Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé vendredi les "multiples attaques" contre les établissements de santé en Iran depuis le début de la guerre, regrettant notamment que l'Institut Pasteur soit désormais dans "l'incapacité de poursuivre ses activités de soins".
Des frappes ont provoqué d'importants dégâts sur cet établissement de santé clé de Téhéran, avait annoncé jeudi le ministère iranien de la Santé, y voyant "une attaque directe contre la sécurité sanitaire internationale".
"De multiples attaques contre des établissements de santé ont été signalées ces derniers jours" dans la capitale iranienne, "dans un contexte d'escalade du conflit au Moyen-Orient", a écrit sur le réseau social X le directeur général de l'organisation onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
L'Institut Pasteur d'Iran, membre de l'International Pasteur Network mais sans lien direct avec l'institut éponyme de Paris, "se trouve dans l'incapacité de poursuivre ses activités de soins", a-t-il déploré.
Ce centre fondé en 1920 "oeuvre depuis plus d'un siècle dans de nombreux domaines de la recherche médicale" et "joue un rôle essentiel dans la protection et la promotion de la santé publique, notamment en situation d'urgence", rappelle le chef de l'OMS.
Selon l'agence de presse iranienne Isna, la production de vaccins et de sérums continue malgré les dommages subis. "Aucun des employés n'a été blessé", a-t-elle précisé sur son compte Telegram.
- "Appel à l'aide" -
De façon plus large, "l'OMS lance un appel à l'aide urgente pour les systèmes de santé affectés par le conflit au Moyen-Orient dans cinq pays : le Liban, la République islamique d'Iran, l'Irak, la République arabe syrienne et la Jordanie", a fait savoir Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Dans un rapport, l'OMS précise que cet appel de 30,3 millions de dollars "couvre la période de mars à août 2026 et vise à maintenir les services de santé vitaux dans les pays où les systèmes de santé sont mis à rude épreuve après plusieurs semaines d'intensification des hostilités, de déplacements massifs de populations et d'augmentation du nombre des victimes".
Selon M. Tedros, la guerre en cours a provoqué le déplacement de plus de quatre millions de personnes et fait quelque 3.300 morts et environ 30.000 blessés.
Cet appel doit selon lui permettre de "soutenir les services de santé essentiels et les soins aux traumatisés, la surveillance des maladies et les systèmes d'alerte précoce, la gestion des afflux massifs de victimes et la préparation nationale aux urgences chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires".
- "Ligne rouge" -
Des frappes américano-israéliennes distinctes, mardi, ont touché l'une des plus grandes entreprises pharmaceutiques d'Iran, qui produit des médicaments contre le cancer et des anesthésiques, selon le gouvernement iranien.
Le patron de l'OMS a en outre assuré que l'hôpital psychiatrique Delaram Sina avait subi d'importants dégâts dimanche après une frappe aérienne.
Le Croissant-Rouge iranien, cité par l'agence de presse iranienne Mehr, a par ailleurs fait état d'une frappe contre un centre de recherche dans le domaine des lasers et du plasma de l'université Shahid Beheshti à Téhéran.
Les attaques contre des établissements de santé, protégés par la Convention de Genève, constituent une "ligne rouge du droit international" et sont considérées "comme un crime de guerre", a réagi vendredi sur X cette organisation.
D'après ses dernières données, 307 établissements de santé, médicaux et de soins d'urgence ont été endommagés par la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines.
Le président américain Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier son offensive militaire et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".
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