Rohingyas: les accusations de génocide devant la CIJ sont "biaisées et sans fondement", dit la junte birmane

Les accusations portées devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la Birmanie pour génocide contre la minorité musulmane rohingya sont "biaisées et sans fondement", a déclaré mercredi le ministère des Affaires étrangères de la junte birmane.

Dans un communiqué publié par un média d'Etat, il a appelé la CIJ, où les audiences ont débuté lundi, à "rendre sa décision en se basant sur les faits et le droit établi, dans le strict respect du cadre de la Convention sur le génocide".

La Gambie, pays d'Afrique de l'Ouest à majorité musulmane, accuse le pouvoir birman devant la plus haute instance judiciaire de l'ONU de violations de la Convention des Nations unies sur le génocide.

Des centaines de milliers de musulmans rohingyas ont fui en 2017 une répression sanglante de l'armée birmane et de milices bouddhistes, trouvant refuge au Bangladesh voisin. Des témoignages ont fait état de meurtres, de viols collectifs et d'incendies criminels.

Au premier jour des trois semaines d'audiences lundi, le ministre gambien de la Justice Dawda Jallow a affirmé que les Rohingyas avaient été "pris pour cible et exterminés".

Les avocats de la Birmanie commenceront à présenter leur réponse vendredi.

Les accusations de la Gambie sont "biaisées et sans fondement, dans les faits et juridiquement", a déclaré le ministère des Affaires étrangères de la junte birmane. "Des rapports biaisés, fondés sur des preuves non fiables, ne sauraient se substituer à la vérité".

Dirigée par une junte militaire depuis un coup d'Etat en 2021, la Birmanie coopère "de bonne foi" avec la CIJ, signe de son respect pour le droit international, a-t-il ajouté.

Dans son communiqué, le ministère n'utilise pas le mot Rohingya, évoquant plutôt des "personnes originaires de l'Etat Rakhine".

Le pays d'Asie du Sud-Est a toujours soutenu que la répression menée par les forces armées était justifiée pour réprimer l'insurrection des Rohingyas après une série d'attaques qui avaient coûté la vie à une douzaine de membres des forces de sécurité.

Aujourd'hui, 1,17 million de Rohingyas vivent entassés dans des camps délabrés qui s'étendent sur plus de 3.200 hectares à Cox's Bazar, au Bangladesh.

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