L'ancien maire d'Iguala (sud du Mexique), déjà mis en cause dans l'enquête sur la disparition de 43 étudiants en 2014, a été condamné mercredi à 92 ans de prison pour l'enlèvement de six personnes en 2013, selon des sources judiciaires.
José Luis Abarca, 62 ans, a été reconnu coupable de l'enlèvement en mai 2013, dans sa municipalité, de six leaders sociaux. Parmi eux, Arturo Hernandez Cardona, un dirigeant d'une organisation paysanne qui a été retrouvé mort quelques mois plus tard.
M. Abarca était encore maire au moment de la disparition, dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 à Iguala, de 43 étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa, une affaire qui n'a pas encore été totalement élucidée et qui a suscité une vaste condamnation internationale.
M. Abarca a été arrêté en novembre 2014 pour sa responsabilité présumée dans la disparition des étudiants. Il est depuis sous les verrous.
Les étudiants ont disparu alors qu'ils tentaient de réquisitionner des bus pour se rendre à Mexico afin de participer à des manifestations.
Selon la première enquête officielle, les jeunes ont été arrêtés par la police locale de mèche avec le gang Guerreros Unidos, puis tués par balle et brûlés dans une décharge pour des raisons qui restent obscures. Seuls les restes de trois d'entre eux ont pu être identifiés.
Le rapport de la "Commission pour la vérité Ayotzinapa", mise en place par l'actuel président Andres Manuel Lopez Obrador, a conclu en août 2022 que les militaires mexicains avaient aussi une part de responsabilité dans ce crime.
Un tribunal mexicain avait émis en août 2022 83 mandats d'arrêt, et fin mars dernier, neuf policiers ont été arrêtés pour leur responsabilité présumée.
