Climat/CEDH: le plus grand parti suisse exige la sortie du Conseil de l'Europe

Le premier parti helvétique, l'UDC, une formation de droite radicale, a exigé mardi que la Suisse quitte le Conseil de l'Europe après sa condamnation par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour inaction climatique.

Dans un communiqué, l'UDC (Union démocratique du centre) a affirmé que l'arrêt était "inacceptable" et "un scandale".

"Les juges de Strasbourg n'ont même pas pris en compte le fait que la Suisse est exemplaire en matière de réduction des émissions de CO2. L'UDC condamne fermement cette ingérence de juges étrangers et demande le retrait de la Suisse du Conseil de l'Europe", a ajouté la formation politique.

La CEDH a condamné pour la première fois mardi un Etat, la Suisse, pour violation de la Convention des droits de l'homme, donnant raison à une association de femmes âgées, "Aînées pour la protection du climat", qui attaquait l'inaction du pays face au changement climatique.

En Suisse, l'Office fédéral de la justice (OFJ), qui représente le Gouvernement suisse devant la Cour, a indiqué qu'il prenait "acte de l'arrêt de la Grande Chambre".

"Cet arrêt est définitif. Cet arrêt détaillé sera analysé avec les autorités concernées et les mesures que la Suisse doit prendre pour l'avenir seront examinées", a-t-il indiqué.

Mais l'UDC estime en revanche qu'"avec leur jugement d'aujourd'hui, les juges de Strasbourg se transforment en marionnettes d'activistes et ont maintenant définitivement perdu leur crédibilité".

"Leur ingérence effrontée dans la politique suisse est inacceptable pour un pays souverain", indique le parti suisse, qui lance régulièrement des référendums pour faire avancer ses idées et propositions.

"La CEDH devient une Cour expansive: cela signifie qu'elle s'immisce de plus en plus dans des affaires nationales qui n'étaient pas à l'ordre du jour lors de sa création - ou plutôt lors de l'adhésion de la Suisse en 1963", ajoute-t-il.

L'UDC n'indique toutefois pas si elle entend se lancer dans la récolte de signatures afin de lancer un référendum - appelé ici initiative populaire - sur une sortie du Conseil de l'Europe.

- Après Strasbourg, La Haye -

Les organisations écologistes, les Vert-es- et la gauche ont en revanche salué le verdict.

Selon Greenpeace Suisse, cette décision est un précédent pour les 46 États membres du Conseil de l'Europe : "Tous ces États peuvent désormais être sollicités par leurs citoyens pour examiner leur politique climatique afin de garantir le respect des droits humains, en se basant sur cette jurisprudence de la CEDH". Cette décision a également une portée mondiale.

L'organisation va désormais, de concert avec les Aînées, saisir de ces enjeux la Cour de justice internationale (CIJ), à La Haye, "où auront lieu au début de l'année prochaine des auditions sur les responsabilités de tous les gouvernements - dont la Suisse - en matière de justice climatique".

"Victoire historique ! Cette décision a une importance comparable à l'Accord de Paris pour le climat", a commenté la présidente des Vert-e-s suisses, Lisa Mazzone.

Le parti indique qu'il entend demander un débat urgent au Parlement pour demander que toutes les politiques et lois suisses soient désormais "climat-compatibles".

"Ce jugement de la plus haute instance judiciaire d'Europe est une claque pour le Conseil fédéral (gouvernement suisse Ndlr) et son inaction climatique", a déclaré la co-présidente du Parti socialiste suisse, Mattea Meyer, dans un communiqué.

Le PS Suisse demande que le jugement soit mis en application le plus rapidement possible par le gouvernement, affirmant que "seuls des investissements publics massifs pourront assurer la transition énergétique et climatique".

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