Argentine: Milei présente une réforme du Code pénal "tolérance zéro"

Le président ultralibéral argentin Javier Milei a présenté jeudi un projet de réforme du Code pénal sous le label "Tolérance zéro", avec un alourdissement généralisé des peines, l'abaissement de l'âge de responsabilité pénale, et l'accélération des procédures.

La présentation du plan, depuis le grand complexe pénitentiaire d'Ezeiza (sud de Buenos Aires) intervient avant une élection législative de mi-mandat le 26 octobre, cruciale pour le président qui traverse une phase difficile et cherche à accroître sa maigre base parlementaire.

"Nous avons besoin d'une tolérance zéro, parce que celui qui commet un délit doit en payer le prix" a déclaré Javier Milei dans un bref discours au ton de campagne, aux côtés des ministres de la Sécurité Patricia Bullrich et de la Justice Mariano Cuneo Libarona.

Parmi divers durcissements de peine tous azimuts, le vol serait passible d'un an de prison minimum au lieu d'un mois, et la sanction maximum passerait de 2 à 3 ans. Et de 6 à 8 ans en cas de vol avec usage de la force.

L'homicide simple entraînerait une peine d'emprisonnement comprise entre 10 et 30 ans, au lieu de 8 à 25 actuellement (la perpétuité est déjà encourue pour les homicides aggravés).

La peine maximum pour possession de pornographie infantile à des fins de diffusion passerait de 2 ans de prison à 12 ans.

La peine maximale pour des agressions lors de manifestations serait portée à 5 ans au lieu de 2 actuellement, jusqu'à 9 ans si l'attaque vise un membre des forces de sécurité.

L'âge de responsabilité pénale serait abaissé, passant de 16 ans à 13 ans.

Le projet prévoit également la suppression de la prescription pour les crimes les plus graves comme les homicides, les crimes sexuels, la traite d'êtres humains ou le narcotrafic. L'imprescriptibilité ne prévaut actuellement que pour les crimes contre l'humanité.

"Cela dépendra désormais du Parlement (...) de se ranger du côté des victimes ou des délinquants", a conclu Javier Milei concernant l'avenir du projet de loi. Le jour même, le Parlement -où son parti est minoritaire- lui a infligé un double revers en rejetant des vetos présidentiels sur des financements pour l'université et la santé pédiatrique.

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