Après l'attentat de Bondi, visite sous haute tension du président israélien

Près de deux mois après l'attentat de Bondi, le président israélien Isaac Herzog entame lundi une visite en Australie pour soutenir la communauté juive, un déplacement qui suscite des appels à manifester et pousse les autorités à prôner le calme.

Le déplacement de quatre jours répond à l'émotion considérable provoqué par l'attaque antisémite qui a fait 15 morts, soit la plus meurtrière dans le monde depuis l'assaut sanglant du Hamas le 7 octobre 2023.

Il a été salué par de nombreux représentants de la communauté juive australienne, au sein de laquelle se sont exprimées ces dernières semaines de vives critiques accusant le gouvernement d'inaction face à l'antisémitisme.

Mais des militants pro-palestiniens ont appelé à des manifestations --certaines interdites par la police-- pour dénoncer la guerre à Gaza.

Le Premier ministre de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a promis qu'un dispositif policier "massif" serait déployé lundi à Sydney au premier jour de la visite.

"Notre message clair, sans ambiguïté, est que nous espérons que les gens resteront calmes et respectueux durant cette visite présidentielle", a-t-il déclaré à la presse, mettant en garde contre le risque de violences.

- "Communauté meurtrie" -

M. Herzog a présenté sa visite comme visant à "exprimer sa solidarité et apporter de la force" à la communauté juive à la suite de l'attaque du 14 décembre.

Sajid Akram et son fils Naveed sont accusés d'avoir ouvert le feu sur une foule qui célébrait la fête juive de Hanouka sur l'emblématique plage de Bondi. Le premier a été tué par la police tandis que le second a été inculpé pour crimes terroristes et meurtres.

Selon les autorités, leur attentat était inspiré par l'idéologie du groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais les deux hommes n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste.

La visite du président israélien "va remonter le moral d'une communauté meurtrie", a estimé Alex Ryvchin, co-directeur du Conseil exécutif du judaïsme australien, la principale organisation représentative de la communauté.

Mais le Conseil juif d'Australie, considéré comme plus progressif, a dit "refuser de laisser le chagrin face au massacre de Bondi être utilisé pour légitimer un dirigeant qui a joué un rôle actif dans la destruction en cours de Gaza".

La branche australienne de l'organisation de défense des droits humains Amnesty International a appelé à protester pour réclamer la fin du "génocide" mené selon elle contre les Palestiniens, appelant à une enquête contre M. Herzog pour crimes de guerre.

Une commission d'enquête indépendante de l'ONU a établi en 2025 qu'Israël commettait un génocide à Gaza depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Selon les enquêteurs, qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU, M. Herzog et d'autres dirigeants israéliens ont "incité à commettre un génocide" dans le territoire palestinien, ce qu'Israël a rejeté "catégoriquement", dénonçant un "rapport biaisé et mensonger".

- Appel à l'unité -

Le Premier ministre Anthony Albanese a commis une "bêtise" en invitant M. Herzog, a dénoncé auprès de l'AFP l'avocat spécialiste des droits humains Chris Sidoti.

Ce membre de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies sur les violations des droits en Israël et dans les territoires palestiniens a demandé le retrait de l'invitation à M. Herzog, voire son arrestation.

Cette dernière option a d'ores et déjà été rejetée par la police fédérale, qui a promis une "immunité complète" au dirigeant.

"Le président Herzog vient en particulier pour rencontrer les membres de la communauté juive qui pleurent la perte de 15 vies innocentes", a plaidé M. Albanese, appelant à l'unité.

Soucieux de montrer sa fermeté depuis l'attaque, le gouvernement travailliste a durci la répression des discours de haine ainsi que le contrôle des armes à feu, déjà très strict en Australie.

Autre signe de tensions: la police a inculpé cette semaine un habitant de Sydney âgé de 19 ans pour des menaces de mort en ligne contre un chef d'Etat étranger, sans confirmer des informations de médias locaux selon lesquelles Isaac Herzog était ciblé.

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