Exécutions en Birmanie: le Japon va cesser d'entraîner des militaires birmans

Le Japon va cesser d'entraîner des militaires birmans, comme il le fait depuis 2015, en réponse aux récentes exécutions d'opposants politiques par la junte au pouvoir en Birmanie, a annoncé jeudi le ministère de la Défense.

En juillet, la junte, au pouvoir depuis le coup d'Etat il y a un an et demi, a fait exécuter quatre prisonniers, dont un ancien député appartenant au parti d'Aung San Suu Kyi et un militant pro-démocratie connu.

Ces exécutions sont les premières depuis des décennies en Birmanie. Des dizaines d'autres militants pro-démocratie ont également été condamnés à mort pour leur participation à la contestation contre le coup d'Etat.

Avant ces exécutions, le Japon avait appelé la junte à "mettre fin à la violence" et à "prendre des mesures concrètes pour restaurer la démocratie".

Face à l'absence totale de réformes et après ces exécutions, nous avons décidé "qu'il n'est pas approprié de maintenir notre coopération en matière de défense avec la Birmanie", a déclaré à l'AFP un responsable du ministère sous couvert d'anonymat.

Depuis 2015, le Japon recevait chaque année quelques élèves officiers birmans comme étudiants dans un programme de formation destiné, avait expliqué récemment devant le parlement japonais le ministre de la Défense Nobuo Kishi, à "leur apprendre comment fonctionne la démocratie et le pouvoir civil".

Il en reste actuellement 11 au Japon, qui seront autorisés à terminer leur formation, mais le programme sera ensuite suspendu.

Le Japon a depuis longtemps des relations avec les militaires birmans, et a longtemps été l'un des principaux fournisseurs d'aide à la Birmanie. Après le coup d'Etat, il a annoncé qu'il cesserait toute aide, sans aller toutefois jusqu'à imposer des sanctions à l'encontre de hauts responsables de l'armée ou de la police.

Le fait que l'entraînement au Japon d'élèves officiers birmans n'ait pas été interrompu juste après le coup d'Etat avait été sévèrement critiqué par des organisations de défense des droits humains.

"Il est ahurissant de penser que le Japon continue à entraîner des militaires birmans alors même que l'armée est en train de commettre des crimes contre l'humanité envers son propre peuple", avait ainsi déclaré l'an dernier l'organisation Human Rights Watch.

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