur d\u2019exp\u00e9dition. Apr\u00e8s quelques heures, un des hommes, Douala, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de ses blessures. Un autre, Befio, est tomb\u00e9 dans le coma. Nambokinena a dit :<\/p>\n<p>Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 crier. Nous avons appel\u00e9 la MINUSCA. Un garde a hurl\u00e9 : \u00ab Arr\u00eatez ! Ne criez pas ! \u00bb Nous avons r\u00e9pondu : \u00ab Non, l\u2019un des n\u00f4tres est mort ! \u00bb Le garde a dit : \u00ab Si nous ouvrons la porte et nous voyons que personne n\u2019est mort, vous allez souffrir \u00bb. Mais ils ont ouvert la porte et un militaire de la MINUSCA est entr\u00e9. Il a vu que Douala \u00e9tait mort. Il l\u2019a vu imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>En apprenant ce d\u00e9c\u00e8s, les soldats de maintien de la paix ont emport\u00e9 les trois hommes restants \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 Berberati, \u00e0 125 kilom\u00e8tres de Mamb\u00e9r\u00e9. Des t\u00e9moins ont d\u00e9crit avoir vu les hommes \u00eatre port\u00e9s vers le camion de la MINUSCA. Un t\u00e9moin a indiqu\u00e9 : \u00ab Il \u00e9tait \u00e9vident qu\u2019ils ne pouvaient pas marcher \u00bb.<\/p>\n<p>Les soldats de maintien de la paix ont d\u00e9clar\u00e9 au personnel hospitalier que les hommes \u00e9taient des voleurs. Le personnel hospitalier et les autorit\u00e9s locales ont expliqu\u00e9 qu\u2019ils avaient reconnu les hommes, savaient qu\u2019ils venaient de Mamb\u00e9r\u00e9 et ne croyaient pas qu\u2019il s\u2019agissait de criminels. Les membres du personnel m\u00e9dical ont dit que Befio \u00e9tait dans le coma \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Il est mort le 14 juin 2015.<\/p>\n<p>Le jour suivant le d\u00e9c\u00e8s de Befio, la MINUSCA a conduit les deux survivants en avion \u00e0 Bangui, la capitale, puis les a transport\u00e9s en ambulance \u00e0 l\u2019h\u00f4pital local. Les autorit\u00e9s locales ont donn\u00e9 \u00e0 chacun 50 000 francs (environ 85 USD).<\/p>\n<p>Dans le cadre des proc\u00e9dures normales, les criminels soup\u00e7onn\u00e9s sont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 Bangui par la police de la MINUSCA, UNPOL, \u00e0 la demande des procureurs nationaux ou locaux, et sont remis aux autorit\u00e9s nationales. Dans ce cas, le procureur national a indiqu\u00e9 \u00e0 Human Rights Watch qu\u2019il n\u2019avait pas connaissance d\u2019une quelconque demande de son bureau pour transporter les deux survivants \u00e0 Bangui.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre r\u00e9tablis, les hommes ont quitt\u00e9 l\u2019h\u00f4pital. Ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s ni re\u00e7u une autre aide. \u00ab Nous avons vite \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s \u00bb, a constat\u00e9 l\u2019un d\u2019eux. Apr\u00e8s un mois \u00e0 Bangui, les hommes se sont retrouv\u00e9s sans argent et sont rentr\u00e9s \u00e0 Mamb\u00e9r\u00e9 en autostop.<\/p>\n<p>Nambokinena a dit :<\/p>\n<p>Si je suis accus\u00e9 d\u2019un crime, qu\u2019ils viennent m\u2019arr\u00eater. C\u2019est la MINUSCA qui a commis un crime. Je ne me suis pas remis de cela. J\u2019ai des douleurs dans la nuque, le dos et les hanches. J\u2019essaie de travailler, mais c\u2019est difficile parce que mon travail consiste \u00e0 charger du bois tr\u00e8s lourd sur des camions. Je dois maintenant demander \u00e0 quelqu\u2019un de prendre ma place parce que mon travail est tr\u00e8s physique et qu\u2019il exige de la force. Je n\u2019ai pas d\u2019argent pour consulter un m\u00e9decin. Quand j\u2019aurai gagn\u00e9 un peu d\u2019argent, je demanderai \u00e0 un m\u00e9decin de me donner des m\u00e9dicaments qui me donneront \u00e0 nouveau la force de bouger. C\u2019est difficile de bouger beaucoup et j\u2019ai maintenant de terribles migraines.<\/p>\n<p>Je pense beaucoup \u00e0 ce qui m\u2019est arriv\u00e9. Je suis traumatis\u00e9. Quand je vois les Congolais en ville, je me rappelle ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9. La population a encore peur des Congolais \u00e0 cause de \u00e7a.<\/p>\n<p>J\u2019ai deux enfants et ma vie a empir\u00e9. Je ne peux plus nourrir mes enfants comme avant. Je n\u2019ai plus la force de travailler comme avant. Je gagne deux fois moins d\u2019argent qu\u2019avant parce que ma sant\u00e9 est affect\u00e9e. Pour tous mes probl\u00e8mes, j\u2019ai re\u00e7u seulement 50 000 francs et j\u2019ai tout d\u00e9pens\u00e9 en m\u00e9dicaments \u00e0 Bangui.<\/p>\n<p>Vingt Casques bleus Congolais de l\u2019unit\u00e9 de Mamb\u00e9r\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s apr\u00e8s ces meurtres. Human Rights Watch ne sait pas si des soldats ont \u00e9t\u00e9 traduits en justice pour ces meurtres et ces passages \u00e0 tabac graves.<\/p>\n<p>La MINUSCA a enqu\u00eat\u00e9 sur l\u2019incident en 2015 et a adress\u00e9 les conclusions au gouvernement de la R\u00e9publique du Congo via une note diplomatique. \u00c0 la connaissance de Human Rights Watch, il n\u2019y a pas eu de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>En avril 2016, la MINUSCA a ouvert une enqu\u00eate interne, appel\u00e9e commission d\u2019enqu\u00eate, sur l\u2019incident. La commission d\u2019enqu\u00eate \u00e9tablira un rapport sur les proc\u00e9dures internes de la MINUSCA et comment la mission a r\u00e9agi.<\/p>\n<p>\u00a0L'article est publi\u00e9 par <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/fr\" rel=\"alternate\">Human Rights Watch<\/a>\u00a0<\/p>\n<figure><figcaption> <\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La d\u00e9couverte d\u2019une fosse commune fournit de nouvelles preuves Des militaires de la R\u00e9publique du Congo ont tu\u00e9 au moins 18 personnes, y compris des femmes et des enfants, entre d\u00e9cembre 2013 et juin 2015, alors qu\u2019ils servaient dans les forces de maintien de la paix en R\u00e9publique centrafricaine. 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