Berlin dit que la demande de mandats d'arrêt du procureur de la CPI donne une "impression fausse d'équivalence"

L'Allemagne a regretté lundi que la décision du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de demander des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, son ministre de la Défense d'une part, et trois dirigeants du Hamas d'autre part donne une "impression fausse d'équivalence" entre ces responsables.

"La demande simultanée de mandats d'arrêt contre les dirigeants du Hamas, d'une part, et contre les deux responsables israéliens, d'autre part, a donné l'impression fausse d'équivalence", a indiqué dans un communiqué le ministère allemand des Affaires étrangères, tout en soulignant respecter "l'indépendance" de la CPI.

Berlin ajoute que le tribunal de la Haye "devra évaluer des faits très différents", suite à la requête du procureur : "les dirigeants du Hamas sont responsables d'un massacre barbare au cours duquel, le 7 octobre, des hommes, des femmes et des enfants ont été sauvagement assassinés, violés et enlevés en Israël. Le Hamas continue de détenir des otages israéliens dans des conditions innommables, d'attaquer Israël à la roquette et d'utiliser la population civile de Gaza comme bouclier humain", expose la diplomatie allemande.

Face à cela, "le gouvernement israélien a le droit et le devoir de protéger et de défendre sa population contre ces agissements", ajoute le ministère qui ajoute qu'à cet égard "le droit international humanitaire et toutes ses obligations doit s'appliquer".

Au huitième mois de la guerre dans la bande de Gaza, le procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan a demandé lundi des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahu et le ministre Yoav Gallant pour des crimes tels que "le fait d'affamer délibérément des civils", "homicide intentionnel" et "extermination et/ou meurtre".

Les accusations portées contre des dirigeants du Hamas, notamment son chef à Gaza Yahya Sinouar, incluent "l'extermination", "le viol et d'autres formes de violence sexuelle" et "la prise d'otages en tant que crime de guerre".

Il revient aux juges de la CPI d'examiner cette requête.

"La Cour devra répondre à un certain nombre de questions difficiles, y compris la question de sa compétence et de la complémentarité des enquêtes des Etats de droit concernés, comme Israël", estime Berlin, Israël n'étant pas Etat partie de la CPI.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.