Le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk a affirmé lundi que la condamnation par la Cour pénale internationale d'un chef de milice soudanais pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour rappelle aux auteurs de crimes "qu'il ne peut y avoir d'impunité".
"J'espère sincèrement que le verdict (...) servira de nouveau rappel aux auteurs des crimes d'aujourd'hui (...) il ne peut y avoir d'impunité pour les crimes à grande échelle contre les civils", a déclaré M. Türk dans un communiqué, affirmant que leurs auteurs "seront aussi un jour traduits en justice".
Ali Mohamed Ali Abd-Al-Rahman, connu sous le nom de guerre d'Ali Kosheib, a été reconnu coupable lundi de multiples crimes par la CPI, dont viol, meurtre et torture, perpétrés au Darfour entre 2003 et 2004. Sa peine, susceptible d'appel, sera prononcée ultérieurement.
Le procureur de la cour a accusé l'homme d'avoir été un haut responsable des miliciens arabes, les Janjawids, et d'avoir activement participé à la commission des crimes "avec enthousiasme". Mais l'intéressé a toujours nié les accusations à son encontre, affirmant qu'il n'était pas l'homme recherché.
"La condamnation d'Ali Kushayb constitue une reconnaissance importante des immenses souffrances endurées par les victimes de ces crimes odieux, ainsi qu'une première mesure de réparation tant attendue pour elles et leurs proches", a encore salué M. Türk.
Le chef des droits de l'homme a également voulu rendre hommage "aux victimes qui ont courageusement partagé leurs récits de deuils et de souffrances déchirants et bouleversants, espérant contre toute attente qu'un jour leurs bourreaux, autrefois apparemment intouchables, auront à rendre des comptes."
Les combats ont éclaté en 2003 au Darfour lorsque des rebelles, dénonçant une discrimination ethnique systématique, ont pris les armes contre le régime de M. Béchir, dominé par les Arabes. Khartoum a réagi en déployant la milice Janjawid, force composée de membres des groupes nomades de la région.
Selon l'ONU, le conflit au Darfour, qui a pris fin en 2020, a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés.
