LA DEFENSE DE NSHAMIHIGO CITE DES TEMOINS DE MASSACRES

  Arusha, 5 septembre 2007 (FH - TPIR/NSHAMIHIGO)- La défense de Siméon Nshamihigo, un ancien magistrat accusé de génocide, a cité ces derniers jours des témoins des massacres dont il est accusé devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).   
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Le témoin protégé « SL » entendu mercredi était présent lors d’un massacre commis le 28 avril 1994 à la paroisse de Shangi en commune Gafunzo au sud-ouest du Rwanda.
 
Il est notamment reproché à Nshamihigo d’avoir requis, puis distribué des armes aux assaillants qui, sous sa supervision, ont attaqué les Tutsis réfugiés à l’église de Shangi. Il plaide non coupable.
 
Le témoin « SL » a attribué l’instigation de l’attaque à un certain Pima, « un truand de grand renom », qui résidait dans la région. Il avait auparavant servi dans l’armée, a indiqué le témoin.
 
« C’est Pima qui était leur (les assaillants) chef. Toute la commune le connaissait. Nous savions que c’est lui qui les avait incités à tuer », a affirmé le témoin.
 
« Pima passait toujours à la commune et disait : allons tuer les réfugiés à la paroisse » a poursuivi SL, expliquant que l’intéressé ne cachait pas ses intentions.
 
Le témoin, qui a observé les tueurs à distance, a rapporté que « Pima était venu avec beaucoup de gens sur la route. Ceux qui le suivaient sifflaient et battaient du tambour. Il y avait des jeunes de tous genres. Ils sont venus menaçants. Ils nous ont demandé de les aider mais nous avions peur ».
 
D’après SL,  les autorités locales n’ont rien fait pour stopper les assaillants « parce qu’elles n’avaient aucun pouvoir ».
 
Lundi dernier, un autre témoin de la défense avait impliqué le même Pima dans les massacres commis à l’église de Nyamasheke, dans la proche commune de Kagano, le le 15 avril 1994. Nshamihigo est également poursuivi pour ce crime.
 
La stratégie de Nshamihigo est de citer des témoins directs des massacres pour prouver qu’il n’y a pas participé.
 
Mardi, le témoin « SVC » l’avait disculpé des massacres de l’église de Hanika où environ 1.500 Tutsis ont été tués le 11 avril 1994.
 
Nshamihigo a été arrêté en mai 2001 alors qu’il était enquêteur de la défense dans une autre affaire qui était en cours devant le TPIR.
 
Son propre procès a commencé le 25 septembre 2006. Le procureur a terminé son accusation le 29 janvier 2007 après avoir cité vingt quatre témoins.
 
Nshamihigo fait comparaître des témoins à décharge depuis le 23 avril. Il devrait clôturer sa preuve le 21 septembre après avoir appelé à la barre autour de quarante témoins.
 
L’accusé est représenté par deux avocats canadiens:Me Denis Turcotte et Me Henry Benoît.
 
Il est jugé devant la troisième chambre de première instance du TPIR présidée par le juge Dennis Byron (Saint Kitts et Nevis).
 
La chambre comprend par ailleurs les juges, burkinabé Gberdao Gustave Kam et tchèque Robert Fremr.
 
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© Agence Hirondelle