{"id":82035,"date":"2021-09-13T10:26:27","date_gmt":"2021-09-13T08:26:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/?p=82035"},"modified":"2024-01-29T17:09:29","modified_gmt":"2024-01-29T16:09:29","slug":"cameroun-um-nyobe-heros-symbole-crimes-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/82035-cameroun-um-nyobe-heros-symbole-crimes-france.html","title":{"rendered":"Cameroun : Um Nyob\u00e8, h\u00e9ros et symbole des crimes de la France"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Il y a 63 ans exactement, le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyob\u00e8 tombait sous les balles de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Perp\u00e9tr\u00e9 dans le cadre d\u2019une \u00ab\u00a0guerre secr\u00e8te\u00a0\u00bb que Paris n\u2019a jamais reconnue, l\u2019assassinat de ce militant nationaliste mobilise aujourd\u2019hui les Camerounais, qui comm\u00e9morent \u00e0 travers lui la m\u00e9moire des dizaines de milliers de victimes de la <a href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/78723-humanite-heure-du-crime-colonial.html\">puissance coloniale<\/a>. Jamais reconnues non plus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Apr\u00e8s l\u2019avoir abattu dans son maquis, la France et ses valets centrafricains ont voulu le tuer dans les c\u0153urs des Camerounais. Mais sans succ\u00e8s \u00bb, indique l\u2019activiste Andr\u00e9 Blaise Essama, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Ruben Um Nyob\u00e8. Cet ind\u00e9pendantiste camerounais fut tu\u00e9 il y a pr\u00e9cis\u00e9ment 63 ans, par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Quand Essama \u00e9tait enfant, c\u2019est dans le plus grand secret qu\u2019\u00e9tait \u00e9voqu\u00e9 le nom de ce h\u00e9ros. Mais, aujourd\u2019hui, contre vents et mar\u00e9es, la m\u00e9moire d\u2019Um Nyob\u00e8 est sortie de la clandestinit\u00e9. Au grand dam de l\u2019actuel r\u00e9gime de Paul Biya, qu\u2019Essama et d\u2019autres militants camerounais accusent d\u2019\u00eatre \u00ab&nbsp;un valet&nbsp;\u00bb de la France.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du fils de paysans au militant nationaliste<\/h2>\n\n\n\n<p>Um Nyob\u00e8 voit le jour en 1913 en pays bassa, dans le Sud du Cameroun alors sous occupation allemande. Sa m\u00e8re et son p\u00e8re sont de petits paysans. Apr\u00e8s la d\u00e9faite allemande \u00e0 la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la nouvelle Soci\u00e9t\u00e9 des nations (SDN) confie en partage \u00e0 la France et au Royaume-Uni le mandat d\u2019administrer le Cameroun. Apr\u00e8s ses \u00e9tudes dans des \u00e9coles presbyt\u00e9riennes du Cameroun fran\u00e7ais, Um Nyob\u00e8 devient fonctionnaire. Il se fera conna\u00eetre comme syndicaliste avant de cr\u00e9er, en 1948 \u00e0 Douala, l\u2019Union des populations du Cameroun (UPC), un parti nationaliste. L\u2019UPC milite pour la r\u00e9unification du pays, l\u2019ind\u00e9pendance et la justice sociale. Tr\u00e8s vite, il devient le chef incontest\u00e9 du nationalisme camerounais. On commence \u00e0 l\u2019appeler le Mpodol (\u00ab&nbsp;porte-parole des siens&nbsp;\u00bb, en langue bassa).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ruben Um Nyob\u00e8 jouit d\u2019une aura presque mythique, extr\u00eamement puissante. C\u2019est un personnage cl\u00e9 dans la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance du Cameroun, la cheville ouvri\u00e8re, un penseur, un organisateur hors pair, un rassembleur d\u2019une int\u00e9grit\u00e9 absolue. Il jouit d\u2019un respect immense de la part de ses compatriotes et ses qualit\u00e9s sont reconnues dans les rapports confidentiels r\u00e9dig\u00e9s par l\u2019administration et la police fran\u00e7aises. Il est la figure la plus embl\u00e9matique de l\u2019UPC&nbsp;\u00bb, explique le journaliste fran\u00e7ais Thomas Deltombe, co-auteur avec Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa du livre \u00ab&nbsp;Kamerun&nbsp;! Une guerre cach\u00e9e aux origines de la Fran\u00e7afrique (1948-1971)&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1955, un nouveau Haut-Commissaire, Roland Pr\u00e9, d\u00e9barque au Cameroun, d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 en finir avec l\u2019UPC et avec Um Nyob\u00e8, dont le charisme d\u00e9range. A peine apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Pr\u00e9, une agitation sociale secoue le Cameroun, faisant plusieurs morts. Le gouvernement fran\u00e7ais en tire pr\u00e9texte pour interdire l\u2019UPC le 13 juillet 1955. Um Nyob\u00e8 entre dans la clandestinit\u00e9, dans une for\u00eat de sa r\u00e9gion natale. Et l\u2019administration coloniale jure de le retrouver et de l\u2019abattre. La chasse commence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Corps immerg\u00e9 dans un bloc de b\u00e9ton<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Son maquis est rep\u00e9r\u00e9 aux environs du 13 septembre 1958. Lors d\u2019op\u00e9rations de ratissage, des compagnons d\u2019Um Nyob\u00e8 sont arr\u00eat\u00e9s. Sous la torture, certains, parmi eux, vont d\u00e9signer sa cachette \u00e0 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Le 13 septembre 1958, il est abattu par une troupe de suppl\u00e9tifs command\u00e9e par un officier fran\u00e7ais \u00bb, relate l\u2019historien camerounais Jacob Tatsitsa, dans un entretien avec Justice Info.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son livre \u00ab&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.karthala.com\/948-la-naissance-du-maquis-dans-le-sud-cameroun.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun<\/a>&nbsp;\u00bb, le philosophe camerounais Achille Mbembe d\u00e9crit cette mise \u00e0 mort qui, selon lui, eut lieu, au petit matin. \u00ab Les militaires, dont un conscrit tchadien, Sara Abdoulaye, tiraient dans tous les sens. Les \u201cpisteurs\u201d n'avaient pas reconnu Um Nyob\u00e8 d'embl\u00e9e. (\u2026) C'est alors qu'un des guides le d\u00e9signa \u00e0 la troupe. Abdoulaye tira et l'atteignit de dos. Um Nyob\u00e8 s'\u00e9croula, laissant tomber non loin de l\u00e0 une serviette renfermant quelques documents et des carnets o\u00f9 il notait ses songes, puis mourut en r\u00e2lant \u00bb. Avant d\u2019\u00eatre enseveli, son corps fut immerg\u00e9 dans un bloc de b\u00e9ton. \u00ab En d\u00e9figurant le cadavre, on voulut d\u00e9truire l'individualit\u00e9 de son corps et le ramener \u00e0 une masse informe et m\u00e9connaissable&nbsp;\u00bb, conclut Mbembe. L\u2019objectif ultime \u00e9tait, compl\u00e8te Deltombe, de \u00ab&nbsp;d\u00e9raciner l\u2019id\u00e9e d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019esprit m\u00eame des Camerounais&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019assassinat d\u2019Um Nyobe ne signe cependant pas l\u2019arr\u00eat de mort du mouvement ind\u00e9pendantiste camerounais, m\u00eame si \u00ab&nbsp;elle lui porte un coup dur, d\u00e9mobilise une partie des combattants \u00bb, indique Tatsitsa.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ahmadou Ahidjo, poulain de Paris, mate les insurg\u00e9s UPC<\/h2>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre d\u00e9barrass\u00e9e du principal ind\u00e9pendantiste, la France accorde l\u2019ind\u00e9pendance au Cameroun, le 1er janvier 1960. Des \u00e9lections ont lieu en mai de la m\u00eame ann\u00e9e alors que dans les r\u00e9gions bassa et bamil\u00e9k\u00e9, l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise poursuit la r\u00e9pression des militants de l\u2019UPC. Ahmadou Ahidjo, poulain de Paris, va tirer profit de cette situation et devenir \u00e0 la suite de fraudes \u00e9lectorales massives le premier pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Cameroun.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019UPC lance alors une insurrection arm\u00e9e qui va \u00eatre mat\u00e9e par Ahidjo avec l\u2019aide de conseillers militaires fran\u00e7ais. Selon le livre \u00ab&nbsp;Kamerun&nbsp;! Une guerre cach\u00e9e aux origines de la Fran\u00e7afrique&nbsp;\u00bb, ce sont des officiers fran\u00e7ais qui dirigent clandestinement les op\u00e9rations men\u00e9es par la nouvelle arm\u00e9e camerounaise contre les insurg\u00e9s. Une batterie de m\u00e9thodes sont mises \u00e0 contribution : tortures, regroupement forc\u00e9 des populations, ex\u00e9cutions extrajudiciaires, guerre psychologique, empoisonnements. Les leaders nationalistes seront tu\u00e9s non seulement au Cameroun mais aussi dans leur exil. Rentr\u00e9 au pays pour coordonner l\u2019insurrection depuis l\u2019int\u00e9rieur, Ernest Ouandi\u00e9, un compagnon de lutte d\u2019Um Nyob\u00e8, est arr\u00eat\u00e9 en 1970, puis jug\u00e9 et condamn\u00e9 \u00e0 la peine de mort. Il sera ex\u00e9cut\u00e9 le 15 janvier 1971.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"300\" src=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/independantistes-camerounais.jpg\" alt=\"Photo d'archives d'un groupe de gens dont 5 personnes en costume au premier rang : des leaders ind\u00e9pendantistes camerounais.\" class=\"wp-image-82047\"\/><figcaption>De gauche \u00e0 droite au premier rang, les cinq principaux leaders ind\u00e9pendantistes camerounais : Osende Afana, Abel Kingu\u00e9, Um Nyob\u00e8, Felix Moumi\u00e9, Ernest Ouandi\u00e9. Mis \u00e0 part Kingu\u00e9, tous seront tu\u00e9s.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des crimes jamais reconnus par la France<\/h2>\n\n\n\n<p>A cause du secret strat\u00e9giquement entretenu par la France autour de ce conflit, il est difficile d\u2019en donner un bilan humain. Les archives britanniques \u00e9voquent 76.000 morts entre 1954 et 1964. En visite au Cameroun en 2009, Fran\u00e7ois Fillon, alors Premier ministre fran\u00e7ais d\u00e9clarera sans broncher. \u00ab&nbsp;Je d\u00e9nie absolument que des forces fran\u00e7aises aient particip\u00e9 en quoi que ce soit \u00e0 des assassinats au Cameroun. Tout cela est de la pure invention&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 3 juillet 2015, apr\u00e8s un entretien avec Paul Biya, \u00e0 Yoaund\u00e9, le chef de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais Fran\u00e7ois Hollande franchit un premier pas timide, en r\u00e9pondant \u00e0 la presse. \u00ab&nbsp;Sur la question de l\u2019histoire, j\u2019y suis revenu. C\u2019est vrai qu\u2019il y a eu des \u00e9pisodes extr\u00eamement tourment\u00e9s et tragiques m\u00eame, puisqu\u2019apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, il y a eu une r\u00e9pression en Sanaga maritime et en pays bamil\u00e9k\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb. Le mot \u00ab&nbsp;guerre&nbsp;\u00bb reste subtilement \u00e9vit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant soixante-trois ans apr\u00e8s l\u2019assassinat de Um Nyob\u00e8, les traces de cette sanglante r\u00e9pression sont encore visibles. \u00ab&nbsp;J\u2019ai rencontr\u00e9 des survivants qui souffrent encore de pathologies li\u00e9es \u00e0 la torture subie&nbsp;\u00bb entre les mains de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, affirme Tatsitsa. \u00ab&nbsp;La r\u00e9gion Bassa reste toujours enclav\u00e9e, une sorte de punition pour son indocilit\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb. Pour l\u2019historien camerounais, la France doit r\u00e9parer&nbsp;: \u00ab&nbsp;A l\u2019instar des Britanniques qui ont indemnis\u00e9 les combattants Mau-Mau (au Kenya), la France devrait indemniser les combattants UPC et proc\u00e9der \u00e0 des investissements \u00e9conomiques et culturels dans les zones concern\u00e9es, en guise de r\u00e9paration collective&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Th\u00e9ophile Nono, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du <a href=\"http:\/\/alternative-revolutionnaire.blogspot.com\/2011\/03\/naissance-du-collectif-memoire-60-pour.html\">collectif M\u00e9moire 60<\/a>, constate cependant qu\u2019il n\u2019existe \u00ab&nbsp;pas encore de mouvement structur\u00e9 qui revendique les r\u00e9parations de mani\u00e8re officielle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e9nements&nbsp;\u00bb \u00e9clips\u00e9s par la guerre d\u2019Alg\u00e9rie<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour Deltombe, la guerre du Cameroun a \u00e9t\u00e9 occult\u00e9e par \u00ab&nbsp;la conjonction de diff\u00e9rents facteurs&nbsp;\u00bb. D\u2019abord, la France \u00e0 laquelle les Nations unies avaient confi\u00e9 la tutelle sur le Cameroun se devait d\u2019occulter la r\u00e9pression massive car celle-ci \u00e9tait ill\u00e9gale au regard du droit international et contrevenait aux \u00ab&nbsp;accords de tutelle&nbsp;\u00bb sign\u00e9s avec l\u2019Onu en 1946. Ensuite, \u00ab&nbsp;la concomitance avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie qui monopolise alors l\u2019attention&nbsp;\u00bb de l\u2019opinion et des m\u00e9dias fran\u00e7ais. Enfin, la d\u00e9faite des nationalistes a elle-m\u00eame contribu\u00e9 \u00e0 cette occultation, et les autorit\u00e9s du Cameroun ind\u00e9pendant ont poursuivi l\u2019\u0153uvre d\u2019an\u00e9antissement de l\u2019UPC, en interdisant toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Um Nyob\u00e8 et \u00e0 ses compagnons de lutte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Camerounais Ti\u00e8meni Sigankw\u00e9, chercheur au Centre national d\u2019\u00e9ducation, partage cette analyse. \u00ab&nbsp;Cet \u00e9pisode est peu connu par ce que tous ceux qui ont lutt\u00e9 pour la r\u00e9unification et l\u2019ind\u00e9pendance ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s ou \u00e9cart\u00e9s. Aujourd\u2019hui, dans les programmes scolaires d\u2019histoire, une part fam\u00e9lique est consacr\u00e9e \u00e0 ces nationalistes. A un moment donn\u00e9, il \u00e9tait m\u00eame interdit de parler de l\u2019UPC, le fait d\u2019\u00e9voquer les personnes qui se sont battues pour l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un acte subversif&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous l\u2019actuel pr\u00e9sident Biya, au pouvoir depuis 1982, il a fallu attendre d\u00e9cembre 1991 pour que soit promulgu\u00e9e une premi\u00e8re loi portant \u00ab&nbsp;r\u00e9habilitation de grandes figures de l'histoire du Cameroun, aujourd'hui disparues, qui ont \u0153uvr\u00e9 pour la naissance du sentiment national, l'ind\u00e9pendance ou la construction du pays, le rayonnement de son histoire ou de sa culture&nbsp;\u00bb. La loi mentionne Ruben Um Nyob\u00e8 et Ernest Ouandi\u00e9\u2026 mais aussi Ahmadou Ahidjo.<\/p>\n\n\n\n<p>Famille, proches et admirateurs d\u2019Um Nyob\u00e8 s\u2019engouffrent alors dans cette br\u00e8che, pour \u00e9riger en 2007 un monument \u00e0 la m\u00e9moire de l\u2019ic\u00f4ne dans le village d\u2019Eseka, en pays Bassa, terre natale du leader ind\u00e9pendantiste. Mais, selon les m\u00e9dias camerounais, le gouvernement n\u2019est pas repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019inauguration, le 22 juin 2007, quoiqu\u2019invit\u00e9 en bonne et due forme. \u00ab&nbsp;La loi de r\u00e9habilitation ne s\u2019est pas traduite dans les faits&nbsp;\u00bb, d\u00e9plore Sigankw\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Camerounais s\u2019attendaient \u00e0 un geste concret \u00e0 l\u2019occasion du cinquantenaire de l\u2019ind\u00e9pendance, le 1<sup>er<\/sup> janvier 2010. Mais, comme le souligne Sigankw\u00e9, \u00ab&nbsp;dans son discours, le pr\u00e9sident Paul Biya a fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ceux qui se sont battus pour l\u2019ind\u00e9pendance, mais sans citer un seul nom&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, le fait de mentionner la guerre d\u2019ind\u00e9pendance et ses h\u00e9ros n\u2019est plus un acte subversif. Mais le gouvernement dispose d\u2019autres cartouches, comme en t\u00e9moigne Th\u00e9ophile Nono, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du collectif M\u00e9moire 60. \u00ab&nbsp;Notre association a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2010 mais l\u2019administration refuse de nous reconna\u00eetre parce que notre objectif est de promouvoir le devoir de m\u00e9moire de la lutte pour la r\u00e9unification et l\u2019ind\u00e9pendance du Cameroun&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La croisade du \u00ab&nbsp;combattant&nbsp;\u00bb Essama<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019activiste Essama lui, n\u2019a pas besoin de cette reconnaissance pour agir. Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, il est en croisade contre les symboles du <a href=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/fr\/78723-humanite-heure-du-crime-colonial.html\">colonialisme<\/a> tr\u00f4nant encore dans le pays, notamment \u00e0 Douala. \u00ab\u00a0La d\u00e9colonisation des espaces publics est un imp\u00e9ratif, d\u00e9truire les monuments des colons est un acte de salubrit\u00e9 publique. A chaque peuple, ses h\u00e9ros, \u00e0 chaque nation, sa fiert\u00e9 \u00bb, explique-t-il \u00e0 Justice Info.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"506\" src=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/Andre-Blaise-Essama.jpg\" alt=\"Andr\u00e9 Blaise Essama tient fi\u00e8rement dans sans main la t\u00eate d'une statue de bronze, qu'il montre du doigt.\" class=\"wp-image-82050\" srcset=\"https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/Andre-Blaise-Essama.jpg 900w, https:\/\/www.justiceinfo.net\/wp-content\/uploads\/Andre-Blaise-Essama-730x410.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><figcaption>L\u2019activiste Camerounais Andr\u00e9 Blaise Essama.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Sa premi\u00e8re cible a \u00e9t\u00e9 la statue du g\u00e9n\u00e9ral Philippe Leclerc&nbsp;consid\u00e9r\u00e9 en France comme un h\u00e9ros de la Seconde Guerre mondiale. Essama voulait la remplacer par un monument \u00e0 la m\u00e9moire d\u2019Um Nyobe. Apr\u00e8s avoir renvers\u00e9 la statue du g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais en 2003, il l\u2019a d\u00e9capit\u00e9e plusieurs fois, ce qui lui a valu des s\u00e9jours en prison. Apr\u00e8s avoir proc\u00e9d\u00e9, \u00e0 chaque fois, \u00e0 la restauration de la t\u00eate de la statue, les autorit\u00e9s de Douala l\u2019ont finalement scell\u00e9e et ont affect\u00e9 des gardes pour la s\u00e9curiser. Essama indique avoir renonc\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e0 s\u2019attaquer aux statues, au profit d\u2019une campagne men\u00e9e avec son groupe, Essama Hoo Haa, pour l\u2019\u00e9rection de monuments \u00e0 la gloire de h\u00e9ros camerounais et africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les rues de Douala, \u00ab&nbsp;le combattant&nbsp;\u00bb, personnage haut en couleurs, enfourche son v\u00e9lo pavois\u00e9 des couleurs du Cameroun et rev\u00eatu \u00e0 l\u2019avant d\u2019une banderole \u00e0 la m\u00e9moire d\u2019Um Nyobe. Pour comm\u00e9morer l\u2019assassinat de son h\u00e9ros, Essama annonce que son groupe va projeter, cette semaine, un documentaire dans lequel interviennent des proches du nationaliste encore vivants, dont ses enfants et ses deux femmes. \u00ab&nbsp;Les autorit\u00e9s ne pourront pas arr\u00eater&nbsp;notre mouvement&nbsp;! \u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a 63 ans exactement, le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyob\u00e8 tombait sous les balles de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. 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