22.04.07 - ICTR/NSHAMIHIGO - NSHAMIHIGO ACCUSES MOST PART OF PROSECUTION WITNESSES OF HAVING LIED

Arusha, April 22, 2007 (FH) – Simeon Nshamihigo, a former magistrate in Rwanda’s southwest accused of genocide, started his defense Wednesday before the International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR), alleging that that more than half of prosecution witnesses have lied.   In its preliminary brief, Nsamihigo’s lawyer, Mr. Denis Turcotte (Canada), specifically accused fourteen out of twenty-four prosecution witnesses, stating that they “either lied or contradicted their testimony.”  Mr. Turcottte accused these individuals detained in Rwanda for their participation in the genocide of Tutsis in 1994 of being “criminal witnesses.”  According to him because of their position, their depositions pose a “moral dilemma.”   According to Mr. Turcotte, “the prosecution is not the holder of truth.  The only truth that exists at this time is that Mr. Nshamihigo is innocent of all the crimes of which he is accused.”   Arrested on May 19, 2001 while working under a false name as an investigator for the ICTR defense, Nshamihigo is accused of massacres of Tutsis in several locations in Cyangugu including at least four churches.  His trial stared on September 25, 2006.  The defendant has pleaded not-guilty.   Mr. Turcotte has alleged that prosecution witnesses “have themselves said that they hoped to be favourably viewed by judicial authorities in Rwanda following their testimony.”  According to him, he has promised to call “direct witnesses to the events.  They will say that Nshamihigo did not participate in the massacres.”  Nshamihigo’s defense hopes to prove that the defendant rather housed “families and Tutsi friends to protect them.”   Mr. Turcotte brought up the vulnerability of the accused in this “grave crisis situation which was dangerous and paralyzing.”  His home had been attacked, he explained.  “Even the senior trial attorney wasn’t immune from danger in Cyangugu at this time,” pleaded Mr. Denis Turcotte who hopes to call “around fifty witnesses.”   Nshamihigo also denies having participated in criminal meetings or having been a leader of the Interahamwe, the youth movement affiliated with the former presidential party considered the spearhead of the genocide.  “It is easy to state that Mr. Nshamihigo is an Interahamwe leader.  It’s another thing to prove it,” Mr. Turcotte stated.   With regard to criminal meetings, Nshamihigo’s lawyer indicated that his alleged associates had been acquitted by Rwandan courts or by the ICTR for lack of evidence.  At the ICTR, Nshamihigo is accused of collaborating with the former prefect of Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, already exonerated by the judges.   “What is the significance of the declaration of Bagambiki’s innocence?” the lawyer wondered.   Born in Gutare, Cyangugu, Nshamihigo, aged 46, was an inspector for the judicial police from 1979 until 1980, and was then a senior trial attorney in 1994.  He worked in Kigali, Kibuye (west), and Cyangugu.  The prosecutor alleges that he was recruited by presenting “fake credentials.”  Nshamihigo rejects these allegations.   The first eighteen witnesses will be heard until May 4.  The following session, which will last four weeks at most, will start “immediately or shortly after the end of this (phase),” the presiding judge, Denis Byron (Saint Kitts and Nevis) said during a status conference on Monday.  Judge Byron is being assisted by the Burkinabe Judge Gustave Kam and the Czech Judge Robert Fremr.   AT/PB/KD   © Hirondelle News Agency
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22.04.07 - TPIR/NSHAMIHIGO - NSHAMIHIGO ACCUSE LA PLUPART DES TEMOINS DU PROCUREUR D'AVOIR MENTI
 
Arusha, 22 avril 2007 (FH) - Siméon Nshamihigo, un ancien magistrat dans le sud-ouest du Rwanda accusé de génocide, a commencé sa défense lundi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en alléguant que plus de la moitié des témoins à charge avaient menti.
 
Dans sa déclaration liminaire, l’avocat principal de Nshamihigo, Me Denis Turcotte (Canada), a notamment dénoncé quatorze des vingt-quatre témoins à charge, affirmant qu’ils «ont  soit menti, soit se sont contredits lors de leurs témoignages ». Me Turcotte a qualifié ces individus détenus au Rwanda pour leur participation dans le génocide des Tutsis en 1994 de « témoins criminels ». Selon lui, au vu de leur statut, leurs dépositions posent «une question morale».
 
Selon Me Turcotte, « le procureur n’est pas le détenteur de la vérité. La seule vérité qui existe en ce moment est que M. Nshamihigo est innocent de tous les crimes qu’on lui reproche ».
 
Arrêté le 19 mai 2001 alors qu’il travaillait, sous un faux nom, comme enquêteur de la défense au TPIR, Nshamihigo est accusé de massacres de Tutsis dans plusieurs endroits à Cyangugu dont  au moins quatre églises. Son procès a commencé le 25 septembre 2006. L’accusé plaide non coupable.
 
Me Turcotte a allégué que des témoins de l’accusation « ont même dit espérer être bien vus par les autorités judiciaires au Rwanda suite à leurs témoignages ». Il a, quant à lui, promis de citer « des témoins directs des événements. Il diront que Nshamihigo n’a pas participé aux massacres ». La défense de Nshamihigo entend prouver que  l’accusé avait plutôt hébergé, « des familles et amis tutsis afin de les protéger ».
 
Me Turcotte a relevé la vulnérabilité de l’accusé en cette « situation de crise grave, dangereuse et paralysante ». Son domicile a été attaqué, a-t-il expliqué. « Même le substitut du  procureur n’était pas à l’abri du danger à Cyangugu à cette époque », a plaidé Me Denis Turcotte qui prévoit « environ cinquante témoins ».
 
Nshamihigo nie par ailleurs avoir participé à des réunions criminelles ou avoir été un leader des Interahamwe, la jeunesse affiliée à l’ex-parti présidentiel considérée comme le fer de lance du génocide. « Il est facile d’affirmer que M. Nshamihigo est un leader des Interahamwe. C’est une autre chose de le prouver », a déclaré Me Turcotte.
 
S’agissant de la participation à des réunions criminelles, l’avocat de Nshamihigo a indiqué que ses associés présumés avaient été acquittés par les tribunaux rwandais ou par le TPIR faute de preuves. Au TPIR, Nshamihigo est accusé d’entente avec l’ex-préfet de Cyangugu, Emmanuel Bagambiki, déjà blanchi par les juges.
 
« Quelle est la valeur de la déclaration de non culpabilité de Bagambiki ?», s’est interrogé l’avocat.
 
Né au lieu-dit Gatare à Cyangugu, Nshamihigo, 46 ans, a été inspecteur de la police judiciaire de 1979 à 1980 puis substitut du procureur jusqu’en 1994. Il a travaillé à Kigali, Kibuye (ouest) et Cyangugu. Le procureur allègue qu’il avait été recruté en présentant « un faux diplôme ». Nshamihigo rejette cette allégation.
 
Les dix-huit premiers témoins seront entendus jusqu’au 4 mai.  La session suivante, qui durera quatre semaines au maximum, commencera « immédiatement ou peu de temps après la fin de celle-ci », a indiqué le juge président, Denis Byron (Saint Kitts et Nevis) lors d’une conférence de mise en état lundi. Le juge Byron est assisté des juges, burkinabe Gustave Kam et tchèque Robert Fremr.
 
AT/PB/GF  
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