Côte d'Ivoire: des mémoriaux en hommage aux victimes des violences post-électorales de 2011

Plus jamais ça": des oeuvres mémorielles ont été inaugurées vendredi à Abidjan en mémoire des victimes de la grave crise post-électorale de 2011 en Côte d'Ivoire, les autorités appelant à "maintenir le climat de paix" avant la présidentielle d'octobre 2025, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Quatorze ans après les faits, la Côte d'Ivoire reste marquée par cette crise ayant fait quelque 3.000 morts en 2010-2011, suite à la victoire de l'actuel président Alassane Ouattara qui était contestée par le sortant Laurent Gbagbo, aujourd'hui dans l'opposition.

Cette cérémonie est "la traduction éloquente que nous n'avons pas oublié" ceux "qui sont tombés ou qui ont été blessés dans leur chair sur le chemin de la démocratie, manifestant les mains nus", a souligné Kandia Camara, présidente du Sénat et maire d'Abobo.

Les deux mémoriaux inaugurés vendredi se trouvent à Abobo et Yopougon, des communes populaires de la capitale économique ivoirienne particulièrement touchées par les violences.

Dans la perspective de la présidentielle du 25 octobre, Mme Camara a appelé "à maintenir le climat de paix qui prévaut aujourd'hui".

"Les Ivoiriens sont allés au pardon, ont appris à pardonner, à se pardonner, ont réappris à vivre semble", a-t-elle souligné, assurant qu'il n'y a pas eu "de chasse aux sorcières, pas de vengeance car nous avons décidé de pardonner". "Nous ne voulons plus jamais cela", a-t-elle conclu.

Ces oeuvres mémorielles ont été réalisées avec l'aide du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI). D'autres mémoriaux seront inaugurés à l'intérieur du pays.

"Nous sommes ici pour reconnaître les souffrances de tout un chacun, pour se souvenir et dire ensemble +Plus jamais ça+", a déclaré pour sa part Marc Dubuisson, directeur des services d'appui judiciaire à la CPI. Ces oeuvres "témoignent de vos souffrances mais aussi et surtout de votre espoir d'un avenir sans violence", a-t-il poursuivi, se félicitant de la "coopération constructive" entre les autorités ivoiriennes et la CPI.

"Nous sommes là pour nous souvenir, pour construire ensemble l'avenir de la Côte d'Ivoire", a de son côté indiqué Madeleine Gozé, porte-parole des victimes. "Pour ne pas oublier, pour avancer ensemble", afin "que ce qui s'est passé ne se reproduise plus, plus jamais".

Les acteurs de la crise de 2010-2011 sont toujours actifs dans la politique ivoirienne: Alassane Ouattara ne s'est pas encore prononcé quant à sa volonté de briguer un 4e mandat, tandis que Laurent Gbagbo, candidat déclaré pour la présidentielle d'octobre, est pour l'heure inéligible en raison d'une condamnation pénale.

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