Le déplacement de la présidente de l'Assemblée nationale française en Israël a suscité une série de critiques virulentes à gauche, qui reproche dimanche à Yaël Braun-Pivet son "soutien inconditionnel" à Israël.
Depuis Tel-Aviv, la présidente de l'Assemblée a souligné dimanche que la France soutenait "pleinement Israël" et que "rien ne doit empêcher" le pays "de se défendre" dans la guerre qui l'oppose au Hamas palestinien.
Selon son entourage, Yaël Braun-Pivet est venue en Israël de samedi soir à dimanche pour un voyage "de solidarité" avec le pays meurtri par les attaques du Hamas, et pour "encourager les convois humanitaires pour les populations civiles".
Mais son déplacement sur les lieux des attaques du 7 octobre, avec le patron du parti LR (droite) Eric Ciotti, le député des Français de l'étranger Meyer Habib (apparenté LR), et Mathieu Lefèvre (Renaissance, parti présidentiel), président du groupe d'amitié France-Israël, a été vivement fustigé à gauche.
Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon a accusé Mme Braun-Pivet de "camper à Tel-Aviv pour encourager le massacre" à Gaza. "Pas au nom du peuple français!", a protesté le leader de La France Insoumise (gauche radicale).
Auparavant, le coordinateur du mouvement Manuel Bompard avait dénoncé une "faute politique majeure". "La présidente de l'Assemblée nationale de la France s'affiche aux côtés d'une armée qui commet en ce moment des crimes de guerre", s'est-il indigné.
Son parti entend "demander des comptes sur ce sujet" lundi à l'Assemblée nationale, durant le débat sur la situation au Proche-Orient entre le gouvernement et les groupes politiques.
L'entourage de Yaël Braun-Pivet avait indiqué à l'AFP que le Parti socialiste et le Parti communiste avaient été conviés pour ce déplacement mais n'avaient pas donné suite, ce que les deux formations politiques confirment.
Le conflit israélo-palestinien a provoqué un début d'implosion de la coalition d'opposition de gauche en France, rassemblant socialistes, communistes, écologistes et gauche radicale.
Le PS a suspendu sa participation à cette alliance en raison de divergences avec la gauche radicale.
Cette décision fait suite au refus de Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI et ancien candidat à la présidentielle, et de son cercle rapproché de qualifier le Hamas de "terroriste", après l'attaque sanglante lancée contre Israël le 7 octobre.
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