Une audience-clé contre Joseph Kony, fondateur de la brutale rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) en cavale depuis près de 20 ans, aura lieu en octobre, a annoncé lundi la Cour pénale internationale (CPI).
L'audience de confirmation des charges contre le fugitif aura lieu le 15 octobre par contumace s'il ne comparaît pas d'ici là, une première, a précisé la juridiction créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde.
Toutefois, l'affaire ne pourra passer en procès que si M. Kony, 62 ans, figure sur le banc des accusés, a-t-elle souligné dans un communiqué.
Cette procédure de confirmation par contumace vise à accélérer l'affaire contre "un suspect introuvable" et n'est applicable "que dans des circonstances exceptionnelles", a expliqué la CPI.
Un mandat d'arrêt a été délivré en 2005 contre M. Kony, fondateur et chef de l'Armée de résistance du Seigneur, selon l'accusation.
Il est accusé de 36 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, parmi lesquels le meurtre, les traitements cruels, la réduction en esclavage, le viol et les attaques dirigées contre une population civile en 2003 et en 2004 dans le nord de l'Ouganda.
Fondée en Ouganda dans les années 1980 par l'ex-enfant de choeur Joseph Kony en vue d'établir un régime fondé sur les Dix Commandements, la LRA a terrorisé pendant 30 ans de larges zones d'Afrique centrale en kidnappant des enfants, mutilant des civils à grande échelle et asservissant des femmes.
Elle est responsable de la mort de plus de 100.000 personnes et de l'enlèvement de 60.000 enfants, garçonnets transformés en soldats et fillettes en esclaves sexuelles.
Chassée d'Ouganda, elle s'est éparpillée dans les forêts de République démocratique du Congo, de Centrafrique, du Soudan du Sud et du Soudan.
En 2021, la CPI a condamné Dominic Ongwen, enfant soldat ougandais devenu un commandant de la LRA, à 25 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
La localisation exacte de Joseph Kony demeure inconnue.
A la suite d'une campagne menée par des activistes aux Etats-Unis, le président américain Barack Obama avait autorisé en 2010 le déploiement d'une centaine de membres des forces spéciales américaines devant travailler avec les armées régionales pour traquer M. Kony.
