Le Soudan du Sud, confronté à une grave crise humanitaire, se trouve à un "tournant critique", ont annoncé jeudi des experts de l'ONU, appelant les belligérants à cesser les hostilités.
Ce pays, le plus jeune du monde, né en 2011 de la partition du Soudan, est le théâtre depuis son indépendance d'une série de conflits meurtriers.
Il connaît ces dernières semaines une recrudescence des combats entre forces gouvernementales loyales au président Salva Kiir et milices d'opposition fidèles à Riek Machar, le vice-président suspendu de ses fonctions et assigné à résidence depuis un an.
"Le Soudan du Sud se trouve à un tournant critique", ont déclaré dans un communiqué 16 experts indépendants mandatés par l'ONU mais qui ne s'expriment toutefois pas au nom de cette organisation.
"Toutes les parties doivent immédiatement cesser les hostilités et engager un dialogue constructif afin d'éviter toute nouvelle escalade du conflit et de protéger les civils", exhortent ces experts.
Ils ont exprimé leur inquiétude face à l'ampleur et à la gravité des violences liées au conflit, notamment de celles de nature sexuelle contre les femmes et les filles, et à la détérioration de la situation des droits humains dans ce pays.
"Les attaques aveugles contre les civils et les travailleurs humanitaires doivent cesser", ont-ils déclaré, relevant que les populations déplacées étaient confrontées à une grave insécurité alimentaire, à un manque d'abris et à un accès limité aux services essentiels.
Ils évaluent à plus de 267.000 le total des personnes déplacées dans le seul Etat de Jonglei (centre-est) en 2026, des femmes en majorité et de nombreux enfants.
Les experts soulignent en particulier que les ordres d'évacuation dans les zones densément peuplées, qui accueillent déjà un grand nombre de personnes déplacées et de réfugiés, "risquent de contraindre les civils à de nouveaux déplacements et de les exposer à de graves dangers".
"La destruction signalée des sources d'eau, ainsi que le pillage et l'incendie de maisons, d'hôpitaux, d'écoles et de lieux de culte" s'ajoutent aux inquiétudes des experts.
"S'ils étaient avérés, ces actes constitueraient de graves violations du droit international humanitaire et pourraient être assimilables à des crimes de guerre", ont-ils estimé.
Les experts ont exhorté la communauté internationale à agir au plus vite. "Sans un soutien immédiat et durable, des millions de personnes risquent de se retrouver sans l'aide dont elles ont besoin pour survivre", ont-ils alerté, appelant aussi à "mettre fin à l'impunité", une étape indispensable pour "briser le cycle des violences au Soudan du Sud.
