Le ministère français des Affaires étrangères a convoqué vendredi l'ambassadeur d'Israël en France après selon lui "des tirs israéliens délibérés" contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban, Israël assurant qu'ils ne visaient "pas intentionnellement" la Finul.
"La France condamne la poursuite des tirs israéliens délibérés contre la Finul", a dénoncé le ministère dans un communiqué, tandis que le président français Emmanuel Macron a prévenu que la France "ne tolérera pas" de nouveaux tirs après ceux des deux derniers jours.
"Ces attaques constituent des violations graves du droit international et doivent cesser immédiatement. Les autorités israéliennes doivent s'expliquer: la France convoque donc, ce jour, l'ambassadeur d'Israël en France au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères", a expliqué le ministère.
"L'incident en question fait toujours l'objet d'une enquête, mais Israël ne vise pas intentionnellement les forces de la Finul", a indiqué l'ambassadeur au ministère, selon une déclaration transmise à l'AFP par la représentation d'Israël en France.
"En fait, c'est le Hezbollah qui se positionne à proximité des installations de la Finul afin de favoriser de tels incidents", assure l'ambassade qui rappelle qu'"Israël a demandé aux forces de la Finul d'évacuer les zones proches de la frontière afin d'éviter de tels incident".
"Si les forces de la Finul remplissaient correctement leur mandat depuis 2006, Israël n'en serait pas arrivé au point de devoir entrer au Liban pour repousser les forces du Hezbollah, qui, en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, ne devraient se trouver nulle part au sud de la rivière Litany" dans le sud du Liban, ajoute l'ambassade.
Un peu plus tôt, l'armée israélienne a indiqué avoir tiré en direction d'une "menace" près d'une position de la Finul.
"Des soldats (israéliens) en opération dans le sud du Liban ont identifié une menace imminente à leur encontre et ont réagi en ouvrant le feu dans sa direction", a justifié l'armée israélienne.
La Finul a annoncé vendredi que deux Casques bleus sri-lankais avaient été blessés près de la frontière avec Israël, estimant que les tirs de l'armée israélienne posaient un "très grand risque" pour ses soldats.
Jeudi déjà, deux Casques bleus indonésiens avaient été blessés après des tirs israéliens sur le QG de la Finul, provoquant un tollé international, Rome allant jusqu'à parler de possibles "crimes de guerre".
Vendredi de nouveau, rapporte la Finul, qui a 10.000 hommes déployés dans le sud du Liban, ce QG a "subi des explosions pour la deuxième fois en 48 heures" près d'une "tour d'observation" et "deux Casques bleus ont été blessés".
En outre, des "chars israéliens se sont avancés" et "un bulldozer de l'armée israélienne a fait tomber des pans de mur de protection" d'une position de la Finul dans le village libanais de Labbouné, a ajouté cette force.
Jeudi, elle avait accusé les troupes israéliennes de tirer "de façon répétée" sur ses positions, rapportant qu'elles avaient "délibérément tiré sur les caméras de la position, les mettant hors d'usage" et "sur une position où des réunions tripartites se tenaient régulièrement avant ce conflit".
