{"id":40829,"date":"2019-04-03T07:50:01","date_gmt":"2019-04-03T05:50:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/40829-philip-gourevitch-vivre-au-rwanda-avec-le-genocide-quelque-peu-derriere-1ere-partie.html"},"modified":"2019-04-03T07:50:01","modified_gmt":"2019-04-03T05:50:01","slug":"philip-gourevitch-vivre-au-rwanda-avec-le-genocide-quelque-peu-derriere-1ere-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/40829-philip-gourevitch-vivre-au-rwanda-avec-le-genocide-quelque-peu-derriere-1ere-partie.html","title":{"rendered":"Philip Gourevitch : vivre au Rwanda avec le g\u00e9nocide (quelque peu) derri\u00e8re - 1\u00e8re partie"},"content":{"rendered":"<div class=\"content-encadre\">\n<p style=\"text-align: center; font-size: 24px; line-height: 26px;\">LES GRANDS ENTRETIENS JUSTICEINFO.NET<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 28px; line-height: 30px;\"><strong>Philip Gourevitch<br \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 18px; line-height: 20px;\">Journaliste au New Yorker et auteur<\/p>\n<\/div>\n<p><strong>Pour la premi\u00e8re fois, les Rwandais peuvent consid\u00e9rer vivre au Rwanda de l\u2019apr\u00e8s-g\u00e9nocide en ayant celui-ci quelque peu derri\u00e8re eux, raconte le journaliste et \u00e9crivain Philip Gourevitch. Comment la coexistence sur les collines a-t-elle \u00e9volu\u00e9 au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es ? Quel a \u00e9t\u00e9 l'impact de la justice des gacaca ? Que signifient la r\u00e9conciliation et le pardon apr\u00e8s un meurtre de masse ? Ce sont quelques-uns des th\u00e8mes abord\u00e9s par Philip Gourevitch dans cette premi\u00e8re partie d'un grand entretien exclusif avec JusticeInfo.net.<\/strong><\/p>\n<div style=\"margin-bottom: -20px;\">\u00a0<\/div>\n<hr \/>\n<div style=\"margin-bottom: -40px;\">\u00a0<\/div>\n<h3>1 \u2013 LA VIE APR\u00c8S<\/h3>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>JUSTICEINFO.NET : Vous avez beaucoup \u00e9crit sur l\u2019apr\u00e8s g\u00e9nocide des Tutsis qui a eu lieu au Rwanda entre avril et juillet 1994. Il y a eu les premiers proc\u00e8s, puis l\u2019extraordinaire processus de justice \u00e0 grande \u00e9chelle des tribunaux communautaires appel\u00e9s gacaca, une politique officielle d\u2019\u00e9tablissement des responsabilit\u00e9s et de r\u00e9conciliation. Il semble que nous soyons maintenant dans les lendemains de l\u2019apr\u00e8s-g\u00e9nocide. Quelle part du pass\u00e9 envahit encore le pr\u00e9sent ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>PHILIP GOUREVITCH : Nous sommes dans une p\u00e9riode que j'appelle parfois l'apr\u00e8s-gacaca. Les gacaca ont pris fin en 2012, apr\u00e8s dix ans. Dans l'esprit d'un grand nombre des communaut\u00e9s qui l'ont v\u00e9cu, il a fallu un certain temps pour ressentir que ce n'\u00e9tait plus un pass\u00e9 imm\u00e9diat. Mais disons qu'\u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, on est entr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans une p\u00e9riode o\u00f9 il existe encore des structures formelles, des attitudes et des habitudes pour d\u00e9crire, d\u00e9battre et se confronter \u00e0 ce pass\u00e9, mais il n'y a pas de programme national au sein duquel chacun s\u2019y confronte.<\/p>\n<p>Jusqu'\u00e0 la fin des gacaca, le g\u00e9nocide \u00e9tait encore, litt\u00e9ralement, devant eux. Ils allaient devoir \"l'affronter\". Et bon nombre des tensions que les gacaca ont suscit\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019apr\u00e8s g\u00e9nocide \u00e9taient pesamment recouvertes par des questions de culpabilit\u00e9 ou de responsabilit\u00e9 juridique.<\/p>\n<p>Dans un sens, c'est la premi\u00e8re fois que les gens peuvent envisager de vivre au Rwanda apr\u00e8s le g\u00e9nocide en ayant le g\u00e9nocide quelque peu derri\u00e8re eux. C'est donc un grand changement.<\/p>\n<p>Parfois, les gens disent des choses \u00e9tranges. Un tueur m'a dit : \"Je me sentais tr\u00e8s bien apr\u00e8s ma sortie de prison apr\u00e8s les gacaca\" - il avait tu\u00e9 beaucoup de gens - \"parce que j'en avais d\u00e9sormais fini avec cette affaire de 1994.\" Et je me suis dit : pas si vite, monsieur ! C'\u00e9tait trop facile : vous payez quelques amendes mais vous avez quand m\u00eame tu\u00e9 trente personnes... Et les rescap\u00e9s, eux, n'en ont pas fini. Ils vivent encore violemment dans le tourment et continuent de s\u2019accommoder d\u2019autre chose, \u00e0 savoir que les gacaca, dans leur complexit\u00e9, ont ob\u00e9i \u00e0 de nombreux compromis. Par exemple, la devise des tribunaux gacaca \u00e9tait : la v\u00e9rit\u00e9 gu\u00e9rit. Et le fait est, bien s\u00fbr, que la v\u00e9rit\u00e9 blesse aussi.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Soudain, on se rend devant les gacaca, et cet individu d\u00e9cide d'avouer et il vous offre une description coup par coup de la fa\u00e7on dont il a tu\u00e9 ces personnes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>A la fin des ann\u00e9es 90, quand j'interrogeais les gens, il leur arrivait de me dire : je sais qu\u2019untel a tu\u00e9 la plupart des membres de ma famille - tout le monde le sait dans la communaut\u00e9. Or, soudain, on se rend devant les gacaca, et cet individu d\u00e9cide d'avouer et il vous offre une description coup par coup de la fa\u00e7on dont il a tu\u00e9 ces personnes. Soudain, cette violence extr\u00eame est r\u00e9it\u00e9r\u00e9e, elle se joue \u00e0 nouveau. Or, si les rescap\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de l\u2019extr\u00eame violence, par le fait m\u00eame d\u2019en \u00eatre rescap\u00e9, la plupart d'entre eux n'\u00e9taient pas physiquement pr\u00e9sents lors du meurtre des membres de leur famille. Et l\u00e0, quelqu'un vous dit, sans ambages : \"J'ai brutalement assassin\u00e9 ta m\u00e8re, je suis descendu de la colline, je l'ai trouv\u00e9e ici, j'ai pris une massue, nous l'avons fracass\u00e9e, nous l'avons tra\u00een\u00e9e jusqu\u2019ici et l'avons jet\u00e9e dans les latrines. Puis on a continu\u00e9 et il y avait ces deux petits enfants...\"<\/p>\n<blockquote>\n<p>Et c'est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu'on vous demande de pardonner \u00e0 cet individu.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et c'est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu'on vous demande de pardonner \u00e0 cet individu. C'est totalement re-traumatisant. Peut-\u00eatre a-t-on alors envie de dire : \u00e9coutez, je sais que cette personne l'a fait et je suis reconnaissant qu'elle ne le nie plus. Mais il a fallu beaucoup de temps pour dig\u00e9rer cette couche suppl\u00e9mentaire de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Depuis fin 1996, vous retournez dans la m\u00eame commune de Taba, au centre du pays, en parlant aux m\u00eames personnes, victimes et assassins, qui vivent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, parfois m\u00eame pour certains sous le m\u00eame toit. En 2009, vous \u00e9criviez que \"le Rwanda est le seul pays o\u00f9, \u00e0 tous les niveaux de la soci\u00e9t\u00e9, des centaines de milliers de personnes ayant particip\u00e9 \u00e0 un meurtre de masse vivent avec les familles de leurs victimes\". Dix ans plus tard, comment vivent-ils cela et comment vivent-ils les uns avec les autres ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Certains aspects me font penser au chagrin individuel. Quand quelqu'un perd inopin\u00e9ment un membre de sa famille qui lui est cher et qu'il est d\u00e9vast\u00e9 et que tout cela le consume, dix ans plus tard, si vous le rencontrez, il est peu probable qu'il en parle. S'il s'agissait d'un meurtre et que vous l\u2019\u00e9voquez, il dira peut-\u00eatre qu\u2019il a r\u00e9gl\u00e9 cela.<\/p>\n<p>On entend aujourd\u2019hui des gens venir au Rwanda et dire que les Rwandais ne parlent jamais du pass\u00e9. Comme si le refus de parler \u00e0 un \u00e9tranger qu\u2019on rencontre pour la premi\u00e8re fois et qui vous interroge sur les blessures intimes, politiques et soci\u00e9tales les plus traumatisantes, signifie n\u00e9cessairement que vous \u00e9vitez le sujet. Mon exp\u00e9rience, en fait, est qu'ils en parlent. Le sujet est pr\u00e9sent. Certains en parlent m\u00eame beaucoup. Mais m\u00eame dans ce cas, bien s\u00fbr, tout le monde atteint un point o\u00f9 ils doivent s\u2019arr\u00eater et dire que voil\u00e0 \u2013 et cela me semble toujours sain et sens\u00e9, plut\u00f4t que relever d\u2019une forme de peur et de silence.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, c'est diff\u00e9rent pour les auteurs et les rescap\u00e9s. Pour les auteurs, le mot le plus souvent utilis\u00e9 est la honte plut\u00f4t que le traumatisme. C'est la honte qui doit \u00eatre g\u00e9r\u00e9e, apr\u00e8s que la culpabilit\u00e9 l\u2019a \u00e9t\u00e9. C'est un obstacle entre soi et les autres. Tout comme l'est la culpabilit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Quand vous voyez des gens qui vivent ensemble, apparemment bien, cela signifie-t-il qu'ils ont vraiment r\u00e9gl\u00e9 la question ou cela signifie-t-il qu'ils ne l'ont pas r\u00e9gl\u00e9e ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il y a beaucoup de divisions et de tensions sociales au Rwanda, et certaines d'entre elles sont directement li\u00e9es au g\u00e9nocide, mais beaucoup ne le sont pas. Donc, la question - et c'est la question \u00e9ternelle et sans r\u00e9ponse avec laquelle je lutte - est la suivante : quand vous voyez des gens qui vivent ensemble, apparemment bien, cela signifie-t-il qu'ils ont vraiment r\u00e9gl\u00e9 la question ou cela signifie-t-il qu'ils ne l'ont pas r\u00e9gl\u00e9e ?<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Et on n\u2019arrive pas \u00e0 le dire.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>On n\u2019arrive pas \u00e0 le dire. Pas de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. On peut parfois le dire, en discutant beaucoup avec une personne et en y retournant r\u00e9guli\u00e8rement. Mais ils disent alors qu'il y a des choses qu'ils ont r\u00e9gl\u00e9es et d'autres qu'ils n'ont pas r\u00e9gl\u00e9es. Et cela change aussi avec le temps : les choses r\u00e9gl\u00e9es peuvent redevenir des choses non r\u00e9gl\u00e9es et vice-versa.<\/p>\n<p>Le fait que, dans la reconstruction du Rwanda, une grande partie de l'\u00e9nergie a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 publique et au d\u00e9veloppement \u00e9conomique et que les conditions s'am\u00e9liorent, signifie que les gens trouvent un int\u00e9r\u00eat \u00e0 aller de l\u2019avant, ils y voient un avantage. La situation est aussi plus \u00e9galitaire au niveau Hutu\/Tutsi. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas une \u00e9lite tutsie et des couches sociales complexes, y compris de nombreux Hutus prosp\u00e8res et influents. Mais par exemple, parmi les personnes que je vois \u00e0 Taba, dans la famille \u00e9largie d'une des grandes familles hutues, toute la g\u00e9n\u00e9ration qui avait la trentaine et la quarantaine en 1994 a particip\u00e9 au g\u00e9nocide et est all\u00e9e en prison, et aucun d'eux n'\u00e9tait jamais all\u00e9 \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Leurs enfants, eux, y vont - certains d'entre eux ont m\u00eame une m\u00e8re ou un p\u00e8re en prison pour g\u00e9nocide. L\u2019un des tueurs m'a dit que, \"avant le g\u00e9nocide, pour des \u2018petits Hutus\u2019 comme nous, c'\u00e9tait impensable\". Si les enfants r\u00e9ussissent aux examens, ils ont une chance. S'ils vont \u00e0 la clinique, il y a des soins de sant\u00e9 d\u00e9cents. Cela ne veut pas dire que le Rwanda est un paradis ou qu'il n'y a pas beaucoup de ressentiment. Cela signifie que l'exp\u00e9rience sociale d'aujourd'hui, le champ social du possible, n'est pas simplement fond\u00e9e sur les gacaca, ou sur le legs g\u00e9nocidaire de son ascendance, et cela leur fait sentir que quelque chose a \u00e9volu\u00e9 qui tend \u00e0 rendre les choses moins injustes.<\/p>\n<div style=\"margin-bottom: -20px;\">\u00a0<\/div>\n<hr \/>\n<h3>2 \u2013 LE PRAGMATISME DE LA R\u00c9CONCILIATION<\/h3>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Il y a dix ans, un survivant de Taba, Evariste, vous a confi\u00e9 : \"Toute cette r\u00e9conciliation et ces aveux, c'est le programme de l'\u00c9tat. Et quand un tueur vient vous demander pardon, vous ne pouvez rien faire d'autre. Vous lui pardonnez, mais vous ne savez pas vraiment si cela vient de votre c\u0153ur, parce que vous ne savez pas vraiment ce qu'il en est chez le tueur - s'il demande pardon avec son c\u0153ur.\" Et vous ajoutez : \"Pourtant, Evariste pense qu'il vaut mieux faire semblant que le contraire.\" Que signifie la r\u00e9conciliation apr\u00e8s le g\u00e9nocide ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>J'\u00e9tais tr\u00e8s sceptique. Cela semblait impossible. Regardez mon pays : on n\u2019a pas eu l\u2019impression d\u2019\u00eatre r\u00e9concili\u00e9s sur notre guerre civile au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. C'\u00e9tait il y a cent-cinquante ans, personne n\u2019en a une m\u00e9moire vivante, et c'est un pays o\u00f9 on peut dire que le Sud et le Nord sont assez int\u00e9gr\u00e9s et r\u00e9concili\u00e9s. Et pourtant, toutes ces lignes de fracture sont l\u00e0, dans notre politique, dans notre soci\u00e9t\u00e9, dans nos esprits et dans nos c\u0153urs.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Il y a vingt ans, je ne dis m\u00eame pas vingt-cinq, les chances que, de mon vivant, les Rwandais en soient l\u00e0 o\u00f9 ils en sont aujourd'hui auraient sembl\u00e9 tr\u00e8s dures \u00e0 imaginer.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il y a vingt ans, je ne dis m\u00eame pas vingt-cinq, les chances que, de mon vivant, les Rwandais en soient l\u00e0 o\u00f9 ils en sont aujourd'hui auraient sembl\u00e9 tr\u00e8s dures \u00e0 imaginer. Certains disent que je ne fais que brosser le tableau en rose et dire que tout le monde est r\u00e9concili\u00e9. C'est la derni\u00e8re chose que je dirais.<\/p>\n<p>Evariste est le beau-fr\u00e8re d'un tueur. Ce tueur \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 sa s\u0153ur, donc une Tutsie. En 2009, quand j'ai vu Evariste, il m'a dit qu'il \u00e9tait tr\u00e8s heureux tant que le type \u00e9tait en prison. Mais voil\u00e0 que le type vient de sortir de prison. Soudain, il est de retour ! Evariste a encore peur de lui. Puis il se rend compte qu'il n\u2019est plus si effrayant. Une importante chose dont il faut se souvenir ici est que, contrairement aux tueurs des temps normaux au sujet desquels chacun se demande s\u2019ils vont r\u00e9cidiver quand ils sortent de prison, les g\u00e9nocidaires n\u2019ont pas simplement tu\u00e9 de mani\u00e8re impulsive quand le crime \u00e9tait interdit mais seulement quand celui-ci \u00e9tait autoris\u00e9 par l\u2019Etat. Certains ont encore tu\u00e9 apr\u00e8s, pour \u00e9liminer des t\u00e9moins incriminants. Mais il a fallu un certain temps avant que chacun ne r\u00e9alise que, apr\u00e8s le proc\u00e8s ou la prison, on n\u2019a rien \u00e0 craindre d\u2019eux, \u00e0 moins qu\u2019ils ne reprennent le pouvoir. Evariste a donc dit d'accord, je te pardonne, mais il ne veut plus rien avoir affaire avec ce type. Quand j'ai \u00e9crit cette histoire, telle \u00e9tait la r\u00e9alit\u00e9 sur leur situation.<\/p>\n<p>Plus tard, je suis retourn\u00e9 l\u00e0-bas plusieurs fois et, un jour, quelqu'un me dit : ces deux-l\u00e0 s'entendent bien maintenant, ils vont boire ensemble au march\u00e9. Je demande donc \u00e0 Evariste : vraiment ? Vous buvez avec votre beau-fr\u00e8re ? Il dit oui. Attendez une minute, lui dis-je, qu'en est-il de ce que vous m'avez dit en 2009 ? Il me r\u00e9pond : oui, c'\u00e9tait vrai en 2009.<\/p>\n<p>C'est cela, l'apr\u00e8s-gacaca dont je parle. Ce qui s'est pass\u00e9 dans les gacaca ne s'est pas pass\u00e9 seulement dans les gacaca. C'est arriv\u00e9 plus tard. Evariste a observ\u00e9 son beau-fr\u00e8re pendant quelques ann\u00e9es ; il a vu que la situation de sa s\u0153ur n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 aussi bonne ; que ce type n'\u00e9tait plus la petite brute du foyer et de la colline ; qu\u2019il \u00e9tait maintenant un homme prudent qui essayait d'aider sa femme \u00e0 la maison, qui traitait bien ses enfants, qui ne tra\u00eenait pas avec les autres g\u00e9nocidaires ; et il revenait sans cesse demander pardon. Evariste l'a donc accept\u00e9. D'autres survivants m'ont dit : \"Bah, c'est son beau-fr\u00e8re, il ont des relations familiales, il doit s'en accommoder \u2013 mais moi, jamais.\"<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>La r\u00e9conciliation serait donc un exercice de pragmatisme ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>C'est ainsi qu'elle est con\u00e7ue - elle exige une sorte de civilit\u00e9 pragmatique. Quand on dit que c'est une politique du gouvernement, on semble dire que c'est le r\u00e9cit officiel, comme pour dire imm\u00e9diatement que c'est faux.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>C'est ce que les victimes semblent elles-m\u00eames ressentir dans votre article de 2009...<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>C\u2019est vrai, mais cela leur donne aussi une certaine protection contre eux-m\u00eames. Quand ils disent qu\u2019ils ne font cela que parce que l\u2019Etat le demande, ils ne disent pas que c\u2019est mauvais \u2013 ils disent qu\u2019ils ne sont pas r\u00e9concili\u00e9s dans leur for int\u00e9rieur avec la r\u00e9conciliation qu\u2019ils affichent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il n\u2019y ont pas r\u00e9sist\u00e9 physiquement, mais leur c\u0153ur et leur esprit y ont r\u00e9sist\u00e9. Ils luttent avec \u00e7a. Ecoutez, nous avons nos propres tabous \u00e0 propos des insultes raciales dans notre culture, n'est-ce pas\u00a0? Ce qui \u00e9tait normal de dire pour beaucoup de gens il y a cinquante ans, il est aujourd\u2019hui pr\u00e9f\u00e9rable de le dire, au minimum, en priv\u00e9 si on le pense encore : je n'ai pas le choix, c'est la politique du gouvernement, je ne peux plus \u00eatre raciste. Au d\u00e9but, les gens disent que c'est politiquement correct, que c'est un contr\u00f4le social, que ce n'est pas la libert\u00e9, que c'est faux, une mascarade, que c'est r\u00e9prim\u00e9 \u00a0et que, donc, cela resurgira dans une version encore plus vive. Mais en fait, dix ans apr\u00e8s l'adh\u00e9sion au tabou, beaucoup de gens, s'ils entendent quelqu'un utiliser ce terme raciste, vont fr\u00e9mir et se sentir offens\u00e9s. Leur attitude a chang\u00e9, leurs sentiments ont chang\u00e9 \u00e0 cause de cette politique \u2013 et pas seulement leur langage, qui illustre leur comportement ext\u00e9rieur, mais les sentiments intimes que v\u00e9hiculent le langage.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Les gens vivent tellement localement. Nous sommes \u00e0 Taba et ils se fichent d'Akayesu. Leur souci est le type d'\u00e0 c\u00f4t\u00e9, qui est toujours l\u00e0. C'est comme \u00e7a qu'ils l'ont v\u00e9cu.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il y a ainsi des aspects de cette politique que les Rwandais ont accept\u00e9s et appr\u00e9ci\u00e9s m\u00eame s'ils ont \u00e9t\u00e9 contrari\u00e9s par son imposition. Une autre point int\u00e9ressant est le suivant : les gens vivent tellement localement. Nous sommes \u00e0 Taba et ils se fichent d'Akayesu [ancien maire de Taba, condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie par le Tribunal p\u00e9nal international pour le Rwanda, en 1998], ils l\u2019\u00e9voquent rarement. Leur souci est le type d'\u00e0 c\u00f4t\u00e9, qui est toujours l\u00e0. C'est comme \u00e7a qu'ils l'ont v\u00e9cu.<\/p>\n<p>M\u00eame en 2015\/2016, quand on demandait aux gens comment ils consid\u00e9raient les gacaca et ses cons\u00e9quences, ils r\u00e9pondaient souvent : \"Moi, je ne supporte pas de voir ce type, \u00e7a me fait mal tous les jours\u00a0; c'est la politique du gouvernement mais, sur un plan g\u00e9n\u00e9ral, au sein de la communaut\u00e9, les choses vont beaucoup mieux.\" J'ai commenc\u00e9 \u00e0 remarquer que les gens disaient : \"Moi, j'ai encore plein de raisons de me plaindre, je continue d\u2019\u00eatre troubl\u00e9, mais la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble s\u2019oriente dans une bien meilleure direction.\" J'ai trouv\u00e9 ce sentiment int\u00e9ressant, surtout le fait qu'il apparaisse r\u00e9pandu. On peut le traduire ainsi : cet assassin de ma famille, ou cette victime de ma famille, je ne peux pas m'y faire ; mais cette personne qui est peut-\u00eatre le tueur ou la victime de quelqu'un d'autre que je ne connais pas, si je la rencontre en dehors de ce cadre, je peux m\u2019en accommoder. Mais je ne le pouvais pas en 1994. Et je ne le pouvais pas en 2005.<\/p>\n<p>Ce qui \u00e9tait une crise socio-politique devient une blessure priv\u00e9e et personnelle \u00e0 g\u00e9rer\u00a0; elle est encore vive, mais dans le cadre de cette dynamique d\u2019apr\u00e8s-g\u00e9nocide, il me semble que c\u2019est pr\u00e9f\u00e9rable que si les choses \u00e9voluaient dans un sens inverse.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Cela signifie-t-il que la r\u00e9conciliation op\u00e8re \u00e0 diff\u00e9rents niveaux et \u00e9volue au fil du temps ?<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Oui, et bien s\u00fbr le gouvernement r\u00e9p\u00e8te que c'est un succ\u00e8s, parce qu\u2019il en va ainsi des gouvernements. Un jour, j'ai parl\u00e9 \u00e0 Domitille Mutankaganzwa [ancienne secr\u00e9taire ex\u00e9cutive du Service national des juridictions gacaca] qui \u00e9tait responsable de l'ensemble du syst\u00e8me des tribunaux gacaca, et elle m'a dit : une fois que nous en aurons fini avec les gacaca, nous pourrons commencer la r\u00e9conciliation. Officiellement, tout le programme dont elle \u00e9tait responsable \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre un instrument de r\u00e9conciliation. Mais de fa\u00e7on r\u00e9aliste, elle comprenait que cela signifiait qu'il s'agissait d'un instrument qui pr\u00e9parait le terrain.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Aujourd'hui, les gens peuvent parler entre eux du pass\u00e9, non sous une seule forme directe accusatoire ou confessionnelle, mais en des termes beaucoup plus sociaux et conciliants.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aujourd'hui, les gens peuvent parler entre eux du pass\u00e9, non sous une seule forme directe accusatoire ou confessionnelle, mais en des termes beaucoup plus sociaux et conciliants. Ils traitent les choses \u00e0 un niveau diff\u00e9rent qu\u2019il y a quinze ans<strong>.<\/strong><\/p>\n<div style=\"margin-bottom: -20px;\">\u00a0<\/div>\n<hr \/>\n<h3>3 \u2013 LUTTER AVEC LE PARDON<\/h3>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Un autre th\u00e8me majeur qui ressort de vos \u00e9crits est le pardon. <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>On ne peut l\u2019\u00e9viter.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>En 2009, une autre rescap\u00e9e, une vieille dame que vous aviez rencontr\u00e9e et interrog\u00e9e pendant de nombreuses ann\u00e9es, vous dit : \"Le pardon provient d'un ordre pr\u00e9sidentiel.\" Elle vous dit que Paul Kagame, le pr\u00e9sident du Rwanda, \u00e9tait \"celui qui leur a pardonn\u00e9\". <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Beaucoup de rescap\u00e9s m'ont dit que la formule des gacaca \u00e9tait fondamentalement que vous demandiez d\u2019abord pardon \u00e0 l'\u00c9tat.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Alors que signifie demander pardon ou l'accorder dans le Rwanda de l\u2019apr\u00e8s g\u00e9nocide ? Comment les Rwandais comprennent-ils cela ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>C'est la question la plus difficile pour moi. Cela m'a laiss\u00e9 perplexe pendant des ann\u00e9es, et je ne le comprendrai sans doute jamais enti\u00e8rement. Je reviens parfois uniquement pour essayer de comprendre cela un peu plus - ce qu'ils pensent que cela signifie de pardonner, ou d'\u00eatre pardonn\u00e9 pour de telles offenses. Et ce n'est pas comme si tous les Rwandais le comprenaient pareillement. Ils ont \u00e9videmment des id\u00e9es tr\u00e8s diff\u00e9rentes \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>Je ne sais pas si le pardon a tout \u00e0 fait le m\u00eame sens en fran\u00e7ais. Litt\u00e9ralement : \"laisser la place pour autre chose\", une forme d\u2019\u00e9change. A la place de quoi ? Eh bien, l\u2019inverse du pardon est le ch\u00e2timent. Il est clair que la notion de pardon est souvent m\u00eal\u00e9e \u00e0 la religion. Il y a beaucoup plus d'\u00e9crits religieux sur le pardon que d'\u00e9crits la\u00efcs ou juridiques et, d\u2019autre part, la litt\u00e9rature disponible n'aborde pas r\u00e9ellement certains sujets qui, au Rwanda, sont routiniers tels que celui de pardonner \u00e0 votre voisin qui \u00e9tait votre ami de toujours jusqu'au jour o\u00f9 il a coup\u00e9 votre m\u00e8re et vos enfants en morceaux, avant de rentrer chez lui avec vos tongs.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Vous n'avez pas \u00e0 faire confiance \u00e0 quelqu'un pour lui pardonner\u00a0; restaurer la confiance est une question totalement distincte du pardon.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce qu'on a demand\u00e9 aux Rwandais est tellement extr\u00eame. Il y a une chose qui m'a pris du temps \u00e0 r\u00e9aliser, c'est qu'ils ont une id\u00e9e tr\u00e8s modeste de ce que signifie le pardon. A mes yeux, l'id\u00e9e du pardon, surtout lorsqu'on en parlait dans le contexte de la r\u00e9conciliation, semblait toujours signifier un retour \u00e0 une sorte de relation comme le status quo d\u2019antan. Mais les Rwandais disent, non non, cela demanderait d\u2019avoir confiance - vous n'avez pas \u00e0 faire confiance \u00e0 quelqu'un pour lui pardonner\u00a0; restaurer la confiance est une question totalement distincte du pardon. Tr\u00e8s bien, alors qu'exige le pardon ? Presque tous ceux que j'ai interrog\u00e9s au Rwanda m'ont r\u00e9pondu la m\u00eame chose : le fondement essentiel du pardon est une d\u00e9cision intime, par celui qui pardonne, de renoncer \u00e0 la vengeance - litt\u00e9ralement, de renoncer \u00e0 l'id\u00e9e de r\u00e9gler ses comptes. Je dis que c\u2019est modeste, une sorte de strict minimum, mais pensez \u00e0 l'ampleur et \u00e0 la port\u00e9e des offenses et des blessures auxquelles nous nous r\u00e9f\u00e9rons, et \u00e0 ce que cela signifierait pour les Rwandais de ne pas pardonner, et vous voyez que ce n'est pas une mince affaire.<\/p>\n<p>Cela laisse encore beaucoup de questions en suspens : doit-on et peut-on pardonner \u00e0 quelqu'un s'il ne demande pas pardon ? Le repentir ne doit-il pas \u00eatre un pr\u00e9alable ? Que signifie pardonner \u00e0 quelqu'un qui ne le demande pas ? Peut-on pardonner quelqu'un d'avoir tu\u00e9 quelqu'un d'autre - disons votre m\u00e8re ? Pouvez-vous le faire sans la trahir ?<\/p>\n<p>Tout cela a \u00e9t\u00e9 en jeu au Rwanda.<\/p>\n<p>On en avait une version formelle, ou semi-l\u00e9gale, conduite par l'\u00c9tat. Et puis on a sa r\u00e9solution au niveau individuel, qui a pris plus de temps et qui a \u00e9t\u00e9 une v\u00e9ritable lutte. En d'autres termes, quand Evariste dit qu'il vaut mieux faire semblant que d'\u00eatre en conflit, je pense qu\u2019une pr\u00e9misse pour beaucoup de Rwandais et \u00e0 laquelle ils ont continu\u00e9 de revenir quand ils \u00e9taient en col\u00e8re contre ces programmes et se sentaient pouss\u00e9s \u00e0 bout, a \u00e9t\u00e9 : l'alternative est inacceptable.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Les Rwandais disent souvent : nous n'avons pas le choix. Et cela donne l\u2019impression qu\u2019ils sont opprim\u00e9s et fatalistes.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les Rwandais disent souvent : nous n'avons pas le choix. Et cela donne l\u2019impression qu\u2019ils sont opprim\u00e9s et fatalistes. J'ai discut\u00e9 avec des gens qui ont travaill\u00e9 sur la politique de r\u00e9conciliation au sein de l'establishment rwandais et ils m'ont dit : oui, cela signifie que nous y sommes all\u00e9s trop fort, que nous l\u2019avons trop forc\u00e9e, alors qu'ils devraient sentir que ce choix est le leur. Il s\u2019agit donc de leur fa\u00e7on de s'affirmer, quand ils disent : \"Nous n'avons pas le choix.\"<\/p>\n<blockquote>\n<p>Mais que veut dire \u00ab\u00a0ne pas avoir le choix\u00a0\u00bb ? Cela signifie que nous savons quelle est l'alternative \u00e0 la coexistence, et que ce n'est pas une option.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mais que veut dire \u00ab\u00a0ne pas avoir le choix\u00a0\u00bb ? Cela signifie que nous savons quelle est l'alternative \u00e0 la coexistence, et que ce n'est pas une option. Et nous sommes donc coinc\u00e9s dans cette situation. Alors, lentement, \u00e0 des rythmes et selon des relations diff\u00e9rents, et avec des personnes diff\u00e9rentes, cela peut conduire \u00e0 des fa\u00e7ons de retrouver le chemin de l'acceptation de l'autre plus librement.<\/p>\n<p>Une chose que les gens me disaient souvent vers 2009, c'est que tout le monde se sentait mal. Les tueurs n'aimaient pas voir les rescap\u00e9s, et les rescap\u00e9s n'aimaient pas voir les tueurs. Mais on me disait aussi toujours : il vaut mieux se dire bonjour quand on se croise que de changer de trottoir, parce qu'alors on est en conflit, on se craint, on a des soup\u00e7ons et on demeure ennemis. On n\u2019est pas oblig\u00e9 d\u2019\u00eatre amis, mais si on n\u2019est pas une menace, d'autres choses peuvent, peut-\u00eatre, se passer.<\/p>\n<p>Ecoutez, tout cela m'est tr\u00e8s peu familier - une telle extr\u00e9mit\u00e9 dans une telle proximit\u00e9 - et je dois dire qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter ou croire que ces choses seraient si fondamentalement fausses sur le plan psychologique \u2013 si contraires \u00e0 la fibre humaine \u2013 qu\u2019elles ne sauraient \u00eatre r\u00e9elles. Au lieu de dire plut\u00f4t que tout cela est fragile, que cela se construit, d\u00e9pend de nombreuses pressions politiques, sociales et d'\u00e9quilibres complexes, mais que ces choses peuvent aussi acqu\u00e9rir une r\u00e9alit\u00e9 au fil du temps.<\/p>\n<div style=\"margin-bottom: -20px;\">\u00a0<\/div>\n<hr \/>\n<h3>4 \u2013 PARLER DE LA GUERRE ET DU G\u00c9NOCIDE<\/h3>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>La litt\u00e9rature abonde sur les bienfaits de s\u2019exprimer sur les violences commises. Or, on a demand\u00e9 aux Rwandais d'avoir une conversation incroyable sur les crimes commis au sein de leurs communaut\u00e9s, et ce sur une tr\u00e8s longue p\u00e9riode - environ vingt ans. Parler a-t-il donc eu cette valeur lib\u00e9ratrice pour eux, ou l\u2019ont-ils plut\u00f4t fait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Ce n'est pas n\u00e9cessairement une mauvaise chose, de l'\u00e9puiser. Dans toute relation o\u00f9 il y a un v\u00e9ritable conflit, soit vous en parlez jusqu'\u00e0 ce que la temp\u00e9rature augmente et que vous vous d\u00e9chiriez, soit vous le faites jusqu\u2019au point de dire que vous n'irez pas plus loin, que ce n\u2019est pas trop mal, et vous en restez l\u00e0. Est-ce lib\u00e9rateur ? Compar\u00e9 \u00e0 votre point de d\u00e9part, oui, mais dire que \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas trop mal\u00a0\u00bb n'est pas vraiment ce que vous ressentiez sur le moment.<\/p>\n<p>Les Rwandais se plaignent souvent - ce qui n'est pas surprenant - de tout ce qui n'est pas dit. On entend aussi des commentateurs \u00e9trangers dire qu'il existe tout ce non-dit, ces silences tacites et ces tabous. Et je ne sais pas trop. Car enfin, les survivants de l'Holocauste n'en ont pas parl\u00e9, m\u00eame dans leur propre famille, pendant les vingt premi\u00e8res ann\u00e9es. Ici, on en a \u00e9norm\u00e9ment parl\u00e9.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Dans une culture o\u00f9 l'on dit que dissimuler ses pens\u00e9es et ses \u00e9motions est une valeur \u00e9ducative...<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<blockquote>\n<p>Dans la majeure partie du monde, les gens enterrent le sujet totalement et se s\u00e9parent physiquement. Et ici, ils ne l'ont pas fait. Bien s\u00fbr, il a fallu la main lourde de l'\u00c9tat. Mais dans la plupart des cas, il faut aussi cette main lourde pour enterrer les choses.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Je ne crois pas cela. Je pense qu\u2019on a dit cela aux Rwandais au point qu\u2019ils ont fini par y croire. Je demande parfois \u00e0 ceux qui le pensent : que croyez-vous que les autres font dans le reste du monde ? Que chacun se r\u00e9pand ici et l\u00e0 avec une honn\u00eatet\u00e9 incroyable et d\u00e9brid\u00e9e ? Que dans les autres lieux o\u00f9 une violence intracommunautaire d\u00e9vastatrice a \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9e, ils ont tous organis\u00e9 des groupes de discussion pleins de bons sentiments toute la journ\u00e9e ? Et se sont mutuellement invit\u00e9s \u00e0 manger \u00e0 la maison ? Non ! Dans la majeure partie du monde, les gens enterrent le sujet totalement et se s\u00e9parent physiquement. Et ici, ils ne l'ont pas fait. Bien s\u00fbr, il a fallu la main lourde de l'\u00c9tat. Mais dans la plupart des cas, il faut aussi cette main lourde pour enterrer les choses.<\/p>\n<p>Cela signifie qu'on a moins parl\u00e9 d\u2019autres choses. Par exemple, la guerre. Le g\u00e9nocide a eu lieu au milieu d'une d\u00e9cennie de guerre civile. La guerre au Rwanda n'a pas seulement dur\u00e9 d'octobre 1990 jusqu'au g\u00e9nocide, elle a repris presque imm\u00e9diatement apr\u00e8s et s'est poursuivie jusqu'en 2000-2001 dans le Nord-Ouest, jusqu\u2019\u00e0 ce que tout le territoire national fut finalement \u00e0 nouveau sous contr\u00f4le militaire unique, sans aucun d\u00e9fi arm\u00e9 interne.<\/p>\n<p>Lorsque nous nous sommes rencontr\u00e9s pour la premi\u00e8re fois au Rwanda en 1995, les gens parlaient de la guerre et du g\u00e9nocide. Bien s\u00fbr, les tueurs avaient tendance \u00e0 parler de la guerre et non du g\u00e9nocide comme si celui-ci n'\u00e9tait qu'un trait de la guerre, ce qui \u00e9tait une fa\u00e7on de le nier. Mais la plupart des gens parlaient des deux. Leur exp\u00e9rience des ann\u00e9es de guerre n'\u00e9tait pas \u00e9clips\u00e9e par le g\u00e9nocide.<\/p>\n<p>Ce souvenir de la guerre est tr\u00e8s peu \u00e9voqu\u00e9 aujourd'hui. Le g\u00e9nocide est, bien s\u00fbr, l'exp\u00e9rience d\u00e9terminante, et l'histoire qui l'entoure est intens\u00e9ment charg\u00e9e et contest\u00e9e, mais je pense qu'il serait sain que les Rwandais puissent parler de cette histoire plus large de fa\u00e7on plus complexe. Les gens disent que c'est compl\u00e8tement tabou ou que c'est totalement r\u00e9prim\u00e9. Je ne le crois pas. Quand je soul\u00e8ve le sujet, il n'est pas difficile d'en parler avec les gens. Beaucoup de choses ressortent. Mais il n'y a pas de discours public \u00e0 ce sujet. Certains pensent que c'est parce que le FPR [Front patriotique rwandais, mouvement rebelle ayant pris le pouvoir en juillet 1994] a commis des atrocit\u00e9s pendant cette guerre et apr\u00e8s elle, et qu'il ne veut pas en r\u00e9pondre. C'est sans aucun doute un facteur. Mais il est int\u00e9ressant de noter que les atrocit\u00e9s et les massacres par le Hutu Power pendant la p\u00e9riode de guerre qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ou suivi le g\u00e9nocide n'ont pas non plus \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s. Par ailleurs, un certain nombre de figures politiques et militaires hutues qui \u00e9taient tr\u00e8s anti-FPR, et anti-Tutsi de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, n\u2019ont pas seulement \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9, mais aussi dans le gouvernement et l\u2019arm\u00e9e. Y compris des personnages importants. Dans la mesure o\u00f9 il n\u2019existe pas d\u2019accusations de g\u00e9nocide contre eux qui soient in\u00e9vitables, la position est\u00a0de laisser aller\u00a0: pour avoir la paix, on doit la faire avec nos ennemis.<\/p>\n<div class=\"content-question-itw\">\n<p><strong>Consid\u00e9rez-vous cette partie manquante de la conversation - le fait que les Hutus n\u2019ont pas pu parler des crimes commis par le FPR pendant cette p\u00e9riode - comme une bombe \u00e0 retardement ou un obstacle \u00e0 la stabilit\u00e9 du Rwanda dans le futur ? <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<blockquote>\n<p>Je pense que beaucoup de gens reconnaissent qu'il y a eu une guerre, qu'il y a eu un g\u00e9nocide, que le g\u00e9nocide n'a pas justifi\u00e9 toutes les horreurs de la guerre et les massacres qui ont pu avoir lieu pendant la guerre, mais que cela ne s'est pas produit en dehors de ce contexte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Je ne sais pas. Je ne le vois pas comme une in\u00e9vitable bombe \u00e0 retardement. Et je ne suis pas s\u00fbr que, s'il existe des bombes \u00e0 retardement, ce soit la plus grosse. Je pense que beaucoup de gens reconnaissent qu'il y a eu une guerre, qu'il y a eu un g\u00e9nocide, que le g\u00e9nocide n'a pas justifi\u00e9 toutes les horreurs de la guerre et les massacres qui ont pu avoir lieu pendant la guerre, mais que cela ne s'est pas produit en dehors de ce contexte.<\/p>\n<p>Une chose \u00e0 retenir est que, de 1990 \u00e0 1994, l'exp\u00e9rience du FPR pour les Rwandais a \u00e9t\u00e9, comme tout le reste au Rwanda, tr\u00e8s locale. Cette guerre l\u00e0 s'est d\u00e9roul\u00e9e essentiellement dans le Nord et, jusqu'en 1993, il n'y a pas eu de d\u00e9placements massifs de populations depuis la zone de guerre qui ont donn\u00e9 \u00e0 celle-ci une r\u00e9alit\u00e9 physique plus large. Il y avait m\u00eame de grandes parties du pays - le Sud, le Sud-Ouest - que la guerre n'a jamais touch\u00e9es directement, et o\u00f9 les gens n\u2019ont pas eu l\u2019exp\u00e9rience du FPR en guerre. La guerre, combin\u00e9e \u00e0 la crise politique de 1990-1994, a \u00e9t\u00e9 un traumatisme national mais, pour la majeure partie du pays, elle n'a pas eu de r\u00e9alit\u00e9 physique pendant la majeure partie de cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Le g\u00e9nocide, en revanche, a consum\u00e9 tout le pays.<\/p>\n<p>Puis, apr\u00e8s 1994, il y a eu, en gros, deux guerres sur deux th\u00e9\u00e2tres : le Congo et le Nord-Ouest du Rwanda. L\u00e0 aussi, une grande partie du pays en \u00e9tait tr\u00e8s consciente, \u00e9tait tendue et polaris\u00e9e \u00e0 cause de cela, mais ne ressentait pas vraiment le poids des combats du FPR. Et bien que les combats dans le Nord-Ouest aient d\u00e9chir\u00e9 les communaut\u00e9s, ils n'ont pour la plupart pas impliqu\u00e9 de violence communautaire, au sens o\u00f9 des voisins s\u2019en prenaient \u00e0 leurs voisins. Cela ne rend pas cette violence moins meurtri\u00e8re, moins choquante, et moins criminelle dans certains cas. Des civils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s en grand nombre par les deux camps. Mais les combats ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s par des combattants. Et cela rend plus facile d\u2019y penser comme \"la guerre\", par opposition au g\u00e9nocide. Son souvenir peut \u00eatre explosif, bien s\u00fbr, mais il est moins personnel\u00a0; c\u2019est une exp\u00e9rience diff\u00e9rente, et cela importe peut-\u00eatre encore plus lorsqu'il s'agit de reprendre la vie apr\u00e8s coup.<\/p>\n<p>Je ne sais pas, par exemple, dans quelle mesure les personnes qui ont \u00e9t\u00e9 victimes de la violence du FPR dans leur communaut\u00e9 l'identifient \u00e0 des personnes en particulier. Il est difficile de le savoir pour la raison \u00e9vidente que, si c\u2019est le cas, ils peuvent se dire qu'il est pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas en parler. Mais j'ai discut\u00e9 de cette p\u00e9riode avec plusieurs membres des FDLR [Forces d\u00e9mocratiques de lib\u00e9ration du Rwanda, groupe arm\u00e9 cr\u00e9\u00e9 au Congo par des r\u00e9fugi\u00e9s hutus et d'anciens g\u00e9nocidaires] qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s. Beaucoup d'entre eux ont combattu le FPR dans le Nord-Ouest pendant ces ann\u00e9es-l\u00e0, et ils ne semblent pas avoir peur d'en parler, m\u00eame s'ils ne citent gu\u00e8re de noms. La plupart d'entre eux ne semblent pas penser - du moins ils ne me le disent pas - que cette histoire est si volatile dans ces communaut\u00e9s que c\u2019est, comme vous le dites, une bombe \u00e0 retardement.<\/p>\n<p>J'ai demand\u00e9 aux membres du FPR et du gouvernement : pourquoi ne pas prendre les devants et \u00e9riger des monuments comm\u00e9moratifs de la guerre qui soient distincts des monuments comm\u00e9moratifs du g\u00e9nocide et dire, au moins, qu'il y a eu une guerre et qu\u2019elle a caus\u00e9 de grandes douleurs \u00e0 tous les Rwandais ? Leur r\u00e9ponse est : \"Il ne peut y avoir d'\u00e9quivalence.\" Ils veulent dire entre la guerre et le g\u00e9nocide. \u00cates-vous en train de dire que vous ne pouvez pas aborder la guerre d'une mani\u00e8re qui n'invite pas \u00e0 l'\u00e9quivalence ? leur ai-je demand\u00e9. Et si oui, pourquoi ? En gros, la r\u00e9ponse que j'obtiens est : \"Parce que les forces auxquelles nous sommes confront\u00e9s sont comme \u00e7a, elles vont l'exploiter ainsi.\"<\/p>\n<blockquote>\n<p>C'est une fragilit\u00e9 de devoir rendre certaines formes d'expression taboues, leur dis-je. Et ils r\u00e9torquent : 'Oui ! Cette soci\u00e9t\u00e9 est fragile ! Nous sommes forts, mais regardez ce qui s'est pass\u00e9 ici - nous avons affaire \u00e0 un tissu fragile.'<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>A l\u2019\u00e9vidence, ils per\u00e7oivent le probl\u00e8me comme une menace ou une faiblesse - m\u00eame s'ils ont l'air et aiment vous dire qu'ils sont tr\u00e8s forts. C'est la m\u00eame chose avec certaines questions de libert\u00e9 d'expression. C'est une fragilit\u00e9 de devoir rendre certaines formes d'expression taboues, leur dis-je. Et ils r\u00e9torquent : \"Oui ! Cette soci\u00e9t\u00e9 est fragile ! Nous sommes forts, mais regardez ce qui s'est pass\u00e9 ici - nous avons affaire \u00e0 un tissu fragile.\"<\/p>\n<p>Je ne fais donc pas de pr\u00e9dictions.<\/p>\n<p align=\"right\"><em>Propos recueillis par Thierry Cruvellier.<\/em><\/p>\n<div class=\"articleLink articleLink--editorRecommanded articleLink--textInImage articleLink--textTop\" style=\"\">\r\n\t\t\t\t\t\r\n\t\t\t<div class=\"articleLinkSurTitle\">Recommand\u00e9 par la r\u00e9daction<\/div>\r\n\t\t\t<a class=\"articleLinkImageLink\" href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/40835-philip-gourevitch-les-sequelles-du-genocide-sont-beaucoup-plus-difficiles-a-comprendre-et-a-ecrire-2eme-partie.html\"><div class=\"articleLinkImageContainer \"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"540\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/a830ce04a8f015e8a724f26950ac275a-540x360.jpg\" class=\"articleLinkImage backgroundImageTag w-100 wp-post-image\" alt=\"\" srcset=\"\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/div><\/a>\r\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/40835-philip-gourevitch-les-sequelles-du-genocide-sont-beaucoup-plus-difficiles-a-comprendre-et-a-ecrire-2eme-partie.html\" class=\"articleLinkTitle articleLinkTitle--default\">\r\n\t\t\tPhilip Gourevitch : \u00ab Les s\u00e9quelles du g\u00e9nocide sont beaucoup plus difficiles \u00e0 comprendre et \u00e0 \u00e9crire \u00bb - 2\u00e8me partie\r\n\t\t<\/a>\r\n\t\t\r\n\t\t\t\t<\/div>\n<div class=\"content-encadre\" style=\"margin-top: 30px;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"pull-left\" title=\"Philip Gourevitch (\u00a9 Victor G. JEFFREYS)\" src=\"media\/Philip-Gourevitch-Rwanda_Victor-G-JEFFREYS2.jpg\" alt=\"Philip Gourevitch (\u00a9 Victor G. JEFFREYS)\" width=\"200\" height=\"200\" \/><\/p>\n<p><strong>PHILIP GOUREVITCH<br \/><\/strong><\/p>\n<p>Philip Gourevitch est journaliste au <em>New Yorker<\/em> depuis plus de vingt ans. Il est l\u2019auteur de <em>Nous avons le plaisir de vous informer que demain nous serons tu\u00e9s avec nos familles \u2013 chroniques rwandaises<\/em> (1998). Un nouvel audiobook en anglais, lu par l\u2019auteur, sera mis en vente le 9 avril. Gourevitch est aussi l\u2019auteur de <em>A Cold Case<\/em> (2001) et <em>The Ballad of Abu Ghraib : Standing operating procedure<\/em> (2008). Au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, il s\u2019est \u00e0 nouveau rendu r\u00e9guli\u00e8rement au Rwanda en vue d\u2019un nouveau livre, <em>You Hide That You Hate Me And I Hide That I Know<\/em> (<em>Tu ne dis pas que tu me hais et je ne dis pas que je le sais<\/em>).<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES GRANDS ENTRETIENS JUSTICEINFO.NET Philip Gourevitch Journaliste au New Yorker et auteur Pour la premi\u00e8re fois, les Rwandais peuvent consid\u00e9rer vivre au Rwanda de l\u2019apr\u00e8s-g\u00e9nocide en ayant celui-ci quelque peu derri\u00e8re eux, raconte le journaliste et \u00e9crivain Philip Gourevitch. Comment la coexistence sur les collines a-t-elle \u00e9volu\u00e9 au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es ? 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