Un Casque bleu kényan de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a été tué vendredi dans une embuscade dans le sud-est du pays, second décès depuis début 2025, a annoncé un communiqué de l'ONU.
La représentante spéciale de l'ONU en Centrafrique, Valentine Rugwabiza, a condamné fermement samedi dans un communiqué "l'embuscade tendue hier matin à une patrouille" dans la préfecture du Haut-Mbomou (sud-est), au cours de laquelle "un Casque bleu kényan a été tué".
La cheffe de la Minusca a appelé les autorités centrafricaines "à ne ménager aucun effort pour identifier les auteurs de ces actes", considérés comme "un crime de guerre".
Ce décès intervient moins de deux mois après celui d'un soldat tunisien de la Minusca, tué le 11 février dans une altercation avec un groupe armé encore non identifié dans le nord du pays.
Les Casques bleus ont déploré environ 150 pertes depuis l'implantation en 2014 de la mission en Centrafrique.
La Minusca est actuellement constituée de plus de 17.000 militaires et policiers chargés d'appuyer l'armée centrafricaine pour restaurer la paix et de personnels civils.
"Une équipe d'intervention rapide a été déployée sur le site de l'incident pour sécuriser la zone", assure le communiqué.
La préfecture du Haut-Mbomou est en proie à une résurgence du conflit armé depuis 2024.
En 2023, des factions d'autodéfense locales chrétiennes et animistes de l'ethnie zande, les AKGG ("Les Azende ont suffisamment souffert", en français), estimées à environ 5.000 membres, ont émergé pour s'opposer à un groupe rebelle peul, l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), qui dominait la zone depuis 2017.
Les AKGG ont été partiellement incorporés à l'armée centrafricaine (Faca) en mai 2024 et dénommés les Wagner ti Azende, en référence aux paramilitaires russes qui ont assuré leur entraînement. Ils ont soutenu les Faca et leurs alliés russes pour repousser l'UPC en dehors des principales villes du Haut-Mbomou.
Les Wagner ti Azende, en lien avec les AKGG non incorporés à l'armée, ont depuis commis des exactions contre des populations civiles peules, dénoncées par la section des droits humains de la Minusca.
La Centrafrique, l'un des pays les plus pauvres au monde, subit des crises militaro-politiques depuis son indépendance de la France en 1960. Malgré une amélioration significative, le pays est toujours sous tension, notamment dans les zones frontalières avec le Soudan et le Soudan du Sud à l'est, et avec le Tchad au nord.
Les éléments de groupes armés rebelles principalement issus de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) dont fait partie l'UPC, disséminés sous la pression de l'armée centrafricaine et de ses alliés russes et rwandais, maintiennent un niveau d'insécurité sur les axes routiers sur presque l'ensemble du territoire.
