Répression au Belarus : "Nous n'abandonnerons pas", dit la diaspora

Des centaines de personnes ont défilé mercredi dans les rues de Vilnius et de plusieurs villes de Lituanie pour marquer le troisième anniversaire de l'élection présidentielle au Bélarus voisin, qui fut suivie de manifestations et d'une répression brutale.

"Cette prise de pouvoir criminelle par le régime illégitime a entraîné une répression massive, une complicité dans les crimes de guerre et d'agression, une érosion de la souveraineté du Bélarus, ainsi qu'une déstabilisation de la région", ont souligné les chefs de diplomatie estonien, letton, lituanien et polonais, dans une déclaration conjointe publiée mercredi à Vilnius.

Quelque 1.500 prisonniers politiques au Bélarus "sont soumis à des traitements inhumains, à la torture et souvent placés à l'isolement pendant des mois. Des militants ont été contraints de quitter le pays pour éviter les persécutions", selon les ministres.

"Nous sommes tous les enfants d'un pays qui nous appartient et qui n'appartient pas aux usurpateurs", a déclaré devant les manifestants à Vilnius Svetlana Tikhanovskaïa, fer de lance de l'opposition bélarusse, exilée en Lituanie.

Mais "je veux dire à nos ennemis - nous n'abandonnerons pas. Rien ne nous arrêtera tant que nous n'aurons pas récupéré notre pays", a promis Mme Tikhanovskaïa.

A Vilnius, une des manifestantes bélarusses de 27 ans, qui ne s'est présentée que par son prénom, Maria, a toujours des larmes aux yeux au souvenir des événements de 2020.

"J'ai parfois l'impression que je devrais être là-bas comme tout le monde, derrière les barreaux", dit-elle à l'AFP.

Elle qui comptait sur de vrais changements après le vote de 2020, ne voit aujourd'hui que "de plus en plus de violence et de répression" au Bélarus.

"Tout le monde a peur de tout", souligne-t-elle.

Le régime du président Alexandre Loukachenko a resserré ses liens avec la Russie voisine et permis à son allié Vladimir Poutine de se servir du territoire bélarusse pour attaquer l'Ukraine.

"Tant que les répressions, les violations du droit international, l'instrumentalisation des migrations ou d'autres crimes persisteront, nous continuerons à isoler le régime criminel et illégitime de Loukachenko et à renforcer les sanctions ciblées et sectorielles de l'UE à son encontre", ont déclaré les quatre ministres.

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