Le député Bothorel, critique de X, se dit interdit de visite à la Maison Blanche

Le député Renaissance Eric Bothorel, auteur de signalements à la justice contre le réseau social X et devant faire partie d'une délégation de parlementaires et experts de la tech à Washington, a vu son accès à la Maison Blanche refusé, a-t-il expliqué à l'AFP.

Le député des Côtes-d'Armor devait initialement faire partie d'une délégation de parlementaires et experts de la cybersécurité pour un parcours qu'il avait déjà effectué l'an dernier, organisé par "Cyber Task Force". "On rencontre le département d'État, le département de la Justice, la Maison Blanche et des acteurs de la tech", relate le député contacté jeudi par l'AFP.

"J'ai d'abord fait une demande d'Esta (une permission d'entrée sur le territoire sans visa en vertu d'un accord entre États), ça a été retoqué. J'ai refait la demande, cette fois c'était validé. Et ensuite le Secret service n'a pas validé mon accréditation à la Maison Blanche", explique M. Bothorel, confirmant une information du Canard enchaîné.

Le député envisageait aussi la possibilité d'être refoulé dès la descente de l'avion. "Soit je fais le même programme que tout le monde, soit je ne fais pas le programme. Un autre parlementaire a bien été accepté pour la Maison Blanche", poursuit l'élu.

Il estime que ce refus a de fortes chances d'être lié à une ou plusieurs saisines de la justice contre la plateforme X, du milliardaire Elon Musk.

Le député macroniste a, comme son homologue socialiste Arthur Delaporte, saisi la justice, pointant dans ses signalements une "réduction de la diversité des voix" et une plateforme qui s'éloigne de la garantie d'"un environnement sûr et respectueux de tous", évoquant "une menace pour nos démocraties".

Elon Musk, propriétaire du réseau social X, est convoqué pour être entendu le 20 avril par la justice française, dans l'enquête sur les dérives présumées de sa plateforme, visée par une enquête préliminaire qui se basait initialement sur des signalements de biais dans son algorithme.

L'enquête a été ensuite élargie, après des alertes sur le fonctionnement de son outil d'intelligence artificielle Grok, ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel.

Elle est encore plus étendue aujourd'hui : le parquet enquête pour savoir si X s'est rendu coupable de complicité "de détention d'images" à "caractère pédopornographique" ou encore de "contestation de crime contre l'humanité".

Dans un post, X a dénoncé un "acte judiciaire abusif" reposant "sur des motivations politiques", affirmant qu'il ne se laisserait "pas intimider".

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