{"id":44387,"date":"2020-05-25T07:45:33","date_gmt":"2020-05-25T05:45:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/44387-comment-les-arts-servent-la-justice-dans-le-liban-d-apres-guerre.html"},"modified":"2020-05-25T07:45:33","modified_gmt":"2020-05-25T05:45:33","slug":"comment-les-arts-servent-la-justice-dans-le-liban-d-apres-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/44387-comment-les-arts-servent-la-justice-dans-le-liban-d-apres-guerre.html","title":{"rendered":"Comment les arts servent la justice dans le Liban d'apr\u00e8s-guerre"},"content":{"rendered":"<p><strong>De nombreux efforts artistiques n'ont pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er le terreau d\u2019une vraie r\u00e9conciliation dans le Liban de l'apr\u00e8s-guerre car ils continuent de s'appuyer sur la construction de r\u00e9cits exclusifs, affirme la chercheuse Ruth Artiles Valero. Le Liban est un excellent exemple de la mani\u00e8re dont l'art performatif peut davantage servir les efforts de justice et de paix que les mus\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des fonds importants ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation de projets et d'institutions artistiques et socioculturels au Liban, tant par le gouvernement, la soci\u00e9t\u00e9 civile, les ONG, que par des entit\u00e9s priv\u00e9es internationales. On a fait valoir que les \"fonds pour la paix\" sont plus facilement accessibles que les simples \"fonds pour les arts\", et il ne fait aucun doute que le Liban est un excellent exemple de la mani\u00e8re dont les initiatives artistiques peuvent mieux servir les efforts de justice et de construction de la paix que les initiatives esth\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Historiquement, le Liban multiconfessionnel constitue un cas d\u2019\u00e9tude fascinant d'apr\u00e8s-conflit. Non seulement la nature confessionnelle et conflictuelle du pays a \u00e9t\u00e9 l'un des principaux facteurs de d\u00e9clenchement de la guerre civile de 1975-1990, mais c'est aussi la principale raison pour laquelle ce pays n'est pas encore pass\u00e9 d'une paix n\u00e9gative \u00e0 une paix positive. La complexit\u00e9 de ce conflit meurtrier n'a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e que par le niveau de complexit\u00e9 de sa m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Cette guerre civile libanaise aux multiples facettes a nourri un \u00e9ventail extr\u00eamement large d'exp\u00e9riences. Comme l'a not\u00e9 l'universitaire Sune Haugbolle, la sph\u00e8re publique des ann\u00e9es de guerre, physiquement fractur\u00e9e, a \u00e9galement \"cr\u00e9\u00e9 une base ambigu\u00eb pour un nationalisme d'apr\u00e8s-guerre, o\u00f9 les souvenirs de fraternit\u00e9 et de s\u00e9paration confessionnelle se sont m\u00eal\u00e9s, concurrenc\u00e9s, et ont \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9s par les acteurs sociaux et politiques\". Ces ambigu\u00eft\u00e9s ont fa\u00e7onn\u00e9 les m\u00e9moires et les interactions dans le Liban d'apr\u00e8s-guerre et ont ajout\u00e9 au sentiment d'\u00eatre d\u2019intimes \u00e9trangers. Apr\u00e8s le conflit, les quartiers de Beyrouth sont rest\u00e9s fortement ghetto\u00efs\u00e9s, tout comme les interpr\u00e9tations de la guerre.<\/p>\n<h3>Le nouveau nationalisme de Hariri et son amn\u00e9sie historique<\/h3>\n<p>Au-del\u00e0 de l'extr\u00eame difficult\u00e9 pos\u00e9e par cette myriade de r\u00e9cits concurrents, tout le monde ne souhaite pas parler de \"la v\u00e9rit\u00e9\" ou de \"leurs v\u00e9rit\u00e9s (personnelles)\". De plus, quand ils sont exprim\u00e9s, les mots prennent r\u00e9guli\u00e8rement un sens tout autre en \u00e9tant transform\u00e9s par diff\u00e9rents m\u00e9dias. Sur un plan plus personnel, de nombreux Libanais ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 d\u00e9courag\u00e9s par ce droit \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9couverte des faits pouvait d\u00e9construire une grande partie de leurs croyances qui, depuis des g\u00e9n\u00e9rations, ont constitu\u00e9 une grande partie de leur identit\u00e9.<\/p>\n<p>L'ancien Premier ministre Rafic Hariri a tent\u00e9 d'apaiser les tensions courantes n\u00e9es de l'absence d'une v\u00e9rit\u00e9 unanimement accept\u00e9e et accessible, en concevant un nouveau nationalisme pour le Liban qui serait v\u00e9ritablement \u00e0 la hauteur des paroles de l'hymne national : Kullunalil-watan (Nous appartenons tous \u00e0 la nation). Pour l\u2019essentiel, il s\u2019agit de cultiver une m\u00e9moire nostalgique qui se concentre sur la turah (le patrimoine). Haugbolle a expliqu\u00e9 la logique de cette approche : \"Alors qu'ils peuvent \u00eatre en d\u00e9saccord avec v\u00e9h\u00e9mence sur les causes de la guerre civile, les membres de toutes confessions et de tous les partis mangent du houmous, \u00e9coutent Fairuz et dansent la dabkeh\". Cependant, ce bel exemple de fuite de la r\u00e9alit\u00e9, \u00e9galement pr\u00e9sent dans les plans architecturaux du centre-ville de Beyrouth, a ouvert la voie \u00e0 une nouvelle amn\u00e9sie historique, dont les implications continuent d'\u00eatre contre-productives. Car, pour dire les choses simplement, comment une soci\u00e9t\u00e9 est-elle cens\u00e9es se r\u00e9concilier si elle a du mal \u00e0 s'entendre sur ce qui s'est pass\u00e9 dans le pass\u00e9 ?<\/p>\n<h3>L'art contemporain a-t-il d\u00e9construit le confessionnalisme, ou le contraire ?<\/h3>\n<p>R\u00e9pondant avec opportunisme aux appels \u00e0 la paix et aux enqu\u00eates de la justice, ainsi qu'\u00e0 une r\u00e9invention de la m\u00e9moire de la guerre, l'art contemporain au Liban a offert une plateforme qui pouvait donner beaucoup de sens aux complexit\u00e9s si caract\u00e9ristiques des conflits nationaux et interethniques, et on l\u2019a cru mieux \u00e9quip\u00e9 pour r\u00e9unir les multiples exp\u00e9riences, r\u00e9cits et compr\u00e9hensions de la guerre.<\/p>\n<p>Les \u0153uvres remarquables d'artistes comme Akram Zaatari, Walid Raad, Joana Hadjithomas, Khalil Joreige, Marwan Rechmaoui et Lamia Joreige sont admirables dans leur effort d'\u00e9ducation et de r\u00e9conciliation. N\u00e9anmoins, les modes de repr\u00e9sentation qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par les artistes contemporains m\u00e9ritent un examen plus approfondi. Apr\u00e8s tout, il ne faut pas s'\u00e9tonner que les arts aient quelque chose \u00e0 voir avec le fait que de nombreux Libanais ont encore le sentiment de vivre la guerre alors m\u00eame que la paix a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e. Malheureusement, il est fort douteux que les efforts artistiques contemporains aient cristallis\u00e9 une authentique restauration des relations au sein de la soci\u00e9t\u00e9 libanaise.<\/p>\n<p>En raison de leur g\u00e9n\u00e9rale accessibilit\u00e9, mus\u00e9es et monuments publics ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s plus appropri\u00e9s pour forger une m\u00e9moire collective pouvant invoquer une conscience et des \u00e9motions communes n\u00e9cessaires \u00e0 la r\u00e9conciliation. Il a \u00e9t\u00e9 dit que si l'art public, pluraliste et ouvert continue \u00e0 d\u00e9construire le confessionnalisme, \"il sera possible d'arriver \u00e0 une v\u00e9ritable liban\u00e9it\u00e9\". Mais d'autres ont fait remarquer que m\u00eame ces efforts continuent \u00e0 \"endoctriner\" la population, que cette approche est malavis\u00e9e et qu\u2019elle renforce, en fait, les affiliations sectaires et exclusives. Le probl\u00e8me peut \u00eatre abord\u00e9 sous un angle plus productif si l'on r\u00e9alise que de telles approches de l'art ont \u00e9galement un autre point commun : elles consistent \u00e0 consid\u00e9rer les projets artistiques et socioculturels de l'apr\u00e8s-guerre civile comme des produits. Ils sont privatis\u00e9s sur le plan socio-\u00e9conomique et construits artificiellement. Or, certains arts, principalement sous la forme de performances participatives, ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 ce champ-l\u00e0.<\/p>\n<h3>Les mus\u00e9es : plus de ce que vous d\u00e9sirez, plus de ce que vous saviez d\u00e9j\u00e0<\/h3>\n<p>Bien qu'expos\u00e9es dans des espaces publics techniquement ouverts \u00e0 tous, l'art du White Cube - une esth\u00e9tique de galerie caract\u00e9ris\u00e9e par ses murs blancs carr\u00e9s et une source de lumi\u00e8re provenant g\u00e9n\u00e9ralement du plafond - est priv\u00e9 et privatis\u00e9. La visite d'un mus\u00e9e est mieux d\u00e9crite comme une activit\u00e9 culturelle de loisir \u00e0 but lucratif, en particulier dans le monde arabe, car le simple fait d'y acc\u00e9der n\u00e9cessite du temps et, le plus souvent, de l'argent. Le Liban n'est pas une exception. Par exemple, Beit Beirut (La Maison Jaune), mus\u00e9e et centre culturel urbain situ\u00e9 sur l'ancienne ligne verte de la capitale, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme un lieu davantage utilis\u00e9 \"pour la location commerciale que pour la conservation p\u00e9dagogique\". Certains se sont plaints qu'il \"semble n'\u00eatre ouvert que pour des \u00e9v\u00e9nements sp\u00e9ciaux\" et que les expositions ax\u00e9es sur la contestation du seul \u00e9v\u00e9nement historique qui constitue la base du r\u00e9gime actuel au Liban - \u00e0 savoir la guerre civile - n'ont tout simplement pas \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 la disposition du grand public.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, ceux qui peuvent se le permettre s'instruisent et peuvent int\u00e9rioriser une certaine compr\u00e9hension du pass\u00e9. Mais, ce faisant, les Libanais semblent avoir int\u00e9rioris\u00e9 des compr\u00e9hensions divergentes du pass\u00e9 selon l'institution aupr\u00e8s de laquelle ils ont acquis lesdites connaissances. Par exemple, au haut-lieu touristique de la r\u00e9sistance de Mleeta, g\u00e9r\u00e9 par le Hezbollah au Sud-Liban, le Hezbollah se pr\u00e9sente en d\u00e9fenseur national du Liban contre l'agression isra\u00e9lienne, une soi-disant \"cons\u00e9quence des d\u00e9faillances militaires de l'appareil d'\u00c9tat\". Sur Internet, les critiques soulignent le parti pris partisan manifestement ancr\u00e9 dans la m\u00e9moire du conflit au mus\u00e9e. De nombreux Libanais, en particulier des chr\u00e9tiens et des druzes, rechignent \u00e0 l'id\u00e9e de visiter un tel \"lieu de propagande\".<\/p>\n<p>En fin de compte, les destinataires des \"informations\" du Mleeta, issus de la majorit\u00e9 chiite libanaise, re\u00e7oivent davantage de ce qu'ils voulaient et davantage de ce qu'ils savaient d\u00e9j\u00e0, ou, plus exactement, pensaient savoir. Des universitaires ont fait valoir que le mus\u00e9e joue un r\u00f4le important dans la cr\u00e9ation d'un \"environnement islamique\". Cette approche \u00e9pist\u00e9mologique nous fait voir le monde \"non pas tel qu'il est, mais tel que nous sommes\". Comme l'a brillamment dit le professeur de philosophie am\u00e9ricain Michael Patrick Lynch, \"dans une bulle, la connaissance implique de toujours avoir raison\". Le danger est qu'en ne donnant qu\u2019une seule dimension aux questions et \u00e9v\u00e9nements trait\u00e9s et en essayant de les comprendre depuis un seul point de vue, la possibilit\u00e9 d'une authentique compr\u00e9hension interconfessionnelle dispara\u00eet.<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" title=\"Mleeta\" src=\"media\/Mleeta_Frode-Bjorshol.jpg\" alt=\"Mleeta\" \/><figcaption>Le mus\u00e9e touristique de la r\u00e9sistance, g\u00e9r\u00e9 par le Hezbollah, au sud-Liban, est critiqu\u00e9 comme \u00e9tant un \"lieu de propagande\". \u00a9 Frode Bjorshol<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Les limites d'une approche conservatrice<\/h3>\n<p>La conception courante des mus\u00e9es comme temples du savoir et de l'information, qui pousse les gens \u00e0 regarder par le filtre des outils narratifs sans appr\u00e9cier leur propre pouvoir dans la repr\u00e9sentation du pass\u00e9, pose \u00e9galement probl\u00e8me. Ces dynamiques exercent sans le montrer une pression conservatrice sur la m\u00e9moire collective, ce qui la rend malheureusement tr\u00e8s r\u00e9sistante au changement. Il ne faut donc pas s'\u00e9tonner que les Libanais se trouvent dans une situation paradoxale o\u00f9 ils pensent qu'en visitant ces mus\u00e9es ils en savent beaucoup plus, alors qu'en r\u00e9alit\u00e9 ils ne sont toujours pas d'accord sur ce qu'ils savent r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>En distinguant l'action (praxis) de la fabrication (poiesis), en la reliant \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la pluralit\u00e9, et en montrant son lien avec la parole et la m\u00e9moire, Hannah Arendt a pu articuler une conception de la vie politique dans laquelle les questions de signification et d'identit\u00e9 historiques pouvaient \u00eatre abord\u00e9es de mani\u00e8re nouvelle et originale. Le dialogue et l'action sociale y deviennent sources de r\u00e9flexion et de conscience de soi, le consensus n'est jamais contraint et le dialogue est vraiment libre. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne semble pas avoir beaucoup d'avenir dans les arts contemporains au Liban tels que nous les avons connus jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent. Cependant, il existe un potentiel important dans les arts performatifs et participatifs.<\/p>\n<h3>Parler de la nouvelle Beyrouth \u00e0 travers l'art vivant interactif<\/h3>\n<p>Le groupe Dictaphone, un collectif d'art \"vivant\" et de recherche urbaine bas\u00e9 \u00e0 Beyrouth, est un exemple parfait de la mani\u00e8re dont ces arts peuvent compenser les carences contre-productives des artistes contemporains \"orthodoxes\" dans un contexte comme celui du Liban. Dans le cadre d'une de leurs nombreuses repr\u00e9sentations et pendant dix jours cons\u00e9cutifs en 2012, le groupe a r\u00e9alis\u00e9 une performance sur un lieu sp\u00e9cifique explorant les id\u00e9es d'acc\u00e8s \u00e0 la mer et \u00e0 l'espace public en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 travers une analyse du front de mer de Beyrouth. Deux fois par jour, 5 membres du public choisis au hasard ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 participer \u00e0 un voyage sur un bateau de p\u00eache.<\/p>\n<p>Dans un effort pour r\u00e9examiner la compr\u00e9hension de l'espace public \u00e0 Beyrouth et pour r\u00e9-imaginer la ville, la performance a encourag\u00e9 une conversation vivante sur la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re du front de mer de Beyrouth, les lois qui la r\u00e9gissent et les pratiques de ses usagers, au cours d\u2019un voyage du port d'Ein el-Mreisse \u00e0 la plage de Ramlet el-Baida. Cette performance a permis d'aborder le fait que, depuis la fin de la guerre civile libanaise, et dans le cadre du projet de reconstruction et d'effacement de la m\u00e9moire d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, Beyrouth a \u00e9galement subi de nouvelles exclusions par la disparition progressive des terres c\u00f4ti\u00e8res accessibles au public. Plus r\u00e9cemment, on a pu le constater dans le cadre de l'extension du front de mer, la baie de Zaytouna \u00e0 Solidere, une nouvelle zone de marina cr\u00e9\u00e9e sur les d\u00e9combres du port de p\u00eache historique de la ville, aujourd'hui transform\u00e9e en l'un des projets immobiliers les plus co\u00fbteux de la r\u00e9gion.<\/p>\n<h3>Faire participer d'autres publics \u00e0 la conversation nationale<\/h3>\n<p>Dans un entretien, le Collectif a expliqu\u00e9 \u00eatre tr\u00e8s attentif depuis longtemps \u00e0 diff\u00e9rencier la politique en tant que contenu et la politique en tant que forme : \"Nous ne nous contentons pas de nous int\u00e9resser aux r\u00e9sidents\/habitants des espaces ou aux publics. Au contraire, nous collaborons avec eux. La personnalit\u00e9 et les int\u00e9r\u00eats de chaque individu ont une incidence sur le d\u00e9roulement du spectacle. Nous encourageons cela et n'essayons pas de le contr\u00f4ler\", d\u00e9clare Tania El Khoury, co-fondatrice du groupe Dictaphone. Le contr\u00f4le, selon El Khoury, \"impose une discipline de la participation, comme le fait de dire au public : \u2018Nous sommes dans une conversation, mais vous ne pouvez pas parler\u2019\". Il y a ici un parall\u00e8le notoire avec le fait qu'Arendt privil\u00e9gie l'action humaine comme moyen innovant d'aborder les questions de v\u00e9rit\u00e9, d'histoire et d'identit\u00e9, car elle facilite de plusieurs mani\u00e8res une pluralit\u00e9 pacifique.<\/p>\n<p>La compr\u00e9hension de soi et les identit\u00e9s des diff\u00e9rents groupes deviennent libres et peuvent s'exprimer sur la sc\u00e8ne publique. La m\u00e9thodologie suit une approche de la m\u00e9moire de(s) conflit(s) allant de la base au sommet. Au-del\u00e0 de l'inclusion saine favoris\u00e9e par cette approche, il y a le mode \u00ab\u00a0surgissant\u00a0\u00bb de ces spectacles. Situ\u00e9 dans des espaces urbains fr\u00e9quent\u00e9s, l'art vivant interactif expose la soci\u00e9t\u00e9 au sens large, y compris les citoyens qui ne fr\u00e9quenteraient pas un mus\u00e9e ou qui ne fr\u00e9quenteraient que des institutions artistiques sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>En fait, des \u00e9tudes comparables sur la r\u00e9gion des Balkans ont conclu que le fait de traiter le pass\u00e9 (et ses r\u00e9miniscences dans le pr\u00e9sent) \u00e0 huis clos ne fonctionne plus et que, statistiquement, c'est \u00e0 la suite d\u2019ateliers publics que les gens sont beaucoup plus susceptibles d'accepter et d'inclure l'autre dans le r\u00e9cit national\/r\u00e9gional du conflit pass\u00e9. Comme l'a fait remarquer Lynch, la compr\u00e9hension implique davantage que le simple \"t\u00e9l\u00e9chargement\" d'informations. Il faut, selon ses termes, \"faire un peu de travail pour soi-m\u00eame : avoir un peu de cr\u00e9ativit\u00e9, utiliser sa propre imagination, aller sur le terrain, faire l'exp\u00e9rience, travailler sur les preuves, parler \u00e0 quelqu'un\".<\/p>\n<h3>Emotions et compr\u00e9hension pacifique<\/h3>\n<p>Le fait d'inclure la communication corporelle, \u00e9motionnelle et spirituelle, et donc de ne pas exiger une compressibilit\u00e9 orale ou grammaticale totale, permet \u00e9galement d'atteindre un public plus large, en particulier dans les pays \"en d\u00e9veloppement\". En somme, cet art ne n\u00e9cessite qu'une interaction soci\u00e9tale au lieu d'une int\u00e9gration soci\u00e9tale avec un (ou plusieurs) r\u00e9cit(s) pr\u00e9fabriqu\u00e9(s). Tout en acceptant les int\u00e9r\u00eats pr\u00e9\u00e9tablis des diff\u00e9rents groupes, la possibilit\u00e9 de les r\u00e9unir sous une identit\u00e9 commune suppl\u00e9mentaire (car ils participent tous ensemble \u00e0 ce processus de d\u00e9couverte et cela g\u00e9n\u00e8re un nouveau sentiment d'appartenance g\u00e9n\u00e9rale) est favoris\u00e9e. Il n'y a pas d'id\u00e9e \u00e0 laquelle s'accrocher de peur que son \u00e9limination ne supprime ou ne d\u00e9l\u00e9gitime une partie de son identit\u00e9, ce qui facilite \u00e9galement la reconnaissance de \"l'autre\" et de son exp\u00e9rience. Cela peut permettre de susciter un sentiment de solidarit\u00e9 plut\u00f4t que de compassion et de courage plut\u00f4t que de peur \u2013 \u00e9motions qui sont v\u00e9ritablement li\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9e de compr\u00e9hension et de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Il semble d\u00e9sormais naturel que la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 se concentre sur l\u2019\u00e9l\u00e9ment constituant du r\u00e9cit d'apr\u00e8s-conflit : les gens. Les personnes socialis\u00e9es peuvent d\u00e9construire les m\u00e9tanarrations \u00e9gocentriques et auto-d\u00e9pendantes du pass\u00e9. Dans sa similitude naturelle avec les pratiques du discours social, cet art consiste \u00e0 conna\u00eetre le narrateur autant (sinon plus) que les r\u00e9cits. Apr\u00e8s tout, la v\u00e9rit\u00e9 n'est jamais unanime ni exhaustive. Ce n'est qu'en la d\u00e9composant et en comprenant ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs (les exp\u00e9riences des individus) que les rescap\u00e9s (et les g\u00e9n\u00e9rations qui leur succ\u00e8dent) peuvent s'\u00e9panouir dans d'une v\u00e9ritable compr\u00e9hension. Ils m\u00e9ritent cela, plus qu\u2019une concoction artificielle. C'est ce qui nous rapproche le plus de la fausse notion de \"r\u00e9alit\u00e9\" universelle sur laquelle nous aimons fantasmer depuis trop longtemps. Et c'est ce qui nous rapproche le plus de l'amorce d'un processus de compr\u00e9hension pacifique.<\/p>\n<div class=\"content-encadre\" style=\"margin-top: 30px;\">\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"pull-left\" title=\"Ruth Artiles Valero\" src=\"media\/Ruth-Artiles-Valero.jpg\" alt=\"Ruth Artiles Valero\" width=\"200\" height=\"200\" \/>RUTH ARTILES VALERO<\/strong><\/p>\n<p>Ruth Artiles Valero est une politologue originaire des \u00eeles Canaries. Elle a r\u00e9cemment achev\u00e9 un master sur \"La politique des conflits, des droits et de la justice\" \u00e0 la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l'universit\u00e9 de Londres. Sa recherche interdisciplinaire combine notamment la politique et les arts. Ses domaines d'expertise comprennent la consolidation de la paix, la r\u00e9conciliation, la m\u00e9moire de la violence, les migrations et les \u00e9tudes sur la diaspora.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nombreux efforts artistiques n'ont pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er le terreau d\u2019une vraie r\u00e9conciliation dans le Liban de l'apr\u00e8s-guerre car ils continuent de s'appuyer sur la construction de r\u00e9cits exclusifs, affirme la chercheuse Ruth Artiles Valero. Le Liban est un excellent exemple de la mani\u00e8re dont l'art performatif peut davantage servir les efforts de justice [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":64,"featured_media":61917,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[575],"tags":[],"ji_location":[2312],"class_list":["post-44387","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinions","ji_location-liban"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v25.3.1 (Yoast SEO v25.3.1) - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Comment les arts servent la justice dans le Liban d&#039;apr\u00e8s-guerre - JusticeInfo.net<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/44387-comment-les-arts-servent-la-justice-dans-le-liban-d-apres-guerre.html\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Comment les arts servent la justice dans le Liban d&#039;apr\u00e8s-guerre\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"De nombreux efforts artistiques n&#039;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er le terreau d\u2019une vraie r\u00e9conciliation dans le Liban de l&#039;apr\u00e8s-guerre car ils continuent de s&#039;appuyer sur la construction de r\u00e9cits exclusifs, affirme la chercheuse Ruth Artiles Valero. 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