{"id":39685,"date":"2018-12-06T09:49:59","date_gmt":"2018-12-06T08:49:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/39685-dans-le-congo-de-docteur-justice.html"},"modified":"2018-12-06T09:49:59","modified_gmt":"2018-12-06T08:49:59","slug":"dans-le-congo-de-docteur-justice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/39685-dans-le-congo-de-docteur-justice.html","title":{"rendered":"Dans le Congo de Docteur Justice"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le 10 d\u00e9cembre, Denis Mukwege recevra officiellement le Prix Nobel de la Paix \u00e0 Oslo, en m\u00eame temps que Nadia Murad, une rescap\u00e9e y\u00e9zidie des viols de guerre en Irak. Depuis pr\u00e8s de vingt ans, le m\u00e9decin gyn\u00e9cologue congolais de 63 ans d\u00e9nonce les violences sexuelles dans l\u2019Est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). Son combat passe par la prise en charge m\u00e9dicale, psychologique et socio-\u00e9conomique des quelque 100 \u00e0 150 victimes de viols qui arrivent chaque mois \u00e0 son h\u00f4pital de Panzi, \u00e0 Bukavu. Mais aussi par leur protection et assistance juridique. Notre correspondant en RDC s\u2019est rendu d\u00e9but novembre \u00e0 Bukavu. Son entretien avec D<sup>r<\/sup> Mukwege sera publi\u00e9 lundi. Voici son reportage.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ce mercredi 7 novembre, il fait beau temps quand nous entrons \u00e0 l\u2019H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence de Panzi, en p\u00e9riph\u00e9rie de la ville de Bukavu, dans la r\u00e9gion du Sud-Kivu, \u00e0 l\u2019est de la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC). En rejoignant le bloc administratif, on aper\u00e7oit dans le couloir un homme g\u00e9ant, d\u2019une blouse blanche v\u00eatu, assurant une visite guid\u00e9e \u00e0 l\u2019intention d\u2019une \u00e9quipe d\u2019h\u00f4tes de marque, venus de la Belgique pour se \u00ab rendre compte du travail abattu en faveur des victimes des violences sexuelles \u00bb. \u00ab <em>Eh ! Denis Mukwege ! <\/em>\u00bb, s\u2019exclame, sourire aux l\u00e8vres, Alphonsine Nsimr, une patiente de 52 ans venue r\u00e9pondre \u00e0 un rendez-vous de soins.<\/p>\n<p>\u00ab <em>C\u2019est notre Moise, notre sauveur. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 lui qu\u2019on a eu la vie sauve et recouvr\u00e9 notre dignit\u00e9 <\/em>\u00bb, nous confie Esther [tous les noms des victimes sont des pseudonymes, afin de pr\u00e9server leur anonymat], une orpheline de 18 ans, d\u00e9p\u00each\u00e9e \u00e0 Panzi en ao\u00fbt dernier apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 victime d\u2019un viol par trois hommes arm\u00e9s \u00e0 son retour des champs, \u00e0 Kalehe, dans le Sud-Kivu.<\/p>\n<h3>Les quatre piliers de la Fondation Panzi<\/h3>\n<p>Nous \u00e9tions donc face au docteur Denis Mukwege, co-laur\u00e9at du prix Nobel de la paix 2018. Depuis pr\u00e8s de vingt ans, ce c\u00e9l\u00e8bre m\u00e9decin gyn\u00e9cologue de 63 ans combat le ph\u00e9nom\u00e8ne des violences sexuelles en vogue dans l\u2019Est de la RDC. Un combat qui passe par la prise en charge m\u00e9dicale, psychologique, socio-\u00e9conomique et l\u00e9gale des victimes des viols, dont entre 100 et 150 arrivent chaque mois \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Panzi.<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"Docteur Denis Mukwege\" src=\"media\/Fondation-Panzi-Denis-Mukwege-Bukavu-portrait_CLAUDE-SENGENYA.jpg\" alt=\"Docteur Denis Mukwege\" \/><figcaption>Docteur Denis Mukwege<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au moment de notre visite, l\u2019H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence de Panzi, d\u2019une capacit\u00e9 de 450 lits, accueille 354 patients dans ses quatre principaux d\u00e9partements (chirurgie, gyn\u00e9cologie obst\u00e9trique, p\u00e9diatrie et m\u00e9decine interne). 210 d\u2019entre elles (59%) se trouvent dans le service de gyn\u00e9cologie obst\u00e9trique. \u00ab <em>Ce d\u00e9partement accueille les femmes pr\u00e9sentant des pathologies uro-g\u00e9nitales graves, dont les fistules, les prolapsus. Parmi ces patientes figurent les survivantes des violences sexuelles <\/em>\u00bb, explique le docteur Sylvain Chihambanya, superviseur m\u00e9dical de la Fondation Panzi, la structure cr\u00e9\u00e9e en 2008 par le D<sup>r<\/sup> Mukwege pour encadrer la prise en charge compl\u00e8te des survivantes des violences sexuelles, avec un pilier m\u00e9dical (l\u2019h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence et une clinique mobile), un pilier psychosocial (soins psycho-sociaux), un pilier de r\u00e9insertion socio-\u00e9conomique (maison d\u2019h\u00e9bergement et de formation en m\u00e9tiers divers), et un pilier l\u00e9gal (prise en charge juridique et judiciaire).<\/p>\n<p>Depuis sa cr\u00e9ation en 1999, l\u2019H\u00f4pital de Panzi dit avoir soign\u00e9 plus de 50\u00a0000 victimes de violences sexuelles. \u00ab <em>Actuellement, je suis alert\u00e9 par une zone de sant\u00e9 pour aller prendre en charge les d\u00e9plac\u00e9s parmi lesquels on aurait d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9 207 cas de viols. Tu vois\u00a0? <\/em>\u00bb, nous interpelle D<sup>r<\/sup> Chihambanya.<\/p>\n<h3>Etre femme, un malheur au Kivu<\/h3>\n<p>Chaque jour qui passe, elles sont nombreuses, m\u00eames celles \u00e2g\u00e9es de moins d\u2019une ann\u00e9e, qui subissent des viols collectifs ou individuels de la part d\u2019hommes arm\u00e9s, dans cette partie orientale du Congo. A Panzi, certaines de ces survivantes t\u00e9moignent des douloureuses exp\u00e9riences v\u00e9cues. \u00ab <em>Etre une femme, c\u2019est vraiment un malheur ici chez nous, au Kivu, car on est livr\u00e9 \u00e0 la merci des groupes arm\u00e9s <\/em>\u00bb, d\u00e9plore la jeune mademoiselle Gr\u00e2ce, 18 ans, qui se rappelle ses neuf ann\u00e9es pass\u00e9es en captivit\u00e9 comme esclave sexuelle, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e dans la r\u00e9gion de Kavumu par des hommes arm\u00e9s assimil\u00e9s aux Forces d\u00e9mocratiques pour la lib\u00e9ration du Rwanda (FDLR). \u00ab <em>Je n\u2019avais que 4 ans quand on m\u2019a enlev\u00e9e. Ils nous ont conduites dans le parc de Kahuzi-biega comme esclaves sexuelles. Notre jeune \u00e2ge ne leur emp\u00eachait pas de se rabattre sur nous pour satisfaire leur libido. Deux, trois, quatre hommes ne se g\u00eanaient pas de coucher \u00e0 tour de r\u00f4le avec une fillette d\u2019\u00e0 peine 6 ans, chaque fois qu\u2019ils le voulaient. Pour les miliciens, c\u2019\u00e9tait, on dirait, un plaisir de nous abuser <\/em>\u00bb, relate-t-elle.<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence de Panzi\" src=\"media\/Fondation-Panzi-Mukwege-Bukavu-hopital_CLAUDE-SENGENYA.jpg\" alt=\"H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence de Panzi\" \/><figcaption>H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de r\u00e9f\u00e9rence de Panzi<\/figcaption><\/figure>\n<p>Celle qui aimerait qu\u2019on l\u2019appelle Gis\u00e8le Bintu est une fille de 23 ans dont les parents ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s dans l\u2019incendie de leur maison alors qu\u2019elle n\u2019avait que 8 ans. Elle se souvient de ses cinq ans pass\u00e9s en captivit\u00e9 apr\u00e8s son enl\u00e8vement par des pr\u00e9sum\u00e9s miliciens rwandais Ntirahamwe \u00e0 Kibua, en territoire de Walikale, au Nord-Kivu voisin. \u00ab <em>A ma quatri\u00e8me ann\u00e9e d\u2019esclavage sexuel, un milicien m\u2019a enceint\u00e9e. Mais ils ne voulaient pas de b\u00e9b\u00e9. Alors que j\u2019approchais [de] l\u2019accouchement, ils m\u2019ont perc\u00e9 le couteau dans le ventre, et tu\u00e9 le f\u0153tus. J\u2019ai pass\u00e9 cinq jours de graves douleurs sans aucune assistance m\u00e9dicale, avant qu\u2019on ne m\u2019abandonne dans un poste de sant\u00e9 de fortune qui \u00e9tait d\u00e9pass\u00e9 par mon cas. Le f\u0153tus mort qui tra\u00eenait encore dans le ventre commen\u00e7ait \u00e0 d\u00e9gager une odeur naus\u00e9abonde quand l\u2019on d\u00e9cida de me transf\u00e9rer \u00e0 l\u2019H\u00f4pital de Goma, puis \u00e0 Panzi o\u00f9 le docteur Mukwege m\u2019a sauv\u00e9 la vie <\/em>\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p>Gis\u00e8le Bintu vient de subir sa treizi\u00e8me op\u00e9ration chirurgicale \u00e0 cause de fistules d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 la suite des diff\u00e9rents actes de viols subis durant sa captivit\u00e9. \u00ab <em>Je me sens de plus en plus mieux. J\u2019ai quitt\u00e9 l\u2019h\u00f4pital et j\u2019ai entam\u00e9 mes \u00e9tudes dans un Institut des techniques m\u00e9dicales local, car je voudrais devenir infirmier pour aider le docteur Mukwege \u00e0 sauver les vies de mes compatriotes dont [de] nombreuses demeurent esclaves sexuelles dans les maquis des miliciens dans l\u2019Est du Congo. Tout ce que je regrette est que je n\u2019aurai plus la gr\u00e2ce de mettre au monde un enfant, car on m\u2019a d\u00e9j\u00e0 enlev\u00e9 ma matrice qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e lors des viols que je subissais\u00a0\u00bb<\/em>, confie-t-elle.<\/p>\n<h3>\u00ab Nous avons aussi droit \u00e0 la justice et \u00e0 la paix\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9quipe du docteur Denis Mukwege se bat pour garantir aux victimes des violences sexuelles leur dignit\u00e9, en leur assurant une prise en charge m\u00e9dicale, psychosociale, socio-\u00e9conomique et l\u00e9gale. Les prises en charge m\u00e9dicale, psychosociale et socio-\u00e9conomique datent de bien longtemps. Moins connue est la prise en charge l\u00e9gale, c\u2019est-\u00e0-dire juridique et judiciaire, introduite \u00e0 Panzi en 2008. \u00ab <em>Nous avons observ\u00e9, par exp\u00e9rience, que lorsque les femmes se portaient bien physiquement, psychologiquement, et qu\u2019\u00e9conomiquement elles allaient mieux, c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019elles commencent \u00e0 se poser la question de savoir\u00a0: pourquoi moi\u00a0? C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019elles commencent \u00e0 r\u00e9clamer justice <\/em>\u00bb, nous explique Denis Mukwege.<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"Maitre Henriette Balagizi, de la clinique juridique de Panzi, \u00e9coute une victime de violences bas\u00e9es sur le genre.\" src=\"media\/Fondation-Panzi-Mukwege-Bukavu_clinique-juridique_CLAUDE-SENGENYA.jpg\" alt=\"Maitre Henriette Balagizi, de la clinique juridique de Panzi, \u00e9coute une victime de violences bas\u00e9es sur le genre.\" \/><figcaption>Maitre Henriette Balagizi, de la clinique juridique de Panzi, \u00e9coute une victime de violences bas\u00e9es sur le genre.<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00ab <em>J\u2019ai toujours r\u00eav\u00e9 [de] voir les miliciens qui me violaient \u00eatre attrap\u00e9s et punis. Ca emp\u00eachera d\u2019autres de commettre ces crimes,<\/em>\u00a0p<em>arce qu\u2019il n\u2019y a pas seulement au Congo que les filles sont n\u00e9es pour \u00eatre viol\u00e9es <\/em>\u00bb, avertit Gis\u00e8le Bintu. \u00ab<em> Nous avons aussi droit \u00e0 la justice et \u00e0 la paix<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur ce constat, la Fondation Panzi a mis en place la clinique juridique, une structure anim\u00e9e par des juristes qui facilitent aux victimes l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice, en les aidant \u00e0 constituer un dossier judiciaire et en les d\u00e9fendant devant les tribunaux. \u00ab <em>Sur le plan juridique, nous formons des para-juristes communautaires qui nous aident \u00e0 vulgariser les lois portant protection de la femme, \u00e0 \u00e9couter et orienter les n\u00e9cessiteux de justice. Nous renfor\u00e7ons aussi la capacit\u00e9 des membres du corps judiciaire, notamment des huissiers, des avocats. Sur le plan judiciaire, nous assistons les victimes aupr\u00e8s des cours et tribunaux\u00a0; nous appuyons aussi des audiences foraines pour qu\u2019elles se tiennent dans des lieux de commission des crimes, en vue de rapprocher la justice des justiciables <\/em>\u00bb, explique l\u2019avocate Yvette Kabuo, coordonnatrice de la clinique juridique de Panzi<em>. <\/em>La clinique peut \u00e9galement prendre en charge les magistrats ainsi que les avocats des deux parties, victimes et accus\u00e9s, pour garantir l\u2019\u00e9quit\u00e9 du proc\u00e8s.<\/p>\n<div class=\"content-encadre\">\n<p id=\"video\" style=\"text-align: center; font-size: 19px; line-height: 22px;\"><strong>Gen\u00e8se de la clinique juridique avec Me Yvette Kabuo<br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Dg3NEWQN7XE\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans cet extrait vid\u00e9o, Me Yvette Kabuo, coordinatrice de la clinique juridique \u00e0 la Fondation Panzi, explique comment le Dr Mukwege a cr\u00e9\u00e9 (en 2008) la clinique juridique afin de proposer \u00e9galement une prise en charge juridique \u00e0 ses patientes.<strong><br \/><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<h3>L\u2019acc\u00e8s aux soins est un acc\u00e8s \u00e0 la preuve<\/h3>\n<p>Parmi les audiences soutenues par la Fondation Panzi figure le c\u00e9l\u00e8bre proc\u00e8s qui a abouti, en d\u00e9cembre 2017, \u00e0 la condamnation par la Cour militaire du Sud-Kivu de l\u2019\u00e9lu provincial Fr\u00e9deric Batumike et onze de ses coaccus\u00e9s, tous adeptes de la milice \u00ab\u00a0<em>Jeshi la Yesu <\/em>\u00bb (l\u2019arm\u00e9e de J\u00e9sus, en langue swahili). Reconnus coupables de viols \u00ab\u00a0<em>syst\u00e9matiques et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s <\/em>\u00bb, perp\u00e9tr\u00e9s entre 2013 et 2016, sur une quarantaine de filles \u00e2g\u00e9es de 8 mois \u00e0 12 ans, dans le village de Kavumu, dans la province du Sud-Kivu, ils ont \u00e9cop\u00e9 de la prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le travail de la clinique de Panzi a d\u2019abord permis de mettre en exergue le fl\u00e9au des violences sexuelles et ses cons\u00e9quences\u00a0\u00bb, <\/em>souligne Guy Mushiata, coordonnateur des droits humains en RDC \u00e0 Trial International, une ONG suisse partenaire de la Fondation Panzi dans la r\u00e9pression des crimes de masse.<em> \u00ab\u00a0Ensuite, la clinique nous aide \u00e0 recenser les moyens de preuves pour aller en justice. Car, tr\u00e8s souvent, les crimes de viol se commettent dans des milieux \u00e9loign\u00e9s et les victimes n\u2019ont pas la possibilit\u00e9 d\u2019avoir acc\u00e8s aux soins qui nous permettraient de pouvoir recueillir les \u00e9l\u00e9ments qui serviront de preuve. Mais avec l\u2019\u00e9quipe de Panzi, on peut suivre les victimes, documenter les faits, recueillir les t\u00e9moignages et \u00e9tablir les certificats m\u00e9dicaux qui sont, dans l\u2019ensemble, des preuves importantes pour la justice.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"B\u00e2timent qui accueille les services de r\u00e9insertion sociale, au si\u00e8ge de la Fondation Panzi\" src=\"media\/Fondation-Panzi-Mukwege-Bukavu_batiment-reinsertion_CLAUDE-SENGENYA.jpg\" alt=\"B\u00e2timent qui accueille les services de r\u00e9insertion sociale, au si\u00e8ge de la Fondation Panzi\" \/><figcaption>B\u00e2timent qui accueille les services de r\u00e9insertion sociale, au si\u00e8ge de la Fondation Panzi<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le combat l\u00e9gal, c\u2019est-\u00e0-dire la prise en charge juridique et judiciaire des victimes des violences sexuelles, n\u2019est pourtant pas facile. Il butte sur plusieurs obstacles, dont l\u2019impunit\u00e9 des auteurs de ces actes qualifi\u00e9s de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 et crimes de guerre. \u00ab\u00a0<em>Tr\u00e8s souvent, les auteurs de ces crimes, membres des milices, ne sont pas individuellement connus. Les quelques auteurs identifi\u00e9s ne sont pas punis. On ne se g\u00eane pas, curieusement, de les int\u00e9grer au sein du gouvernement ou de l\u2019arm\u00e9e. Un privil\u00e8ge qui ne les emp\u00eache pas de continuer \u00e0 collaborer avec leurs anciennes milices et de commettre des crimes. On doit mettre fin \u00e0 cette impunit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9nonce Yvette Kabuo.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Lorsque la femme ne parvient pas \u00e0 identifier formellement la personne qui l\u2019a viol\u00e9e, m\u00eame si toutes les preuves indiquant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e sont r\u00e9unies, sa plainte est malheureusement souvent rejet\u00e9e alors que, parfois, les responsables hi\u00e9rarchiques sont connus. La justice devrait faire un effort pour que, pour ces femmes qui ont subi des viols collectifs \u00e0 des endroits bien d\u00e9termin\u00e9s, par des groupes arm\u00e9s parfois bien connus, l\u2019on puisse appliquer le principe de responsabilit\u00e9 hi\u00e9rarchique<\/em>\u00a0\u00bb, recommande D<sup>r<\/sup> Mukwege, en r\u00e9f\u00e9rence au principe selon lequel un sup\u00e9rieur peut \u00eatre responsable sur le plan p\u00e9nal s\u2019il avait des raisons de savoir que des crimes \u00e9taient commis et n\u2019a rien fait pour les pr\u00e9venir ou les punir.<\/p>\n<div class=\"content-encadre\">\n<p id=\"video\" style=\"text-align: center; font-size: 19px; line-height: 22px;\"><strong>Que faut-il faire pour mettre fin \u00e0 l'impunit\u00e9 en RDC, en particulier dans les provinces de l'Est ?<br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><iframe src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rACcE8rxFyA\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Dans cet extrait vid\u00e9o, Me Yvette Kabuo, coordinatrice de la clinique juridique \u00e0 la Fondation Panzi, s'exprime sur la r\u00e9forme de l'appareil judiciaire congolais, selon elle, n\u00e9cessaire pour permettre une prise en charge r\u00e9elle des processus de r\u00e9parations par la commission v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation.<strong><br \/><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<h3>Un gouvernement qui fuit ses responsabilit\u00e9s<\/h3>\n<p>Autre d\u00e9fi\u00a0: les parties civiles peinent \u00e0 recouvrer les dommages et int\u00e9r\u00eats qui leur sont allou\u00e9s par la justice. Pour Yvette Kabuo, cela d\u00e9coule du manque de volont\u00e9 politique r\u00e9elle de la part du gouvernement congolais. \u00ab\u00a0<em>Apr\u00e8s les condamnations, il y a toujours des victimes qui reviennent vers nous pour dire\u00a0: ma\u00eetre, j\u2019attends mes cinq mille dollars de dommages et int\u00e9r\u00eats. Qui va le payer\u00a0? Le pauvre bourreau\u00a0? L\u00e0 o\u00f9 l\u2019Etat congolais lui-m\u00eame ne s\u2019ex\u00e9cute pas lorsqu\u2019il arrive qu\u2019on le condamne solidairement avec les bourreaux pour n\u2019avoir pas su assurer la protection de ces femmes viol\u00e9es pendant les conflits\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb, interpelle l\u2019avocate de Panzi. \u00ab\u00a0<em>Je crois qu\u2019au niveau de notre gouvernement, on devrait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un fonds sp\u00e9cial de r\u00e9parations<\/em>\u00a0\u00bb, pr\u00f4ne-t-elle.<\/p>\n<p>A la clinique juridique de Panzi, les juristes qui y prestent demandent au gouvernement de s\u2019approprier la lutte contre les crimes de masse, dont les violences sexuelles faites aux femmes. \u00ab\u00a0<em>Vraiment, le gouvernement ne s\u2019est pas appropri\u00e9 la lutte\u00a0<\/em>\u00bb, plaide Yvette Kabuo.<em> \u00ab\u00a0Souvent, quand nous appuyons les audiences foraines, vous \u00e9coutez un magistrat ou un OPJ [Officier de police judiciaire] nous lancer\u00a0: ma\u00eetre, le v\u00e9hicule pour amener le d\u00e9tenu n\u2019est pas toujours disponible\u00a0; si vous ne l\u2019amenez pas, nous, on va abandonner votre pr\u00e9venu. Comme si le pr\u00e9venu nous appartenait ! Comprenez que le gouvernement congolais n\u2019a pas pris les choses en main. Il est temps qu\u2019il comprenne que tout ce que nous faisons, c\u2019est de venir en appui. Il ne doit pas abandonner sa responsabilit\u00e9 aux ONG, mais plut\u00f4t les soutenir. <\/em>\u00bb<\/p>\n<div class=\"content-encadre\">\n<p><strong>UNE VIE HEUREUSE, MALGR\u00c9 LE VIOL<\/strong><\/p>\n<p>En ce mois de novembre, la Maison Dorcas encadre dans ses majestueuses b\u00e2tisses \u00e9rig\u00e9es dans les bas-fonds de Panzi, 210 survivantes en transit et en formation en m\u00e9tiers divers, dont la coupe et couture, la p\u00e2tisserie, la broderie, la vannerie, la savonnerie et la transformation des produits alimentaires, notamment l\u2019extraction du lait de soja. C\u2019est la raison d\u2019\u00eatre de la Maison Dorcas, cr\u00e9\u00e9e en 2003 par la Fondation Panzi\u00a0: assurer une r\u00e9insertion socio-\u00e9conomique aux survivantes des violences sexuelles, en leur offrant h\u00e9bergement, protection, formation et une \u00e9ducation non formelle par l\u2019alphab\u00e9tisation et la scolarisation pour celles qui ont encore l\u2019\u00e2ge scolaire. \u00ab <em>Ce sont des personnes qui viennent de milieux pauvres, ou d\u2019autres qui n\u2019ont plus de famille. Nous les capacitons en m\u00e9tiers divers pour leur permettre de se r\u00e9ins\u00e9rer dans leur soci\u00e9t\u00e9 ou se faire accepter dans les communaut\u00e9s. Ces m\u00e9tiers les aident \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des revenus pour couvrir leurs besoins de base <\/em>\u00bb, explique Emery Habamungu, coordonnateur de la Maison Dorcas.<\/p>\n<figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"A la Fondation Panzi du Dr Mukwege, des victimes de violences sexuelles aprennent un m\u00e9tier (la p\u00e2tisserie) dans l'optique d'une r\u00e9insertion professionnelle\" src=\"media\/Fondation-Panzi-Mukwege-Bukavu_formation-metier-reinsertion_CLAUDE-SENGENYA.jpg\" alt=\"A la Fondation Panzi du Dr Mukwege, des victimes de violences sexuelles aprennent un m\u00e9tier (la p\u00e2tisserie) dans l'optique d'une r\u00e9insertion professionnelle\" width=\"1199\" height=\"866\" \/><figcaption>A la Fondation Panzi du Dr Mukwege, des victimes de violences sexuelles apprennent un m\u00e9tier (la p\u00e2tisserie) dans l'optique d'une r\u00e9insertion professionnelle - \u00a9 Claude SENGENYA<\/figcaption><\/figure>\n<p>Jos\u00e9phine, 38 ans, est t\u00e9moin de cette r\u00e9ussite. Elle a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de soins \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Panzi apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e, en 2005, par des miliciens dans les for\u00eats de Mudusa-Ngwesha, un village perdu du Sud-Kivu\u00a0; puis elle a \u00e9t\u00e9 accueillie pendant deux ans \u00e0 la Maison Dorcas. Elle a choisi d\u2019y apprendre la p\u00e2tisserie, un m\u00e9tier qui lui permet aujourd\u2019hui de prendre en charge, seule, ses cinq enfants, apr\u00e8s qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9pudi\u00e9e par son \u00e9poux qui ne voulait plus d\u2019une femme viol\u00e9e. \u00ab <em>N\u2019eut \u00e9t\u00e9 Mukwege, je serais d\u00e9j\u00e0 morte, non seulement des s\u00e9quelles physiques subies pendant mon mois d\u2019esclavage sexuel, mais aussi et surtout de la chert\u00e9 de [la] vie. Heureusement, apr\u00e8s les soins, on m\u2019a appris la p\u00e2tisserie qui me permet aujourd\u2019hui de nourrir, v\u00eatir et scolariser mes cinq enfants. L\u2019a\u00een\u00e9e vient d\u2019ailleurs d\u2019obtenir son dipl\u00f4me d\u2019Etat <\/em>[l\u2019\u00e9quivalent du Baccalaur\u00e9at]<em>, cette ann\u00e9e <\/em>\u00bb, se f\u00e9licite-t-elle.<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"Les survivantes des violences sexuelles apprennent la \" src=\"media\/Fondation-Panzi-Mukwege-Bukavu_formation-metier-reinsertion-couture_CLAUDE-SENGENYA.jpg\" alt=\"Les survivantes des violences sexuelles apprennent la \" \/><figcaption>Les survivantes des violences sexuelles apprennent la \"coupe et couture\" \u00e0 la Fondation Panzi.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Jos\u00e9phine vient de se construire une maison \u00e0 Bukavu, o\u00f9 les lopins de terre co\u00fbtent pourtant trop cher. Elle est l\u2019une des grandes fournisseuses de la Fondation Panzi en pain et bois de chauffe. \u00ab <em>Gr\u00e2ce \u00e0 mon m\u00e9tier, je gagne facilement 100 dollars le mois\u00a0\u00bb, <\/em>un revenu sup\u00e9rieur au salaire minimum interprofessionnel garanti aux fonctionnaires de l\u2019Etat.<em> \u00ab\u00a0Vivre heureux apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 victime de viol, oui c\u2019est possible. Ceux qui m\u2019ont vu venir \u00e0 Panzi avec 15 kilos comme poids, peuvent bien en t\u00e9moigner <\/em>\u00bb, nous confie-t-elle, assise dans la salle de r\u00e9ception de la Maison Dorcas, en attente du paiement de son pain. \u00ab <em>Ayant vu ma r\u00e9ussite et ayant \u00e9cout\u00e9 les t\u00e9moignages de mes enfants qui disent aujourd\u2019hui vivre mieux qu\u2019avant, quand on \u00e9tait encore dans le village, mon \u00e9poux qui m\u2019a pourtant r\u00e9pudi\u00e9e a finalement demand\u00e9 pardon et ne cesse de solliciter que je lui accorde une seconde chance de revenir \u00e0 la maison <\/em>\u00bb, t\u00e9moigne-t-elle. \u00ab <em>J\u2019h\u00e9site encore \u00e0 l\u2019accueillir, quand je me rappelle de l\u2019humiliation subie. <\/em>\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<p><span style=\"boorder: 1px solid #ccc;\"><div class=\"articleLink articleLink--editorRecommanded articleLink--textInImage articleLink--textTop\" style=\"\">\r\n\t\t\t\t\t\r\n\t\t\t<div class=\"articleLinkSurTitle\">Recommand\u00e9 par la r\u00e9daction<\/div>\r\n\t\t\t<a class=\"articleLinkImageLink\" href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/39130-mukwege-nobel-paix-projecteur-justice-transitionnelle-republique-democratique-congo.html\"><div class=\"articleLinkImageContainer \"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"540\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/d1681b83088bad919827869ab32a7e96-540x360.jpg\" class=\"articleLinkImage backgroundImageTag w-100 wp-post-image\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/d1681b83088bad919827869ab32a7e96-540x360.jpg 540w, https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/d1681b83088bad919827869ab32a7e96-730x487.jpg 730w, https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/d1681b83088bad919827869ab32a7e96-1110x740.jpg 1110w, https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/d1681b83088bad919827869ab32a7e96.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/div><\/a>\r\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/39130-mukwege-nobel-paix-projecteur-justice-transitionnelle-republique-democratique-congo.html\" class=\"articleLinkTitle articleLinkTitle--default\">\r\n\t\t\tMukwege prix Nobel de la paix : coup de projecteur sur la justice transitionnelle en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo\r\n\t\t<\/a>\r\n\t\t\r\n\t\t\t\t<\/div><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 10 d\u00e9cembre, Denis Mukwege recevra officiellement le Prix Nobel de la Paix \u00e0 Oslo, en m\u00eame temps que Nadia Murad, une rescap\u00e9e y\u00e9zidie des viols de guerre en Irak. 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