Deux militantes franco-israéliennes, visées par un mandat d'amener de la justice française pour "complicité de génocide", ont dénoncé dimanche "un procès politique".
Des mandats ont été délivrés fin juillet 2025 à la suite de plaintes d'ONG contre l'avocate Nili Kupfer-Naouri, de l'association Israel Is Forever, et contre Rachel Touitou, de l'organisation Tsav 9, soupçonnées d'avoir participé à des actions de blocage de l'aide humanitaire destinée à la bande de Gaza.
"Il ne s'agit pas d'une affaire individuelle, il s'agit d'une affaire d'Etat (...) il s'agit d'un procès politique", a fustigé Nili Kupfer-Naouri, s'exprimant lors d'un événement à Netanya, dans le centre d'Israël.
D'après la militante, la France utilise "ce soi-disant droit international pénal pour accuser l'Etat d'Israël".
Les faits se sont produits entre le 1er janvier et le 26 novembre 2024, ainsi qu'en mai 2025, lorsque des camions transportant de l'aide humanitaire à destination des Gazaouis ont été bloqués, notamment aux postes frontières de Nitzana et de Kerem Shalom.
"J'ai manifesté pacifiquement, ma seule +arme+ étant un drapeau israélien", a déclaré dimanche à l'AFP Rachel Touitou, expliquant avoir voulu dénoncer que l'aide humanitaire n'arrivait "pas dans les mains de la population civile gazaouie", mais était "détournée".
A cette époque, "des otages israéliens croupissaient encore entre les mains du Hamas (...) et ils n'ont bénéficié d'aucune aide humanitaire pendant leur captivité, ni même d'une simple visite du CICR", a critiqué Mme Touitou.
"Le droit international ne peut pas être détourné et instrumentalisé à des fins politiques", a-t-elle estimé auprès de l'AFP.
Nili Kupfer-Naouri, 50 ans, a porté plainte en France pour dénonciation calomnieuse contre les "associations propalestiniennes" parties au dossier, avait récemment indiqué son avocat, Olivier Pardo.
"Et nous espérons bien que le gouvernement israélien, qui nous a déjà montré son soutien, va véritablement agir pour que ces plaintes soient annulées et qu'on revienne à un état normal", a affirmé dimanche Mme Kupfer-Naouri.
"On ne peut pas être accusé de complicité de génocide quand aucun tribunal, ni français, ni international n'a statué qu'il y avait un génocide à Gaza", a-t-elle ajouté.
Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique.

